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La biotech angevine Green Impulse lève 5 millions d’euros

Par Olivier Hamard, le 22 septembre 2022

Spécialisée dans les solutions de biocontrôle pour la protection des plantes, la start-up angevine Green Impulse vient de lever 5 millions d’euros. Elle va pouvoir continuer le développement d’une nouvelle famille de molécules qui sera commercialisée aux États-Unis puis en Europe.

Alexandre Olivaud, président, et Emmanuel Pajot, directeur général, ont cofondé Green Impulse à Angers en 2019.
Alexandre Olivaud, président, et Emmanuel Pajot, directeur général, ont cofondé Green Impulse à Angers en 2019. — Photo : Green Impulse

Peu après son lancement en 2019, Green Impulse avait réalisé une première levée de fonds de 500 000 euros, avec un levier bancaire équivalent portant la somme à un million d’euros, qui lui avait permis de déployer un premier produit alternatif aux fongicides pour la protection des plantes. Trois ans plus tard, la start-up installée à Angers, qui met au point des solutions de biocontrôle permettant d’éviter l’utilisation de substances chimiques, accélère avec un nouveau tour de table, conclu cette fois à hauteur de 5 millions d’euros. Une levée de fonds effectuée auprès de France Ecotechnologies 2 (fonds géré par Bpifrance dans le cadre du programme d’investissements d’avenir), Go Capital, Pays de la Loire Développement et la plateforme de financement participatif GwenneG. Alexandre Olivaud, l’un des cofondateurs de l’entreprise, en demeure actionnaire principal, aux côtés de Bpifrance et Go Capital, qui détiennent à eux deux la majorité des parts.

Les États-Unis puis l’Europe

Dès 2020, la start-up angevine a lancé la commercialisation d’un premier produit, utilisé dans les grandes cultures céréalières à paille, tout en continuant ses recherches sur de nouvelles alternatives aux fongicides. "Le produit que nous avons mis sur le marché est adopté dans beaucoup de réseaux, entre autres de coopératives agricoles, et permet de nous faire connaître, explique Alexandre Olivaud, cofondateur et président de Green Impulse. C’est aussi une ressource pour l’entreprise qui représente 250 000 euros à date, qui devrait doubler d’ici un an et atteindre un million d’euros en 2023 ou 2024. Cela ne suffit pas pour poursuivre nos recherches mais c’est tout de même significatif, car peu de biotechs développent un chiffre d’affaires sur un produit en parallèle de leur R & D. Nous construisons ainsi une PME tout en investissant sur un projet de recherche à long terme." L’objectif de Green Impulse, qui a donc sourcé ce premier produit pour "amorcer la pompe" est de devenir le leader mondial dans cette nouvelle famille d’antifongiques sur laquelle elle travaille. L’entreprise utilise pour cela une innovation brevetée en 2012 par l’Université d’Angers dont elle a intégré la technologie. "Désormais, il s’agit d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché, poursuit Alexandre Olivaud. Nous envisageons tout d’abord les États-Unis en 2025, car l’homologation y est plus rapide, puis l’Europe en 2027. Cette levée de fonds va nous permettre de mieux structurer notre développement R & D en vue de ces objectifs."

Inhiber les champignons pathogènes de la plante

Avec cette levée de fonds qui aboutit après un travail d’un an et demi, Green Impulse va en effet pouvoir, d’une part, consolider la commercialisation de son premier produit et, d’autre part' accélérer dans l’élaboration de ses dossiers de mise sur le marché. La start-up, qui collabore avec l’Institut national de la recherche agronomique et l’Université d’Angers, a donné à sa famille de molécules antifongiques visant à protéger les cultures le nom d’ARPI, pour "adaptative response pathways inhibitors". Ces solutions, dites, synergistes, visent à lutter contre certaines maladies telles que la tavelure du pommier, le mildiou de la vigne ou encore la septoriose des céréales. Solutions de biocontrôle pour la protection des plantes et de biostimulation, utilisables en agriculture biologique, elles inhibent les champignons pathogènes de la plante. "La proposition de valeur des ARPI réside dans un mode d’action unique qui permet une association avec l’ensemble des innovations de biocontrôle du marché et d’atteindre une performance équivalente aux pesticides de synthèse", indique Emmanuel Pajot, cofondateur et directeur général de Green Impulse.

Actuellement forte d’une dizaine de collaborateurs, l’entreprise devrait atteindre 12 personnes en fin d’année. Elle réfléchit à une installation dans de nouveaux locaux, toujours à l’ouest d’Angers d’ici un an et demi environ. Elle prévoit aussi une autre levée de fonds dans quelques années.

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