Akiolis : La réorganisation pour coller aux marchés

Par la rédaction, le 02 juillet 2010

Face à l'érosion de son gisement de matières premières, Akiolis Group a lancé plusieurs diversifications en continuité avec son métier de valorisation de coproduits et de déchets organiques. Yanne Boloh
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Depuis le 1ermai dernier, Akiolis Group (ex-Caillaud) est en ordre de bataille du point de vue juridique comme de l'organisation des sociétés qu'il regroupe, après sa restructuration engagée dès l'installation de son siège social auMans, en 2008. Avec près de 1.200 salariés, cette filiale du groupe chimique Tessenderlo Group représente 40% du marché français des coproduits et déchets organiques animaux. Sa seconde position dans l'hexagone lui confère la place de numéro trois européen, tant le marché français domine l'Union Européenne (plus de 18%). Productrice de viande, la France génère en effet nombre de carcasses animales, issues de l'élevage et de saisies et abattoir, ainsi que des déchets et coproduits provenant de ses filières alimentaires. Ceux-ci peuvent trouver une valorisation dans différents secteurs, comme les matières grasses et les protéines, même si la crise de la vache folle a fortement restreint les utilisations de ces dernières.




Séparer les métiers

La première étape pour Akiolis a été la séparation des deux principaux métiers du groupe. Atemax regroupe désormais ses activités d'équarrissage, c'est-à-dire la collecte et la valorisation énergétique (en cimenterie) des animaux ou des déchets présentant un risque pour la santé publique, la santé animale ou l'environnement. Soleval rassemble ses activités dédiées à la production d'ingrédients d'origine animale, c'est-à-dire la collecte et la valorisation de coproduits sains issus d'animaux propres à la consommation humaine. Les services rendus (service public d'équarrissage pour Atemax, production d'ingrédients pour Soleval) sont ainsi clairement identifiés. Chacune de ces sociétés est organisée en quatre grandes régions. S'y est adjoint un troisième segment, le développement, qui regroupe des activités aussi diverses que la valorisation des huiles alimentaires usagées, la méthanisation, la valorisation de coproduits à base de céréales ou les déchets fermentescibles issus de la grande distribution. Bref, toutes les diversifications autour du métier de la collecte et de la valorisation des coproduits animaux et végétaux après leur sécurisation. Cette phase, industrialisée, est indispensable car toute matière organique est par nature instable.




Valorisation difficile

L'une des particularités de ces métiers est la nature des flux poussés des matières premières: Akiolis n'est en effet pas maître des volumes, ni d'animaux trouvés morts, ni de saisies, ni de coproduits. Ils peuvent soit faire l'objet d'un contrat de prestation (paiement pour l'enlèvement des déchets), soit d'un achat (valorisation possible). «Nous collectons puis nous aiguillons la collecte en fonction de sa nature et de ses valorisations possibles» explique Sophie Grégoire, en charge de la communication du groupe. Ces valorisations sont strictement encadrées par la réglementation, non seulement européenne mais également française, cette dernière étant plus restrictive notamment sur les graisses. Les limites entre catégories ont beaucoup varié depuis les crises sanitaires de la fin des années 90 et 2000 (vache folle notamment). Pour les matières dont la valorisation est autorisée par la réglementation, Akiolis trouve des débouchés industriels. Les graisses sont notamment commercialisées en oléochimie et en alimentation animale principalement à l'exportation. Les protéines sont utilisées en alimentation pour les animaux familiers (pet food). L'entreprise suit de près les évolutions du cadre législatif: l'an dernier, la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a levé les derniers freins pour la réintroduction des graisses en alimentation animale. Cette année, la Commission européenne relance le débat sur une autorisation des farines animales dans les aliments pour porcs et volailles. Et le Conseil national de l'alimentation lance un groupe de travail sur leur acceptabilité sociale. Autant de pistes qui rebattraient les débouchés pour Akiolis.

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