Sarthe

Agroalimentaire

Comment la Maison Prunier a triplé ses volumes en Sarthe

Par Yanne Boloh, le 23 avril 2019

La Maison Prunier conforte son implication locale en jouant la carte du haut de gamme. Un positionnement validé par les médailles aux concours, permettant à l’entreprise familiale de renforcer ses positions en Sarthe.

Basée à Connerré, la Maison Prunier produit 5 000 tonnes de charcuterie par an, dont 19 00 tonnes de rillettes.
Basée à Connerré, la Maison Prunier produit 5 000 tonnes de charcuterie par an, dont 19 00 tonnes de rillettes. — Photo : Yanne Boloh

Revenue de Paris avec une moisson historique de 9 médailles, dont une en or, au Concours général agricole (CGA), lors du Salon de l’agriculture 2019, la Maison Prunier confirme sa stratégie des concours comme reconnaissance de son positionnement sur les « produits haut de gamme ».

Le fabricant sarthois de charcuterie, qui emploie 160 salariés à Connerré, participe en effet au moins à 4 concours par an : depuis 2008, date de l’ouverture du concours charcuterie, au CGA, mais aussi à l’emblématique concours de Mamers, à celui de Sougé-sur-Ganelon et aux 4 Jours du Mans. « Cela sécurise notre position haut de gamme vérifiée par un point de vue extérieur, les experts des jurys. La stratégie des médailles contribue aussi à renforcer, en interne, la cohésion des équipes et l’attachement à l’entreprise », explique Théophile Prunier, l’un des trois dirigeants de l’entreprise familiale, avec son frère Léonard et sa sœur Philomène.

Théophile Prunier, co-dirigeant de Maison prunier à Connerré.
Théophile Prunier, co-dirigeant de Maison prunier à Connerré. - Photo : Yanne Boloh

Peu onéreuse financièrement pour l’entreprise, cette démarche trouve un réel écho local sur le long terme. Il y a un peu plus de dix ans, les dirigeants ont en effet pris conscience qu’après un développement au niveau national assuré par leur père, l’entreprise était peu connue sur son propre département. « Nous étions pourtant déjà une société 100 % sarthoise, avec une production locale, des salariés qui habitent pour 80 % d’entre eux à moins de 10 km de notre unité de production et des approvisionnements les plus proches possibles de notre usine », liste le dirigeant. En 2009, Prunier achète donc la charcuterie Gilet de Ruaudin, puis rapatrie ses productions à Connerré, dont le site n’était pas encore saturé.

Volumes triplés en 10 ans en Sarthe

Repartie à l’assaut des grandes et moyennes surfaces sarthoises, l’entreprise y a depuis triplé ses volumes. Elle est désormais bien implantée tant en libre-service que dans les rayons traditionnels à la coupe. Et les volumes grimpent toujours (+4,3 % en 2018), l’entreprise réalisant un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros en 2018, pour 5 010 tonnes de charcuterie produite l’an dernier.

Prunier joue désormais la différenciation par les matières premières, avec des produits bio, Bleu Blanc Cœur, Label Rouge… Le développement de la présence locale s’est accompagné d’un élargissement de la gamme : « Hormis le jambon, nous fabriquons désormais toutes les familles de charcuteries cuites, en plus de nos rillettes et de nos pâtés et mousses, les boudins noirs embossés à la main, les boudins blancs, tous les produits roses, comme le petit salé ou la cote cuite, ou bien encore le saucisson à l’ail, médaille d’or à Paris cette année… », énumère Théophile Prunier.

L’image territoriale et responsable est également travaillée avec le label PME +, marque collective pour les TPE, PME et ETI, dirigées vers la grande distribution et les consommateurs, qui confirment leur engagement RSE (certification Ecocert). Prunier s’implique par ailleurs au sein de la French Fab du département qui veut mettre en valeur l’écosystème de l’industrie sarthoise, sans oublier sa communication sous forme de sponsoring, notamment dans le basket avec le MSB, le club du Mans champion de France 2018.

Basée à Connerré, la Maison Prunier produit 5 000 tonnes de charcuterie par an, dont 19 00 tonnes de rillettes.
Basée à Connerré, la Maison Prunier produit 5 000 tonnes de charcuterie par an, dont 19 00 tonnes de rillettes. — Photo : Yanne Boloh