Maine-et-Loire

Industrie

Au Pin-en-Mauges, Alfi Technologies imagine les usines de demain

Par Olivier Hamard, le 16 juillet 2018

En 2010, Yann Jaubert a repris deux PME avant de leur en adjoindre une troisième en 2015 pour former l’an passé le groupe Alfi Technologies. S'il conserve son activité historique, il a pris le virage de l'innovation, ce qui lui permet de concevoir et de construire les usines du futur.

Les machines d'Alfi Technologies sont conçues virtuellement avant d'être fabriquées dans l'atelier. — Photo : Olivier Hamard JDE

Yann Jaubert y croit dur comme le fer en entrant dans son usine du Pin-en-Mauges : l’industrie française a de beaux jours devant elle et le groupe Alfi Technologies, qu’il a créé l’an passé en regroupant trois PME reprises depuis 2010, veut accompagner sa mutation technologique. Le groupe, en quelques années, s’est lui-même réorienté : s’il a conservé son activité première de fabrication de machines pour l’industrie, principalement dans le secteur des matériaux de construction comme la terre cuite, le béton ou les isolants, il a surtout pris le virage de l’innovation.

« C’était innover ou mourir !, assure Yann Jaubert, le président d’Alfi Technologies. J’ai l’industrie française dans les gênes et je crois que c’est une imposture de dire qu’en France, on ne fera plus que du service. Je crois en l’industrie hexagonale du futur. » Derrière lui, Yann Jaubert n’entraîne pas que les 200 salariés du groupe : délégué de la French Fab en Maine-et-Loire, il invitait déjà les chefs d’entreprises locaux à visiter l’usine d’Alfi Technologies dès le lendemain de son lancement en mai dernier…

50 à 70 % des marchés à l’étranger

Depuis 5 ans, Alfi Technologies, à partir de sa spécialité première, concevoir et fabriquer des lignes de production pour la manutention de charges lourdes et de grandes dimensions, propose à ses clients une usine virtuelle.

Yann Jaubert a créé le groupe Alfi Technologies qui compte aujourd'hui 200 salariés. - Photo : Olivier Hamard JDE

« Cette usine est conçue en 3D et nous formons les gens sur des machines virtuelles, explique Yann Jaubert. Elles sont corrigées, modifiées, avant d’être fabriquées physiquement, puis nous en assurons l’installation et la maintenance. Nous avons dans ce domaine innovant plusieurs années d’avance. » Alfi Technologies décroche des marchés partout dans le monde et réalise 50 à 70 % de son chiffre d’affaires de 30 M€ à l’export. « Nous voulons aussi apporter des gains de productivité à nos clients, précise Yann Jaubert, en intégrant ici des technologies qui permettent d’anticiper leurs besoins. »

Attirer les jeunes talents à la campagne

Au-delà de ses secteurs historiques, Alfi Technologies veut en explorer d’autres partout sur la planète. Pour cela, le groupe a embauché une centaine de personnes depuis sa création, dont de jeunes diplômés. « Nous incarnons une société qui innove et cela les attire, assure Yann Jaubert. Nous travaillons en mode projet, avec un management valorisant et responsabilisant. Nous voulons rester une entreprise innovante, internationale et ancrée dans son territoire. »

Cet ancrage, Yann Jaubert veut y croire fermement, et l’éloignement des grands centres de décision n’est un frein ni au développement ni au recrutement. « Les clients viennent nous chercher pour la technologie qu’on leur apporte, où que l’on soit, et le numérique permet de travailler n’importe où pour des clients du monde entier. Parallèlement, nous voulons aussi renforcer les partenariats avec les entreprises locales, c‘est le sens de la French Fab : être performant ensemble pour préparer cette industrie de demain. Et chez Alfi Technologies, on est déjà demain ! »

Les machines d'Alfi Technologies sont conçues virtuellement avant d'être fabriquées dans l'atelier. — Photo : Olivier Hamard JDE