Pays de la Loire

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Le secteur du bâtiment reste prudent avant d’aborder 2023

Par Olivier Hamard, le 07 décembre 2022

Chaque année, la Capeb, Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment, effectue une enquête auprès de ses adhérents. Pour les professionnels du secteur, si le niveau d’activité est resté stable en 2022, les marges diminuent et les trésoreries demeurent fragiles.

La rénovation énergétique porte toujours une grande partie de l’activité des entreprises du bâtiment.
La rénovation énergétique porte toujours une grande partie de l’activité des entreprises du bâtiment. — Photo : Cédric Menuet

Réalisée auprès des adhérents de la région, l’enquête annuelle de la Capeb, la Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment, se décline ensuite par département. Avec 25 % des professionnels qui ont répondu à l’enquête proposée au niveau régional, le Maine-et-Loire se situe dans la fourchette haute du nombre de répondants par départements, derrière la Vendée (29 %) et la Loire-Atlantique (28 %) mais loin devant la Sarthe (10 %) et la Mayenne (7 %).

Une grande prudence

Depuis plusieurs années, porté par des carnets de commandes bien remplis et une forte activité, le secteur du bâtiment en Maine-et-Loire a affiché une dynamique positive. En 2021, les difficultés d’approvisionnement et la hausse des coûts avaient fait craindre un ralentissement. L’année 2022 a confirmé cette tendance et l’optimisme n’est plus de mise : 45 % des dirigeants angevins estiment en effet que la conjoncture n’est pas favorable à leur entreprise, alors qu’ils n’étaient que 21 % l’an passé. "Aujourd’hui, reconnaît Christelle Delouche, présidente de la Capeb de Maine-et-Loire, même si les indicateurs économiques dans les différents secteurs d’activité ont une tendance à la stabilité, la conjoncture nous amène à aborder l’année 2023 avec une grande prudence."

Marges et trésoreries en baisse

Pour la plupart des entreprises de Maine-et-Loire interrogées, le chiffre d’affaires est resté stable en 2021 (44 % contre 40 % en 2021). 40 % d’entre elles ont même vu leur chiffre d’affaires progresser (54 % en 2021) mais 16 % enregistrent une baisse, soit trois fois plus qu’en 2021 (5 %). Ce sont surtout les marges qui sont à la baisse avec une hausse des coûts que les entreprises ne peuvent pas pleinement répercuter. 44 % des dirigeants interrogés annoncent leurs marges à la baisse cette année contre 21 % l’an dernier, et seulement 11 % les indiquent en hausse, contre 24 % en 2021.

Les trésoreries, quant à elles, qui étaient en 2021 à la hausse pour 32 % des entreprises, ne le sont plus que pour 10 % d’entre elles. Elles sont en revanche en diminution pour 31 % des interrogés (22 % en 2021) et stables pour 58 % (46 % en 2021). "La dégradation des marges observée est à mettre en corrélation avec l’augmentation des prix des matériaux et l’évolution des prix des travaux, indique la Capeb des Pays de la Loire, à la hausse pour 92 % des entreprises interrogées. Un chiffre inédit, commun à tous les départements et à tous les secteurs d’activité. 63 % des entreprises ont dû augmenter leurs prix de vente pour remédier à l’augmentation des matériaux, des énergies et des salaires. On observe cependant que pour 70 % des entreprises l’augmentation des prix est répercutée à une hauteur inférieure à 25 %."

Stabilité en 2022

En 2022, pour les adhérents de la Capeb dans le département, les carnets de commandes sont par ailleurs demeurés stables, avec 41 % de visibilité à plus de six mois. Mais le non-renouvellement de commandes ces derniers mois laisse présager une réduction de cette visibilité. Cette année encore, la rénovation énergétique a entraîné le secteur du bâtiment, avec 18 % des entreprises (21 % en 2021) qui y réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires, principalement en isolation, menuiserie, chauffage ou encore plomberie. Dans ce domaine, la Capeb souhaite d’ailleurs une simplification des dossiers de rénovation qui les rendrait plus accessibles aux petites entreprises. " La CAPEB milite pour que les artisans puissent s’inscrire plus facilement dans ces dispositifs en faveur de la rénovation énergétique, indique Christelle Delouche. Il est essentiel que nos artisans ne soient pas sous-traitants et restent des acteurs forts et indépendants."

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