Pharmacie

Le girondin Ceva Santé Animale investit 4 millions d'euros dans un nouveau laboratoire près d'Angers

Par Olivier Hamard, le 23 septembre 2022

Déjà présent en Maine-et-Loire avec une usine d'autovaccins contre les bactéries pour les élevages de porcs et de volailles, le groupe girondin Ceva Santé Animale ouvrira fin 2023 un laboratoire à vocation internationale pour analyser les virus et anticiper leurs évolutions.

Marc Prikazsky, pdg du groupe Ceva Santé animale, à Libourne (Gironde), qui va développer un nouveau laboratoire à Beaucouzé.
Marc Prikazsky, pdg du groupe Ceva Santé animale, à Libourne (Gironde), qui va développer un nouveau laboratoire à Beaucouzé. — Photo : Anne Cesbron

Une "portée mondiale". C'est l'ambition du groupe pharmaceutique girondin Ceva Santé Animale (1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2021, 6 350 collaborateurs) avec le nouveau laboratoire qu'il fait construire à Beaucouzé, près d'Angers (Maine-et-Loire), et qui devrait être opérationnel fin 2023. Sa vocation : analyser les virus et anticiper leurs évolutions. Des professionnels de très haut niveau, chercheurs, informaticiens et data scientists, seront recrutés à Angers. "Le contexte du Covid a montré combien il est indispensable d’avoir un suivi rapproché de la circulation des pathogènes, décrit Marc Prikazski, PDG de Ceva Santé Animale, dont le siège se situe à Libourne. Nous faisons des diagnostics mais les bactéries et les virus évoluent en permanence. Il faut donc suivre ce qui se passe au plus près pour adapter nos vaccins à ce que l’on rencontre et ce que l’on va pouvoir rencontrer."

Suivre l'évolution des virus

La multinationale investit 4 millions d’euros dans ce nouvel équipement où seront analysées des données en provenance du monde entier, le groupe bordelais étant implanté sur tous les continents. "Concentrer les informations est essentiel, précise Marc Prikazski, et nous serons sur ce point très en avance. Nous allons rajouter la science et l’analyse pour trouver des solutions vaccinales en anticipant les configurations spatiales des virus. Nous le faisions déjà, mais au sein de ce laboratoire, nous allons regrouper des gens aux compétences pluridisciplinaires où se mêleront le séquençage, le travail de laboratoire, l’informatique… C’est un laboratoire de seconde ligne qui permettra de regarder au plus profond ce qui se passe dans l’évolution des virus, les laboratoires de première ligne répondant aux besoins plus immédiats des vétérinaires."

Comme c’est actuellement le cas à Beaucouzé, où l’unité de Ceva Santé Animale, qui emploie une centaine de personnes, fabrique des autovaccins contre les bactéries pathogènes à partir de souches prélevées directement sur des animaux malades dans un élevage donné. Vaccins plus spécifiques que ceux du commerce, qui sont donc administrés uniquement dans l’élevage concerné à partir de la maladie qu’on a pu y déceler. "L’implantation de notre futur laboratoire à côté de l’usine de Beaucouzé trouve tout son sens, puisque son activité sera un peu le prolongement des autovaccins que l’on y produit déjà", ajoute Marc Prikazski.

Tous types d’élevages

Le nouveau laboratoire s'étendra sur environ 520 mètres carrés dans un ancien bâtiment de Ceva. Disposant déjà d’une structure bâtie, le groupe va cette fois investir 4 millions d’euros dans son aménagement et ses équipements. "Nous allons démarrer l’activité avec huit personnes puis monter en puissance et recruter pour former une équipe d’une vingtaine de collaborateurs, précise Marc Prikazski. Elle travaillera sur tous les types d’élevage, éventuellement même sur la faune sauvage, pour laquelle nous avons créé un fonds de dotation."

Via ce fonds, le groupe travaille par exemple depuis 2013 sur un programme de vaccination pour préserver l’albatros d’Amsterdam, espèce endémique de l’île du même nom dans l’océan Indien, dont il reste environ 200 individus.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition