Pays de la Loire

Conseil régional : Lancement d'un emprunt obligataire

Par S.V., le 02 octobre 2009

Grande première pour un conseil régional français:les Pays de la Loire ont lancé le 21septembre un emprunt obligataire.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Bien qu'ouverte aux investisseurs institutionnels, l'émission obligataire du conseil régional des Pays de la Loire s'adresse surtout aux particuliers. Son taux est fixé à 4% pour une durée d'investissement de six ans, avec une valeur nominale des titres établie à 500€. Les obligations sont commercialisées dans une dizaine de réseaux bancaires ainsi qu'auprès de Natixis, nommé chef de file de l'opération. Le conseil régional est noté AA par Standard & Poor's. Une bonne appréciation pour la collectivité, l'agence d'évaluation mettant en exergue «l'attractivité de la région», le «dynamisme de son économie», la capacité d'autofinancement du conseil régional, ainsi que «les capacités de pilotage budgétaire» et la «discipline financière» de l'équipe présidée par Jacques Auxiette. Si celle-ci n'a pas obtenu la note maximum (AAA), c'est à cause de la «réduction tendancielle des marges de manoeuvre» de l'institution, des incertitudes planant sur le cadre financier et institutionnel des collectivités françaises ainsi que «du rythme d'endettement élevé».




En quête de 80M€

Ouverte le 21octobre, la souscription doit se poursuivre jusqu'au 9octobre, une possibilité de clôture anticipée n'étant pas à exclure en cas de sursouscription. Le conseil régional compte lever près de 80M€. Les fonds mobilisés financeront les investissements régionaux décidés en mai à l'occasion du «plan anti-crise» (50M€ pour la construction de quatre nouveaux lycées, d'équipements de recherche, etc.), la mise en oeuvre des nouveaux prêts pour les entreprises en difficulté (20M€ pour les P2RI), ainsi que les investissements des collectivités territoriales accompagnées par le conseil régional (10M€). Derrière cette émission obligataire, il faut d'abord voir une décision pragmatique. Au premier semestre, le conseil régional aurait eu les pires difficultés à financer son plan anti-crise. «Sur les six établissements financiers que nous avons contactés, cinq ne pouvaient pas nous prêter la totalité de la somme recherchée», assure Yannick Vaugrenard, conseiller régional en charge du budget.




Un acte politique

Reste que le choix d'un mode de financement alternatif n'est pas seulement motivé par un souci de diversification du mode de financement. Pour Jacques Auxiette, c'est aussi très clairement un acte politique. Un pied de nez à la financiarisation de l'économie et «aux produits financiers exotiques, totalement déconnectés de l'économie réelle». Il s'agit «modestement et fermement d'essayer de remettre les choses sur les rails», appuie le président du conseil régional, pour qui les épargnants «vont pouvoir savoir où ils placent leur argent et pourquoi faire». À savoir soutenir l'économie régionale.

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