Sarthe

Métallurgie

Avec ses robots, la SED capte de nouveaux marchés

Par Florent Godard, le 07 février 2020

Depuis 5 ans, la SED a entrepris de robotiser son site de La Flèche, gagnant en compétitivité et captant ainsi de nouveaux marchés. Pour y répondre, elle lance une troisième extension de l’usine sarthoise.

La SED dispose d’une trentaine de machines à commandes numérique destinées à l’usinage. Depuis 2014, les bras articulés de plusieurs robots chargent et déchargent les pièces métalliques façonnées.
La SED dispose d’une trentaine de machines à commandes numérique destinées à l’usinage. Depuis 2014, les bras articulés de plusieurs robots chargent et déchargent les pièces métalliques façonnées. — Photo : Florent Godard - Le Journal des entreprises

À La Flèche, la SED étend son usine de 2 000 m² pour porter sa superficie à 7 000 m² avant l’été 2020. Objectif : agrandir l’espace de stockage de cette entreprise de métallurgie, experte en usinage et assemblage de pièces en fonte, en aluminium ou en acier. Un investissement « proche du million d’euros », indique le directeur de l’usine, Éric Rorive. Cette troisième extension en 15 ans illustre la bonne santé de la « Société Électromécanique Diversifiée » ou SED. Son chiffre d’affaires a littéralement bondi, de 7,6 millions en 2012 à 10,4 millions d‘euros en 2018. La PME de 80 salariés a décroché de nouveaux marchés, entre autres, dans le machinisme agricole et l’automobile. Qu’il s’agisse, par exemple, de pièces de transmission de tracteurs, pour de nouveaux modèles de marque Claas ou Massey Ferguson, ou encore de porte-fusées pour Renault, ces pièces permettant de maintenir ensemble divers éléments de roue.

Six robots installés

La SED n’a pas uniquement profité d’une meilleure conjoncture économique. Elle a aussi capté ces marchés grâce à des gains de compétitivité, avec notamment l’arrivée progressive de six robots depuis 2014. « La robotisation a contribué à augmenter nos capacités de production », commente Eric Rorive. Concrètement, ces bras articulés chargent et déchargent les pièces usinées dans les machines à commande numérique. Ce qui libère du temps aux ouvriers pour avancer sur d’autres tâches, « plus nobles », telles que le contrôle qualité ou la gestion des machines. L’opérateur peut ainsi piloter deux centres d’usinage, et jouit de meilleures conditions de travail, dixit le directeur. « On réduit la pénibilité et les risques de troubles musculo-squelettiques », détaille Éric Rorive. Au bout de l’usine, un dernier robot stocke les pièces à usiner, puis les repartit petit à petit sur les machines, au fur et à mesure que celles-ci se libèrent, en piochant d’abord la pièce la plus urgente à réaliser.
Une foule d’autres arguments a aussi contribué à doper les ventes, comme la capacité à livrer des pièces lourdes, jusqu’à 300 kg, ou les prestations de traitement de surface, via une ligne de peinture poudre installée en 2017. Proposant des moyennes et grandes séries, la PME livre un large panel de clients, de l’automobile aux biens d’équipement, jusqu’à l’industrie textile. De manière directe ou indirecte. L’entreprise de métallurgie sarthoise réalise en effet un tiers de son chiffre d’affaires auprès de sa maison-mère : La Fonte Ardennaise. Un groupe de 1 300 salariés, dont le siège se trouve près de Charleville-Mézières (08). Celui-ci possède cinq fonderies et trois unités d’usinage en Europe : la société SED à La Flèche, LFA2 dans les Ardennes et Mecafor en Serbie. Quid des perspectives pour 2020 ? Difficile de faire des prévisions précises avec une visibilité « de deux mois sur le carnet de commandes ». Et même « de 2 jours pour les commandes fermes dans le secteur l’automobile », les constructeurs fonctionnant en flux tendus. Ce qui oblige à être réactif. « Un jour, un client a même envoyé un hélicoptère sur l’aérodrome de la Flèche pour récupérer des pièces, après avoir rencontré un souci de logistique », se souvient Éric Rorive.

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