Pays de la Loire

Création

Les créateurs d'entreprises en marche vers le monde de demain

Par Cédric Menuet, le 22 juillet 2020

S’ils ont globalement résisté à la crise sanitaire, les créateurs d’entreprise risquent d’être prochainement confrontés à la frilosité des investisseurs. En revanche, les projets à impact social et environnemental pourraient sortir du lot.

Deux hommes, assis côte à côte, consultent un document.
Les jeunes entreprises se sont maintenues durant la crise sanitaire, repoussant de plusieurs mois leurs projets de développement. — Photo : ©Minerva Studio - stock.adobe.com

Confinées mais pas achevées. Malgré l’épidémie de Covid 19 et la mise à l’arrêt de l’économie française, les jeunes entreprises et leurs créateurs ont maintenu le cap dans la tempête, aidés en cela par les différents réseaux locaux d’accompagnement. Des structures qui n’ont jamais cessé leur activité de soutien durant cette crise inédite. Un suivi qui a même été renforcé. « Plutôt que d’appeler nos lauréats tous les mois, nous les avons contactés chaque semaine. Une crise comme celle-ci, ça fragilise au minimum le moral. La priorité était l’humain », appuie Thibault Beucher, directeur de Réseau Entreprendre Maine-et-Loire. Un soutien régulier de la part de l’association angevine d’aide à la création, reprise et développement d’entreprise, mais aussi des entrepreneurs qui ont majoritairement poursuivi leur activité au cours de cette période. Ainsi, Réseau Entreprendre ne craint pas la casse du côté des entreprises qu’elle suit à l’année. Un constat partagé par Laval Mayenne Technopole, qui accompagne annuellement une cinquantaine de start-up et PME innovantes. « À ce stade, nous n’avons aucun dépôt de bilan à déclarer, souligne son directeur Christian Travier. Les entreprises intervenant en BtoB ont vu leur activité se réduire et leurs projets être reportés, mais celles en BtoC ont poursuivi, certaines se sont même développées en adaptant leur offre à la situation. »

Vers des financements plus faibles

Si certains projets de développement sont donc repoussés, il en va de même pour les financements. « Nous recevons moins de demandes. Des entrepreneurs stoppent leur démarche d’ouverture de capital pour revoir leur stratégie et leur modèle économique. Quant aux levées de fonds en cours, elles vont aboutir, mais avec des montants moins importants que prévu », explique Jean-Michel Blaquière, animateur du club de business angels Le Mans Sarthe Investissements. Ce réseau d’investisseurs sarthois s’appuie sur 78 membres, dont deux tiers sont des chefs d’entreprise en activité. « Ils sont moins disponibles en ce moment pour s’intéresser à de nouveaux dossiers et auront dans les prochains mois moins de moyens à y consacrer. On doit donc s’attendre à une baisse de la valorisation des jeunes entreprises. »

Des investisseurs qui risquent en effet de privilégier la remise au pot dans leur portefeuille actuel plutôt que dans de nouvelles sociétés. « Il y aura pourtant à venir des opportunités intéressantes pour les investisseurs, reprend Christian Travier de Laval Mayenne Technopole. Des entreprises vont disparaître, pas les besoins. Nous ne sommes pas dans une crise financière qui détruit de la valeur, mais dans une mise sous cloche de l’économie qui redistribue les portefeuilles. »

Hausse des projets de créations à la rentrée

Malgré ce ralentissement, les acteurs de l’accompagnement s’accordent sur une recrudescence des projets de création d’entreprises à compter de septembre. « La hausse du chômage va nous amener davantage de porteurs de projets. Ce seront de nouveaux entrepreneurs qui sauteront le pas, poussés par les circonstances et donc intéressés par l’accompagnement », poursuit Christian Travier. Quasiment à l’arrêt durant la période de confinement, les projets de reprises d’entreprises à la barre des tribunaux de commerce devraient également s’intensifier sur la période de 2020-2021.

« Est-ce que tous ces porteurs de projets feront des lauréats de Réseau Entreprendre ? s’interroge Thibault Beucher. Je n’en suis pas sûr. Je pense que dans le lot, il y aura de très nombreux entrepreneurs indépendants. » Avec 20 entreprises lauréates en 2019, Réseau Entreprendre Maine-et-Loire table en effet sur une douzaine de porteurs de projets rejoignant cette année son dispositif. « Je suis à la fois prudent et confiant sur la période 2021-2022 », indique de son côté Jean-Michel Blaquière. L’animateur du club d’investisseurs sarthois s’attendant en effet à une augmentation des demandes d’ouverture de capital, mais pour des projets « plus en phase avec le monde de demain. »

Une tendance de fond que la crise sanitaire amplifie. « Toutes les start-up ont aujourd’hui cette connotation sociale et environnementale. Les entreprises qui ne l’intègrent pas encore vont devoir évoluer dans cette direction », appuie Christian Travier. Une marche en avant suivie au plan national par Réseau Entreprendre. Dans ses comités d’engagement, qui décident de l’accompagnement et de l’attribution de prêts d’honneur, l’association intégrera à l’avenir une question sur l’impact environnemental et sociétal du projet. Un nouvel engagement à prendre pour les entrepreneurs de demain.

Deux hommes, assis côte à côte, consultent un document.
Les jeunes entreprises se sont maintenues durant la crise sanitaire, repoussant de plusieurs mois leurs projets de développement. — Photo : ©Minerva Studio - stock.adobe.com

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