Sarthe

Industrie

Les ambitions internationales de Serac passent par le Moyen-Orient

Par Cédric Menuet, le 16 septembre 2019

Depuis La Ferté-Bernard, le fabricant sarthois de machines de remplissage et de bouchage développe ses activités dans le monde entier. Avec un chiffre d’affaires réalisé à 85 % à l’international, Serac se lance cette année à la conquête du Moyen-Orient.

Basée à La Ferté-Bernard, Serac produit des machines de remplissage et de bouchage dans 6 usines dans le monde.
Les machines de remplissage et de bouchage de Serac sont produites dans les 6 usines que compte le groupe dans le monde. — Photo : Serac

Depuis le printemps, le groupe Serac opère au Moyen-Orient à partir des Émirats Arabes Unis. L’entreprise sarthoise a en effet ouvert un bureau de service après-vente à Charjah, près de Dubaï. De là, l’entreprise de La Ferté-Bernard assure ses prestations de maintenance sur le parc de 170 machines que Serac compte chez ses clients du Moyen-Orient.

Spécialiste de la conception et de la fabrication de solutions d’emballage pour produits alimentaires, cosmétiques et industriels en bouteilles et en pot, Serac dispose ainsi d’une tête de pont lui permettant d’aborder un nouveau développement sur ce territoire. « Nous rencontrons de la demande sur nos produits de remplissage et bouchage au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique, indique Gérard Guesné, vice-président de Serac. L’approche locale est beaucoup plus simple qu’au départ de la France. Cela nous permet de mieux prendre en compte les spécificités du marché et de l’aborder avec une meilleure compréhension culturelle. »

Une stratégie devenue la marque de fabrique du groupe qui revendique sa flexibilité, quand il s’agit de répondre à ses clients avec ses solutions industrialisées sur-mesure. Serac, par la voix de Gérard Guesné, se qualifiant volontiers de « plus petit des gros », avec ses 15 % de part de marché dans son domaine d’activité.

85 % du CA à l’international grâce au lait

Gérard Guesné, vice-président de Serac, à La Ferté-Bernard.
Gérard Guesné, vice-président de Serac, à La Ferté-Bernard. - Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

Malgré les évolutions de la consommation et le désamour pour les emballages, le groupe sarthois affiche sa bonne santé. Son chiffre d’affaires a doublé en sept ans et s’élève en 2018 à 154 millions d’euros, contre 127 millions sur l’exercice précédent. L’international y contribue à 85 %, Serac disposant de quatre filiales industrielles dans le monde. « C’est notre terrain de jeu. Avec notre activité produits laitiers, nous intervenons sur un marché de masse, en croissance mondiale, à hauteur de 3 à 5 % par an. Des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, ont besoin de sécuriser et valoriser le lait. Il y a donc des opportunités à saisir dans la fabrication de machines de conditionnement », explique Gérard Guesné.

Quinquagénaire cette année, Serac s’est positionné à l’international dès 1981 avec l’ouverture de sa filiale nord-américaine de Chicago. « Une région d’élevage. Cela faisait sens d’y aller en tant que spécialiste des produits laitiers. Nous avons créé une entité au Brésil en 1985, puis un bureau à Hong Kong en 1987. Quatre ans plus tard, nous nous implantions en Malaisie avec un site dédié à la production de sous-ensembles qu’il aurait été trop coûteux d’importer depuis la France. »

Outre ses quatre usines à l’international, Serac compte trois autres sites de production à la Ferté-Bernard, ainsi qu’un dernier à côté de Chartres. L’ETI emploie ainsi 630 salariés dans le monde, dont 380 en France.

Actionnariat familial

Sa croissance, le sarthois la justifie par sa farouche culture d’indépendance. 63 % du capital appartient en effet à la famille de Jean-Jacques Graffin, fondateur de l’entreprise, et les dirigeants opérationnels du groupe en possèdent 19 %. Le reste étant détenu par un actionnaire bancaire. « L’actionnariat familial a permis à Serac de garder sa ligne et sa stabilité. Il n’y a pas de grande manœuvre financière chez nous. Le groupe est ainsi en mesure d’établir une stratégie à moyen et long terme », poursuit Gérard Guesné.

Une vision sur la durée qui autorise le sarthois à consacrer, chaque année, 3 à 4 % de son chiffre d’affaires à l’innovation. C’est ainsi que le groupe a développé depuis trois ans un nouveau métier de fabricant d’emballages. « C’est une évolution stratégique. Nous sommes dans un environnement en forte concentration et nous risquions d’être enfermés dans notre métier de fabricant de machines de remplissage et de bouchage, alors que nos concurrents se renforçaient par croissances externes pour proposer des lignes complètes. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de fournir une solution allant de la fabrication d’une bouteille en plastique à son remplissage et son bouchage », retrace le dirigeant. Une quarantaine de ses installations sont déjà en place chez les clients de Serac.

Avec le monde pour terrain de jeu, le groupe n’oublie pourtant pas ses origines. L’un des prochains chantiers de l’industriel sera l’extension de ses installations sarthoises. Bien que ses capacités de production aient déjà été étendues en 2016, avec l’acquisition des locaux vacants de l’Imprimerie Fertoise, Serac se penche de nouveau sur son projet industriel local. Dans les prochaines années, le groupe devra en effet déterminer s’il étend ses trois usines de La Ferté-Bernard ou s’il réimplante localement un site unique.

Basée à La Ferté-Bernard, Serac produit des machines de remplissage et de bouchage dans 6 usines dans le monde.
Les machines de remplissage et de bouchage de Serac sont produites dans les 6 usines que compte le groupe dans le monde. — Photo : Serac

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