Maine-et-Loire

BTP

Les petites entreprises de travaux publics veulent conserver le gasoil non routier

Par Olivier Hamard, le 26 novembre 2018

Un article de la loi de finances 2019 pourrait interdire l’utilisation du GNR, le gasoil non routier, pour les engins de chantiers. Au 1er janvier, ils devront fonctionner au gasoil conventionnel, 50% plus cher. Les petites entreprises des travaux publics et du paysage s'alarment.

A Cholet, l'entreprise Pavageau TP, qui emploie 10 personnes, est inquiète de la future loi de finances 2019 qui imposerait l'utilisation du gasoil traditionnel pour les engins de chantier.
Les entreprises de travaux publics craignent que la mesure envisagée dans la loi de finances 2019 mette en péril leur activité. — Photo : Pavageau TP

« C’est une très forte inquiétude », confie Stéphane Pavageau, à la tête depuis 8 ans de l’entreprise familiale du même nom à Cholet. Avec 10 salariés actuellement, il envisageait de faire signer en janvier un CDI à l’un de ses employés actuellement en CDD. « J’émets maintenant un doute sur cette possibilité, regrette le patron choletais. Nous avons beaucoup moins de visibilité alors que l’activité de cette année a été plutôt bonne par rapport aux années précédentes. Même si les marges restent limitées, nous avons fait plus de volume en 2018. Mais cette mesure ferait baisser notre chiffre d’affaires de 2 à 3%. »

Des chantiers déjà signés pour 2019

L'entreprise de Stéphane Pavageau a réalisé 1,2 millions d'euros de chiffre d’affaires l’an passé. Cette nouvelle mesure pourrait lui coûter entre 25 000 et 30 000 euros par an. « Pour une entreprise de 15 à 18 salariés dans notre secteur, le remplacement du GNR par le gasoil conventionnel représente environ un équivalent temps plein", précise Gilles Hamon, secrétaire général de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP) du Maine-et-Loire, qui compte 72 entreprises adhérentes. Actuellement, le litre de GNR, de couleur rouge pour le différencier, coûte autour de 80 centimes et le litre de gasoil conventionnel oscille entre 1,40 euros et 1,50. « La profession n’a pas anticipé cela, explique Gilles Hamon. Les petites entreprises, qui réalisent beaucoup de chantiers auprès des particuliers, ont déjà signé leurs devis pour les mois à venir, certaines pour la première moitié de l’année 2019. Elles ne vont pas répercuter ce surcoût. » 

Vols de carburant et coût des matériaux

Au-delà, les petites entreprises de travaux public ont d’autres craintes : la concurrence des entreprises de travaux agricoles, qui peuvent réaliser certains chantiers pour une partie de leur activité en continuant d’utiliser le GNR, et la recrudescence des vols de carburant. « Avec le gasoil conventionnel, ces vols risquent d’être encore plus nombreux, s’inquiète Gilles Hamon. Ils ont déjà augmenté ces derniers mois. » Autre inquiétude, le coût des matériaux : Les fournisseurs des entreprises de travaux publics, comme les carrières, risquent de répercuter la hausse de leur coût de carburant.

Il y a quelques semaines, la Fédération nationale des travaux publics, qui représente 8000 entreprises en France, avait déjà alerté sur cette future loi de finances. Le secteur se dit pourtant conscient des enjeux écologiques. Mais les constructeurs d'engins de chantiers n’en sont qu’au stade de prototypes pour les matériels qui utiliseraient d'autres énergies.

A Cholet, l'entreprise Pavageau TP, qui emploie 10 personnes, est inquiète de la future loi de finances 2019 qui imposerait l'utilisation du gasoil traditionnel pour les engins de chantier.
Les entreprises de travaux publics craignent que la mesure envisagée dans la loi de finances 2019 mette en péril leur activité. — Photo : Pavageau TP