Sarthe

Biotech

Biodevas, Sodiaal et l'Inrae investissent 3 millions d'euros pour lutter contre la principale pathologie des vaches laitières

Par Yanne Boloh, le 21 octobre 2021

L’entreprise sarthoise Biodevas, spécialisée dans les solutions à base de plantes en agriculture, vient de lancer un programme de grande ampleur avec Sodiaal, la première coopérative laitière française et l’Inrae, pour réduire l’impact économique, sanitaire et écologique de l’une des principales pathologies en élevages laitiers.

Pour le vétérinaire Gaëtan Vetea Plichart et le directeur général de Biodevas François Blua, "le projet Neolac est un travail en partenariat de grande ampleur tant en durée, qu’en investissement et en association de compétences."
Pour le vétérinaire Gaëtan Vetea Plichart et le directeur général de Biodevas François Blua, "le projet Neolac est un travail en partenariat de grande ampleur tant en durée, qu’en investissement et en association de compétences." — Photo : Yanne Boloh

De la grande bardane, du saule blanc et du chardon marie combinés contre les mammites. C’est l’une des propositions que le laboratoire Biodevas de Savigné-l’Évêque (Sarthe) va tester à très grande échelle avec la coopérative Sodiaal dans 100 fermes laitières réparties dans toute la France. L’idée de ce projet de recherche de 4 ans appelé Neolac et conduit également avec l’Inrae, est de valider des solutions distribuées dans l’alimentation des animaux pour les maintenir en bonne santé. Il s’agit d’éviter toutes les conséquences sanitaires, économiques et de qualité de lait en prévenant la survenue de ces infections. Les inflammations de la mamelle constituent en effet l’une des trois principales pathologies des élevages laitiers avec les problèmes de reproduction et les boiteries. Et elles sont habituellement traitées par antibiotiques dont toutes les filières animales cherchent à s’affranchir dans le cadre du programme Ecoantibio. Pour l’éleveur, réduire le taux de mammites permet de diminuer ses intrants et les pertes en lait, celui des vaches malades étant perdu. Le manque à gagner peut aller jusqu’à 10 000 euros par an pour un troupeau moyen de 60 à 70 vaches laitières. Le programme Neolac va aller jusqu’à explorer la fromageabilité du lait issu des troupeaux consommant les produits de Biodevas.

3 millions d’euros engagés

Lancé officiellement en janvier 2021, Neolac a démarré concrètement en juillet avec le lancement des premiers tests en élevage, Biodevas ayant fourni 3 tonnes de produits, distribués à raison de 10 grammes par jour et par vache laitière. " Notre philosophie est de mettre à disposition de la filière des solutions naturelles visant à réduire l’apparition de ces infections avec des preuves sur le terrain de leur intérêt technique et économique pour l’éleveur, et une explication scientifique des mécanismes à l’œuvre " résument François Blua, directeur général de l’entreprise familiale et Gaëtan Vetea Plichart, vétérinaire et responsable technique animal de Biodevas.

L’entreprise n’en est pas à son coup d’essai, même si le programme engagé atteint une ampleur inégalée de 3 millions d’euros, dont plus de la moitié est investie par Biodevas, avec également le soutien de la BPI et des régions Bretagne et Pays de la Loire. Biodevas vient par exemple de terminer un programme de 18 mois de 600 000 euros conduit avec LDC, Cavac, Loué et l’École supérieure d’agricultures d’Angers autour de ses solutions pour lutter contre la bactérie E. coli dans la filière volaille.

Une volonté de l’internationalisation

Biodevas, entreprise familiale basée à Savigné-l’Évêque depuis 2005, emploie 37 personnes en R & D, production et commerce et affiche sa volonté d’internationalisation. " Le Covid a donné un coup d’arrêt à notre programme aux États-Unis où nous avions un VIE qui devait démarrer en avril 2020, mais nous allons reprendre ce fil et nous sommes déjà présents en Allemagne, en Pologne, à Taïwan et bientôt en Amérique Centrale " précise François Blua.

Pour le vétérinaire Gaëtan Vetea Plichart et le directeur général de Biodevas François Blua, "le projet Neolac est un travail en partenariat de grande ampleur tant en durée, qu’en investissement et en association de compétences."
Pour le vétérinaire Gaëtan Vetea Plichart et le directeur général de Biodevas François Blua, "le projet Neolac est un travail en partenariat de grande ampleur tant en durée, qu’en investissement et en association de compétences." — Photo : Yanne Boloh

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