Sarthe

Énergie

Interview "Beaucoup d’entreprises n’ont pas intégré que la hausse des coûts énergétiques allait être très violente"

Entretien avec Damien Vittaz, cogérant de Studeffi (Samsic Énergie)

Propos recueillis par Rémi Hagel - 21 novembre 2022

Le contexte est porteur pour Studeffi. Basé au Mans, ce cabinet de conseil en gestion d’énergie a doublé son chiffre d’affaires depuis 2020 et étend sa toile en France avec l’ouverture de nouvelles agences. Explications de Damien Vittaz, son dirigeant, qui s’inquiète toutefois des conséquences de la crise énergétique sur la santé financière des entreprises.

Damien Vittaz est l’un des trois associés à la tête de Studeffi.
Damien Vittaz est l’un des trois associés à la tête de Studeffi. — Photo : Rémi Hagel

En quoi consiste votre activité ?

Studeffi est un cabinet de conseil en gestion d’énergie neutre. Nous aidons nos clients à mieux acheter et mieux consommer. Sur l’achat, nous ne sommes ni courtier, ni fournisseur, nous proposons des prestations de conseil. Nous sommes aux côtés du consommateur final pour l’aider à comprendre et optimiser son centre de coût énergétique. On aide les clients à comparer les offres et à les comprendre. On peut monter des appels d’offres groupés. Sur la consommation, nous réalisons des audits énergétiques, pour établir une cartographie de qui consomme quoi sur un site. On en tire un plan d’actions. Pour nos deux activités, nous avons élaboré il y a six ans le logiciel Studeo, notre fil conducteur. Les clients peuvent ainsi suivre leurs consommations, mais aussi leurs contrats, les cours, etc. Il ne se substitue pas au conseil humain, mais il permet de tracer l’information.

Vous opérez désormais au sein du groupe Samsic…

En mars 2022, nous avons effectivement rejoint le groupe Samsic et sommes devenus Samsic Énergie. Samsic a pris 70 % du capital, les trois associés historiques, Nicolas Tachot, Vincent Robert et moi-même, en conservent 30 %. Nous avons créé l’entreprise en 2010, Studeo a fait ses preuves et méritait d’être déployé à plus grande échelle. Samsic opère dans le facility management (gestion de la sécurité, de l’entretien, de l’accueil dans les bâtiments d’entreprises, NDLR) pour le compte de 30 000 clients. Samsic cherchait un conseiller énergétique, pour répondre aux besoins de leurs clients.

Comment se porte Studeffi dans ce contexte de crise énergétique ?

Avec la préoccupation énergétique, notre activité est en forte croissance. On avait réalisé 850 000 euros de chiffre d’affaires en 2020, 1,2 million en 2021 et on va finir 2022 à 1,6 million. On devrait dépasser les 2 millions en 2023. On a presque triplé le nombre de salariés en trois ans. Nous étions 7 en 2020, nous sommes 20 aujourd’hui, et prévoyons 4 à 5 nouvelles embauches l’an prochain. Nous avons 450 clients, dont près de la moitié dans les Pays de la Loire. Nous avons ouvert une agence à la Roche-sur-Yon en septembre 2021. En 2023, nous prévoyons d’ouvrir une agence à Paris, puis à une Lyon ; à chaque fois, dans le but de nous rapprocher des clients. Ces agences se situeront dans des locaux de Samsic, c’est tout l’intérêt du groupe.

En quoi vos conseils permettent des économies ?

Vu les prix aujourd’hui, on ne fera pas d’économies sur l’achat. Mais on peut limiter les hausses. Certains fournisseurs font des propositions de contrat qui comportent des zones d’ombre. Ils proposent un tarif pour 2023, que vous acceptez, sans avoir compris que le budget définitif sera plus élevé, en fonction de la typologie du contrat. Certains clients comptent sur des aides pour 2023, or ils ne seront pas forcément éligibles. Nous essayons d’avoir une vision réaliste pour éviter les erreurs.

Sur la consommation, l’important est de connaître son existant. Or, beaucoup d’industriels et d’entreprises du tertiaire ignorent leur manière de consommer. Ils ne savent pas si le chauffage tourne le week-end, ni comment programmer leur système pour couper la nuit, etc. Il y a des économies à réaliser.

Comment se dessine 2023 ?

La crise énergétique nous préoccupe. Il y a encore beaucoup d’entreprises qui n’ont pas intégré que la hausse des coûts énergétiques allait être très violente. Certains de nos clients paient l’électricité 100 à 200 € du kWh, et cela va passer à 450 ou 650 €. Certains n’auront pas la trésorerie pour absorber une telle hausse. Des salariés vont se retrouver sur le carreau. Il est urgentissime de faire pression pour que les aides soient plus ajustées à la réalité.

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