Bruno et Édith Giffard : Un cocktail atypique

Par la rédaction, le 05 mars 2010

Bruno et Édith Giffard, respectivement ingénieur en travaux publics et criminologue de formation, sont arrivés par des chemins détournés aux commandes de l'entreprise familiale. C'est la passion qui les a guidés à la tête de la marque angevine de liqueurs et de sirops. Florent Godard
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Les visiteurs de Made in Angers affluent encore dans son usine de fabrication de liqueurs, qu'Édith Giffard, co-dirigeante de l'entreprise du même nom, travaille déjà sur les prochaines portes ouvertes. Celles du «Printemps des liqueurs», en mai prochain. «Elle a participé à la création de l'événement», confie Bruno Giffard, son frère et P-dg de la SA Giffard. «Édith s'investit beaucoup au sein de la fédération française des spiritueux», confirme Corinne Lava-Notebaert, responsable communication chez Cointreau. Ensemble, les deux femmes travaillent régulièrement sur des opérations de communication ou la composition de nouveaux cocktails comme le «spring valley», un mélange à base de Cointreau et de Menthe Pastille, créé en 2006. «Édith et Bruno sont vraiment des passionnés», souligne-t-elle.




Le cartésien et l'intuitive

Rien de surprenant pour les deux arrière-petits-enfants du fondateur de la marque Giffard, créateur de la Menthe Pastille en 1885. Et pourtant. Pour Bruno, le Pd-g, le cartésien, plus spécialisé dans la gestion et l'export, comme pour Édith, la directrice générale déléguée, l'intuitive, aujourd'hui concentrée sur le service marketing, la reprise de l'entreprise familiale n'a jamais été une évidence. «Quand j'étais ado, je ne m'imaginais pas faire ça, raconte Édith. Je voyais mon père travailler énormément et l'aspect commercial ne m'attirait vraiment pas.» Elle étudie d'abord le droit à Angers, puis à Paris où elle se spécialise dans la criminologie, au début des années 80. «Je voulais être juge pour enfants, mais j'étais trop sensible», raconte-t-elle. La passerelle qui la ramènera à l'entreprise familiale s'appelle le CCA, le Centre de communication avancé, où elle réalise des enquêtes sur les modes de vie des Français, à destination des entreprises et des ministères. Hasard des rencontres, un Angevin du CCA lui propose de travailler sur l'identité visuelle de Giffard et de la Menthe Pastille. Peu à peu, l'idée de s'occuper du marketing des liqueurs fait son chemin. Mais l'entreprise avec sa vingtaine de salariés, est trop petite pour ouvrir un service marketing. Ironie du sort, en 1987 Édith devient commerciale, la première de Giffard «hors de l'Ouest».




L'importance des liens affectifs

L'arrivée de Bruno est, elle, plus orientée par l'actualité de l'entreprise. Diplômé de l'Ecole des travaux publics de Paris en 1981, il commence par travailler sur la construction de nouvelles tours dans le quartier de la défense à Paris. Six ans plus tard, l'envie de faire autre chose et la retraite imminente de son père amènent le jeune ingénieur à réfléchir. «Je voulais quitter Paris et j'hésitais entre chercher du travail dans les TP ailleurs ou revenir», raconte Bruno qui fait finalement son entrée chez Giffard en 1989. Pression de l'entourage ? «Absolument pas !, s'exclament-ils. Notre père ne nous a jamais demandé ni incité à entrer dans l'entreprise. Il en avait sans doute envie, mais ne l'a jamais exprimé.» Avant d'expliquer: «Lui-même avait subi une pression de la part de son père et ne voulait pas la reproduire avec nous.» «Il faut vraiment que l'envie vienne de soi, commente Édith Giffard. Une entreprise familiale, peut être une chance mais aussi un boulet. Les liens affectifs sont importants. D'autant plus lorsque la société porte votre nom. On porte alors davantage le poids de la réussite ou de l'échec.» Quand on leur demande s'ils espèrent que d'autres Giffard prennent la suite, tous deux sourient: «On espère qu'ils iront voir ailleurs ! Après, ils décideront.»

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