Mayenne

Énergie

La centrale biogaz d’Engie Bioz va produire la consommation de 1 900 foyers

Par Rémi Hagel, le 30 juin 2022

La centrale biogaz des Coëvrons en Mayenne, à Sainte-Suzanne-et-Chammes, portée par Engie Bioz, a été mise en route après une gestation de dix années. Ce projet de 9,5 millions d’euros valorise des effluents d’élevage et des déchets d’industries agroalimentaires du territoire, en particulier Bel, Socopa et LDC.

Élus et responsables d’Engie Bioz ont inauguré le site le 30 juin.
Élus et responsables d’Engie Bioz ont inauguré le site le 30 juin. — Photo : Rémi Hagel

Une nouvelle centrale de méthanisation fonctionne en Mayenne, à Sainte-Suzanne-et-Chammes depuis novembre 2021. Elle a été inaugurée jeudi 30 juin. Développée par Engie Bioz (anciennement Vol-V Biomasse), la centrale biogaz des Coëvrons fournit 2 060 000 Nm³ de biométhane par an, directement livrés dans le réseau de gaz naturel, soit l’équivalent de la consommation annuelle en gaz d’environ 1 900 foyers. Cette unité de méthanisation a coûté 9,5 millions d’euros, dont 1,7 million d’euros financés par l’Ademe.

Ce biométhane est produit à partir de sous-produits organiques du territoire, jusqu’à 82 tonnes par jour. Ils proviennent de 21 exploitations agricoles, des industries agroalimentaires, et de la communauté de Communes des Coëvrons. Les exploitations fournissent 55 % des apports, les entreprises 40 % et les collectivités 5 %. Les trois principales entreprises agroalimentaires du secteur sont la laiterie Bel et l’abattoir Socopa à Evron, ainsi que la nouvelle usine PFC de LDC à Vaiges (alimentation animale).

Le biogaz produit est injecté dans le réseau pour être consommé. La production équivaut à 30 % des besoins en gaz de la zone Sainte-Suzanne/Evron en hiver, tandis qu’en été, quand la consommation baisse, elle représente 100 %. Tout l’enjeu est de trouver des débouchés suffisants, d’autant que la laiterie Bel s’apprête à mettre en place une chaufferie-bois.

La centrale biogaz des Coëvrons injecte dans le réseau le biogaz produit par méthanisation.
La centrale biogaz des Coëvrons injecte dans le réseau le biogaz produit par méthanisation. - Photo : Rémi Hagel

Une station biogaz en projet à Evron

Cette unité "n’aura du sens que quand nos voisins d’à-côté seront raccordés", a glissé Joël Balandraud, président de la communauté de communes des Coëvrons et de l’AMF53. La centrale, isolée dans les champs, fait face au site de production d’Eurovia (Pays de Loire Enrobés). Si le lien avec la centrale biogaz semble évident, le raccordement est peu probable à court terme, à cause d’obstacles administratifs et techniques (notamment, Eurovia ne consomme pas d’énergie le week-end, et s’approvisionne pour le moment sur un réseau à pression différente). Un projet de station bioGNV a été acté à Evron. À terme, il permettra d’écouler une partie de ce gaz vert.

Les agriculteurs, eux, récupèrent le digestat, pour fertiliser leurs cultures.

La Mayenne compte désormais quatre centrales qui injectent le biogaz dans le réseau (Sainte-Suzanne-et-Chammes, Meslay-du-Maine, Château-Gontier et Méral). Deux autres devraient les rejoindre l’an prochain : Livré-la-Touche et Congrier-Senonnes. Pour répondre aux objectifs du schéma régional 2050, "il faudrait produire vingt fois plus de biogaz", s’alarme Philippe Henry, vice-président du Conseil régional. "Il faut accélérer". Au-delà de l’urgence climatique, "il y a une urgence des procédures". La centrale des Coëvrons a mis plus de dix ans à sortir de terre. Le projet a notamment dû déménager d’Evron à Chammes à cause de l’opposition de riverains. Quelque 5,5 km de canalisations ont été installés pour permettre le raccordement au réseau principal.

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