Agroalimentaire

Les champignons de Lou Légumes poussent tous azimuts

Par Rémi Hagel, le 22 novembre 2021

Lou Légumes a récemment inauguré sa nouvelle champignonnière à Landivy, en Mayenne. Ce deuxième site du groupe basé en Ille-et-Vilaine va produire 4 000 tonnes de champignons par an. L’entreprise multiplie les stratégies pour monter encore plus en puissance.

Emmanuelle Roze-Chapuzet, son mari Fabrice Chapuzet et son frère Benoît Roze ont monté leur première champignonnière en 2015, à Poilley. Celle de Landivy est la deuxième à entrer en production.
Emmanuelle Roze-Chapuzet, son mari Fabrice Chapuzet et son frère Benoît Roze ont monté leur première champignonnière en 2015, à Poilley. Celle de Landivy est la deuxième à entrer en production. — Photo : JEF ROZE

2021 est une "année charnière", sourit Emmanuelle Roze-Chapuzet, l’une des trois fondateurs de Lou Légumes. L’inauguration de la champignonnière de Landivy (Mayenne) en est l’illustration. Les travaux démarrés en septembre 2020 ont abouti rapidement, et la production de champignons bio a pu démarrer dès le début de l’été suivant.

Un investissement de 13,5 millions d’euros, pour un objectif de production de 4 000 tonnes de champignons par an, soit autant, à terme, que celui du siège, basé à une vingtaine de kilomètres, à Poilley (Ille-et-Vilaine). Quelque 130 personnes seront employées à Landivy (d’ici mars ou avril). Aujourd’hui, la moitié a été recrutée. Les champignons produits sont transférés à Poilley afin d’être conditionnés et expédiés auprès des clients (la grande distribution à 90 %).

Le site compte vingt-six salles de culture, sur 15 000 m². En sortent principalement des champignons de Paris et des champignons bruns (Bella Rosé). Quatre salles sont dédiées aux shiitakés et aux pleurotes. Le premier remplissage d’une chambre de pleurotes était prévu le 23 novembre.

Une croissance rapide

2021, année marquante, car Lou Légumes ne s’est pas cantonné à Landivy. Déjà, le groupe a agrandi sa champignonnière de Poilley en janvier 2021. Un investissement de 2,5 millions d’euros pour accroître la production de 25 % (pour passer à 4 000 tonnes).

En septembre, des champignons étaient produits sur l’île de la Réunion, fruits d’un premier partenariat, avec la société Mycopal. Lou Légumes y apporte son savoir-faire sous forme de franchise industrielle et marketing.

De plus, en octobre, les associés ont étendu leur couverture géographique et ont racheté la champignonnière Letocart à Ternay (Loir-et-Cher). La famille Letocart reste à la direction, les 65 salariés sont conservés et une vingtaine de personnes supplémentaires seront recrutées (soit 2 500 tonnes de production supplémentaires).

À cela va s’ajouter la création d’un troisième site en métropole : il est en cours de construction à Chaspuzac, près du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Doté d’une plateforme logistique, il sera autonome pour fournir le sud de la France et doit être opérationnel fin février-début mars 2022. L’investissement s’élève à 14,2 millions d’euros.

Pari gagnant de la relocalisation

Ce développement est l’aboutissement de discussions menées depuis 2015. Il est porté par un marché florissant. Les trois associés ont fait de la relocalisation de la culture du champignon en France leur cheval de bataille. Le marché français du champignon frais est surtout alimenté par des importations (à 70 %). C’est d’ailleurs ainsi que les associés ont fait leurs armes. Emmanuelle Roze-Chapuzet, son mari Fabrice Chapuzet et son frère Benoît Roze ont créé la marque de champignons frais Lou en 2009, en s’organisant avec des producteurs des Pays-Bas, de Pologne et d’Irlande. Ils sont ensuite parvenus à monter leur première champignonnière, en 2015, à Poilley.

Leur audace a payé. Le chiffre d’affaires en 2020 a atteint 35 millions d’euros. Le groupe compte employer près de 550 salariés en CDI d’ici 2023, et produire 14 500 tonnes sur ses quatre sites (hors franchise), pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros.

Emmanuelle Roze-Chapuzet, son mari Fabrice Chapuzet et son frère Benoît Roze ont monté leur première champignonnière en 2015, à Poilley. Celle de Landivy est la deuxième à entrer en production.
Emmanuelle Roze-Chapuzet, son mari Fabrice Chapuzet et son frère Benoît Roze ont monté leur première champignonnière en 2015, à Poilley. Celle de Landivy est la deuxième à entrer en production. — Photo : JEF ROZE

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