Grenoble

Textile

Les défis du nouveau siège de Paraboot

Par Marie Lyan, le 13 septembre 2017

Un seul site, pour plus de synergies. Les deux lignes de fabrication (Izeaux et Tullins) de Paraboot sont réunies sur le nouveau site de Saint-Jean de Moirans. Un investissement de 9 millions d'euros qui va de pair avec de fortes ambitions à l'export.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

11.000 m² pour fabriquer jusqu'à 200.000 paires de chaussures par an. Telle est la vocation de la nouvelle usine de production de Paraboot, détenue par le groupe familial Richard Pontvert SA. Le concepteur de bottines d'officier et de bottes, qui fête ses 110 ans l'an prochain, a piloté le déménagement de ses deux lignes de production basées à Tullins et Izeaux. «Il s'agissait d'un regroupement d'ateliers de cordonnerie, que le fondateur avait gardés car ils n'étaient distants que de 10 km. Mais il y avait aussi un gros travail de mises aux normes, car le site de Tullins avait près de 150 ans », explique Pierre Colin, directeur du marketing de la marque. Le projet a été pris en main il y a quelques années par Régis Feuillet dès son arrivée à la direction générale. « Saint-Jean de Moirans était à équidistance des deux sites, de manière à pouvoir conserver l'ensemble des salariés qui représentent notre force ». L'ancien site de Tullins a été revendu à la mairie, tandis que celui d'Izeaux est pour l'instant laissé en l'état, dans l'optique d'une future revente.

Pas d'arrêt de la production

« Nous avons déplacé en deux temps chaque chaîne de fabrication séparément, en vue de pouvoir continuer à produire », explique Pierre Colin. Les premiers équipements d'Izeaux ont été déménagés en décembre dernier, tandis que le site de Tullins a suivi en février-mars, si bien qu'en avril, tout était en état de fonctionnement. Mauvaise surprise du déménagement, la machine qui sert à malaxer le caoutchouc, datant de 1930, n'a pas pu être délogée... Le groupe étudie la possibilité d'en racheter un autre d'ici l'an prochain, pour un coût estimé à 200 000 euros. En passant de deux sites d'une surface totale de 16.000 m² à un seul, d'une taille inférieure (11.000 m²), Paraboot a dû réorganiser ses procédés pour gagner en efficacité. Le positionnement des machines a été étudié pour réduire le trajet parcouru par chaque paire de chaussures. Car l'objectif du Dg est de doubler la production actuelle de 120.000 paires. « Nous visons dans un premier temps pas plus de 3 à 5% de croissance, sinon, la main d'oeuvre ainsi que les matières premières auraient du mal à suivre », nuance M. Colin.

Stratégie internationale

Une chose est sûre : « Le fait d'avoir regroupé des machines et des personnes ressources, comme la maintenance, nous fait gagner en réactivité », estime Pierre Colin, sans pour autant avancer de chiffre. La marque compte sur cet investissement pour gagner en efficacité en vue de mener un autre combat : celui de l'export, où l'Isérois réalise 50% de ses ventes, contre 20% il y a 10 ans. Dans cet objectif, Paraboot se prépare à ouvrir une 4e boutique au Japon, qui viendra renforcer un réseau déjà composé de 31 boutiques en France, deux en Belgique et de 250 revendeurs. « Avoir nos propres boutiques est une manière de positionner la marque, de présenter une gamme complète et d'avoir de petits laboratoires», explique Pierre Colin (investissement : NC).

Si la France est déjà bien couverte, la marque surveille d'autres pays comme les Etats-Unis et le Japon. Il faut dire que la marque connaît depuis quatre, cinq ans un renouveau auprès des jeunes urbains et hipsters de plusieurs pays. « Certains points de vente sont même venus nous chercher pour la distribuer », s'étonne Pierre Colin. Un changement qui oblige l'Isérois à renouveler sa stratégie de communication, en ciblant par exemple des magazines urbains. Depuis 2 ans, Paraboot est présent sur les réseaux sociaux, et s'apprête même à recruter une personne dédiée dès la rentrée. Pour autant, la marque reste opposée à l'une des évolutions de son temps, la vente en ligne, qui entrerait en concurrence directe avec ses magasins. « Nous pensons que vendre des chaussures dont le prix moyen se situe entre 300 et 500 ? nécessite une notion de conseil et d'essayage », ajoute le responsable marketing. Pour autant, un système de « clic and collect » permettant à la clientèle de réserver et venir essayer des paires de chaussures en magasin sera lancé d'ici fin 2017. Une application mobile est aussi en projet pour début 2018 (montant : NC).

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