Maine-et-Loire

Industrie

Au cœur de la crise, Olivier Seyeux a osé

Par Olivier Hamard, le 15 février 2018

En rachetant en 2009 la société Smias transformée depuis en Ose Industrie, spécialisée dans la conception et la fabrication de chaînes d’assemblage, Olivier Seyeux a relevé un sacré pari et constitué un groupe d’actuellement 200 collaborateurs, avec 5 sites en France et des implantations à l’étranger.

Olivier Seyeux, président du groupe Ose..
Pour Olivier Seyeux, l’avenir du groupe Ose passe par un développement à l’étranger et l’exploration d’autres secteurs d’activités tels que par exemple l’industrie pharmaceutique. — Photo : Dorian Sacher

En 2015, Ose Industrie s’est installé dans 2 000 mètres carrés de locaux neufs aux Ponts-de-Cé. Un site qu’il a déjà depuis fallu agrandir à 3 500 mètres carrés. Parallèlement, le groupe a embauché, racheté et développé son activité dans un secteur de niche, assez secret ou pour le moins confidentiel : la fabrication de chaînes d’assemblage à destination de l’industrie. Le marché est vaste, de l’automobile à l’aéronautique en passant par le secteur pharmaceutique, l’horlogerie ou plus généralement les biens de consommation… Un marché vaste comme les domaines d‘intervention d’Ose, qui exporte aujourd’hui son savoir-faire dans 13 pays, en Amérique du Nord, au Brésil, en Europe centrale et de l’est et en Asie. « Ce n’était pourtant pas gagné d’avance, reconnaît le président d’Ose, Olivier Seyeux. J’ai repris la société en juin 2009, en pleine crise économique, avec 22 personnes. Nous avons connu deux années et demie de souffrance, pendant lesquelles il a fallu beaucoup d’énergie et une équipe qui s’implique pleinement dans le projet. Nous avons vraiment frôlé la correctionnelle. » A cette période, en rachetant la Smias alors installée à Écouflant, Olivier Seyeux a donc relevé un sacré défi, ce qui a fait dire à un de ses amis que la reprise d’une société au cœur de cette incertitude économique était « vraiment osé ». « Il nous fallait changer le nom de l’entreprise, celui d’Ose était alors tout trouvé », sourit Olivier Seyeux.

28% de CDI en plus en 2017

Depuis 2009 et ses débuts difficiles, Ose s’est relevée et a tracé son chemin, en misant sur sa position d’entreprise intermédiaire dans son secteur : « Il y a beaucoup de petites entités et quelques grosses sociétés qui travaillent dans notre domaine, analyse Olivier Seyeux. Notre fonctionnement de PME nous permet une grande réactivité et beaucoup d’adaptabilité. » Ose a donc embauché, aux Ponts-de-Cé tout d’abord, en portant à 35 personnes l’effectif de son bureau d’études où sont dessinées toutes les pièces en lien étroit avec le client, et à 40 le nombre de salariés chargés de l’assemblage en atelier. Des pièces fabriquées par des sous-traitants pour beaucoup installés sur le territoire français. Totalement conçues, aux Ponts-de-Cé, les chaînes sont ensuite installées chez le client, dans le monde entier. Au total, 90 personnes travaillent sur le site des Ponts-de-Cé. « Nous avons augmenté le nombre de CDI de 28% en 2017, précise Olivier Seyeux. Nous ne recruterons plus beaucoup ici, mais il reste une marge importante sur les autres entités. »

S’installer à Shanghai pour conquérir le marché asiatique

Depuis sa création, le groupe Ose a en effet installé un bureau en Pologne, pour rayonner sur l’Europe de l’est, racheté une société à Gournay-en-Bray, en Seine-Maritime, ou encore fait l’acquisition en fin d’année dernière de Prosys, une entreprise savoyarde spécialisée dans le bobinage, avec un atelier à Detroit, aux États-Unis. « Notre implantation en Savoie va nous permettre d’aborder des marchés en région Rhône-Alpes et en Suisse, souhaite Olivier Seyeux, tandis qu’à Detroit, l’atelier va sans doute monter en puissance et nous offre un point d’appui aux États-Unis. Nous réfléchissons aussi à un développement en Asie, mais les marchés chinois et indiens sont difficiles et il nous faudra peut-être ouvrir un bureau de représentation à Shanghai. Nous allons continuer de développer nos différents sites, comme à Avrillé où nous avons aussi repris l’an passé l’entreprise Atelec, qui fabrique des bancs de test de machine. Ces différentes acquisitions sont à chaque fois de nouveaux savoir-faire que nous intégrons et qui nous permettent de nourrir notre catalogue pour proposer une offre plus complète à nos clients. » Pour organiser son développement, Olivier Seyeux a pu compter sur une levée de fonds de 5,5 M€, réalisée auprès de la société d'investissement Audacia qui est venue intégrer le capital du groupe. 

Une trentaine de machines produites chaque année

Aujourd’hui, le groupe Ose compte 200 salariés pour un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros, deux chiffres qu’Olivier Seyeux entend bien multiplier par deux d’ici 5 ans. Une ambition raisonnable, selon lui, qui parle de risques « toujours mesurés ». Actuellement, le secteur des pièces automobiles constitue une part importante de l’activité du groupe, mais son président entend bien explorer d’autres marchés, en mettant en avant savoir-faire et réactivité. Et si Ose Industrie produit une trentaine de machines par an, dont certaines peuvent occuper jusqu’à 800 mètres carrés au sol et coûter jusqu’à 5 à 6 millions d’euros, ce n’est pas là le maximum de ses capacités de production : « Il faut rester robuste en cherchant à aller toujours plus haut, confie Olivier Seyeux. On va faire grandir les gens qui nous ont rejoints, à Avrillé, en Savoie et en Normandie. Il s’agit bien de grandir et pas de grossir. Car si on grossit, on finit par s’empâter… »

Olivier Seyeux, président du groupe Ose..
Pour Olivier Seyeux, l’avenir du groupe Ose passe par un développement à l’étranger et l’exploration d’autres secteurs d’activités tels que par exemple l’industrie pharmaceutique. — Photo : Dorian Sacher

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