Sarthe

Industrie

Les industriels sarthois en quête de bras

Par Cédric Menuet, le 20 mars 2019

Avec 955 projets de recrutement recensés dans les six prochains mois, les entreprises industrielles peinent à embaucher. Pour y répondre, leurs dirigeants misent sur l’apprentissage et l’orientation des jeunes.

Une technicienne derrière une imprimante 3d.
Les industriels sarthois compte 955 projets de recrutement dans les 6 mois à venir. — Photo : Luchschen

En 2018, en Sarthe, plus de 40 % des intentions d’embauche ont été jugées difficiles par les entreprises qui recrutent. Ces tensions demeurent en 2019, notamment dans l’industrie, où les besoins de main-d’œuvre restent élevés.

Ainsi l’UIMM 72 (Union des industries et métiers de la métallurgie Sarthe) a identifié 960 projets de recrutement sur le département au cours des six prochains mois. « L’industrie en Sarthe, c’est un millier de recrutements par an. 28 % des actifs sarthois travaillent dans l’industrie au sens large, et 13 % dans les métiers de la métallurgie. Mais nous avons toujours des difficultés à attirer dans nos entreprises, malgré le fait que 60 % de ses projets de recrutement concernent des CDI », appuie son président Christophe Buchet.

Des métiers en tension

C’est l’automobile qui concentre, dans le département, les plus forts besoins en recrutement, avec 562 projets recensés dans les six prochains mois. Loin devant la fabrication d’équipements industriels (141), l’aéronautique (125) ou encore le BTP (122).

« Dans l'industrie, tout le monde peut avoir les mêmes machines. La différence, ce sont les hommes qui la font. »

Sur l’ensemble de ces intentions d’embauche, le métier de conducteur de ligne reste le plus demandé par les industriels sarthois. 191 profils sont en effet recherchés, soit la plus forte demande dans les Pays de la Loire. « Il y a d’importants besoins en pilotage de moyens de production dans la métallurgie, en général, et dans l’agroalimentaire, à Sablé-sur-Sarthe. Les tensions sont aussi marquées pour les métiers de la maintenance industrielle. L’automatisation et la digitalisation des ateliers amenant de nouveaux besoins », explique Flavien Rousseau, délégué général de l’UIMM de la Sarthe.

Développer l’apprentissage

L'une des réponses à ces tensions récurrentes a été la création, en 2015, du collectif Usin’Up, qui fédère 13 entreprises sarthoises autour de la promotion des métiers de l’apprentissage. La formation des apprentis constituant pour les industriels locaux un véritable enjeu de compétences pour l’avenir. « C’est même la clé de la réussite de notre entreprise. Pour se différencier, nous devons nous spécialiser. Or, ce sont les hommes qui font la différence. Tout le monde peut avoir les mêmes machines », souligne Marc Bouilloud, PDG de Cema Technologies au Mans. Un tiers de l’effectif de cette PME de 47 salariés est en effet passé par l’apprentissage. « On s’oriente vers les 50 %. Nous avons très peu de turn-over. L’automatisation nous permet aussi d’attirer les jeunes vers des métiers qui étaient jusqu’à présent peu valorisés », ajoute le dirigeant. À condition de faire connaître ces fameux métiers.

L’UIMM s’y emploie notamment au cours de la semaine de l’industrie, où, cette année, 40 entreprises sarthoises ouvrent leurs portes à 1 200 scolaires. Le coup de pouce pourrait également venir de la Région qui projette l’organisation, en mai prochain, d’un Grenelle de l’orientation, sur le modèle de l’initiative lancée en 2016 autour de l’apprentissage.

Une technicienne derrière une imprimante 3d.
Les industriels sarthois compte 955 projets de recrutement dans les 6 mois à venir. — Photo : Luchschen