Grenoble

Innovation

Sublimed : un boîtier pour lutter contre la douleur

Par Marie Lyan, le 16 avril 2018

Ingénieur-chercheur au CEA de Grenoble, Nicolas Karst a mis au point ce dispositif anti-douleur en partenariat avec l’ancien directeur du centre anti douleur de Grenoble, le Dr Jean-Pierre Alibeu. L'entreprise, lauréate du Réseau Entreprendre Isère en 2015,vient d'obtenir le marquage CE pour se lancer en Europe.

Les douleurs chroniques touchent environ une personne sur cinq dans le monde, soit 1,5 milliards de personnes selon par Nicolas Karst. Le dirigeant a fondé Sublimed en partenariat avec l’ancien directeur du centre anti douleur de Grenoble, le Dr Jean-Pierre Alibeu. — Photo : Sublimed

La société

Créée en 2015, la technologie actiTENS de Sublimed est issue des travaux menés au sein du CEA Leti par Nicolas Karst, à l’époque chercheur, en partenariat avec l’ancien directeur du centre anti douleur de Grenoble, le Dr Jean-Pierre Alibeu. « Nous sommes partis d’une technologie existante, la neurostimulation électrique cutanée qui fonctionnait bien, mais qui était très contraignante car elle imposait aux patients d’utiliser de gros boîtiers reliés à des câbles, ce qui engendrait des gênes physiques et psychologiques », explique Nicolas Karst. La start-up se retrouvait donc sur un marché vierge à explorer tandis que de l’autre côté, les pathologies concernées étaient nombreuses : lombalgies, douleurs sciatiques, douleurs des membres fantômes ou encore fibromalgie.... « Les douleurs chroniques touchent environ une personne sur cinq dans le monde, soit 1,5 milliards de personnes », atteste Nicolas Karst.

Le concept

Deux années de R&D ont été nécessaires pour développer actiTENS. A travers ses patchs à disposer sur des zones douloureuses, ce dispositif génère de faibles impulsions électriques afin d’inhiber la sensation de douleur. « Nous avons conçu un dispositif ergonomique et de petite taille, avec un boitier flexible épousant les formes du corps humain, et qui possède 20h d’autonomie », détaille son fondateur. L’objectif ? Permettre aux patients atteints d’une maladie chronique d’abaisser le seuil de douleur de 8 à 4 sur une échelle de 10 afin que celle-ci devienne acceptable. Remboursé par la Sécurité sociale (prix conseillé : 350€ pièce), ce dispositif doit cependant être supervisé au démarrage par un médecin, en vue de former le patient à son utilisation.

Les perspectives

Si la start-up visait en premier lieu l’Hexagone, le marquage CE qu’elle vient d’obtenir lui ouvre aussi les portes de l’Europe et du Moyen-Orient. « Nous regardons comment entrer sur ce marché et quelles peuvent être les adaptations à réaliser », confie le fondateur. Celui-ci vise aussi le marché américain, « qui connait actuellement une crise sanitaire liée à l’utilisation des opiacés dans le traitement de la douleur ». Sublimed se donne jusqu’en 2020 pour adapter son produit et passer les tests de la FDA (Food & Drug Administration). Et s’apprête pour cela à clôturer, d’ici la fin de l’année, une seconde levée de fonds de 3M€, après avoir mené une première ronde de 1,5M€ en juin 2016. En France, la start-up a déjà réalisé ses premières ventes auprès de plusieurs distributeurs de matériel médical, comme Hexa Plus Santé (250 magasins), et Harmonie Médical (80 magasins) et vise, à terme, plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.

Légende : Les douleurs chroniques touchent environ une personne sur cinq dans le monde, soit 1,5 milliards de personnes. (crédit Sublimed)

Les douleurs chroniques touchent environ une personne sur cinq dans le monde, soit 1,5 milliards de personnes selon par Nicolas Karst. Le dirigeant a fondé Sublimed en partenariat avec l’ancien directeur du centre anti douleur de Grenoble, le Dr Jean-Pierre Alibeu. — Photo : Sublimed

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