Grenoble

Plasturgie

Interview « II nous fallait des actionnaires robustes et experts pour développer Stiplastics »

Entretien avec Jérôme Empereur, PDG de Stiplastics

Propos recueillis par Marie Lyan - 02 février 2018

L'entreprise iséroise Stiplastics, spécialiste de l'injection plastique dans le domaine médical (connue pour son mouche-bébé ou ses piluliers), veut accélérer le rythme de ses croissances externes. Raison pour laquelle elle fait rentrer Mérieux Développement et le belge Gimv à son capital. Explications.

"Pour continuer à développer la société, il nous fallait des actionnaires plus robustes et experts de notre secteur d’activité" décrypte Jérôme Empereur, PDG de Stiplastics. — Photo : Stiplastics

Le Journal des Entreprises : Adossés au management, les fonds français Mérieux Développement et belge Gimv viennent d’annoncer le rachat de Stiplastics (90 salariés ; 21 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017). Ce changement de mains était-il prévu de longue date ?

Jérôme Empereur : La société a été cédée par son fondateur en 2013, et reprise par le fonds d’investissement Stage Capital associée au management. Souvent, ces opérations portent sur des cycles de 5 à 7 ans car ce sont des projets ambitieux à fort développement. Ce que nous avons fait, en passant de 12 à 21 millions d'euros de chiffres d’affaires en quatre ans et demi. Pour continuer à développer la société, il nous fallait des actionnaires plus robustes et experts de notre secteur d’activité.

Comment s’est déroulée la transaction ?

J.E. : Nous avons mandaté une banque d’affaires parisienne pour organiser un processus de cession structuré car vendre et acheter des sociétés n’est pas notre métier. Le tandem Mérieux/Gimv est apparu comme la meilleure offre sur le plan technique et financier. Le fonds belge Gimv, qui pèse 2 milliards d'euros, nous permettra, en association avec Mérieux (ainsi qu’avec 5 personnes issues du management, NDLR), de réaliser de grosses acquisitions. Ce sont aussi deux sociétés qui se projettent sur du long terme.

Quelles sont les prochaines étapes ?

J.E. : Je vais progressivement laisser la présidence du groupe à Lætitia le Gall, ma directrice adjointe, pour me concentrer sur la présidence de la holding que nous venons de créer et qui sera en charge des acquisitions et de la supervision des filiales. Le siège social des deux entités demeurera à Saint-Marcellin, tandis que les acquisitions pourront se faire en France ou en Europe. Le closing juridique aura lieu le 31 janvier, tandis que le changement de poste interviendra progressivement courant 2018.

Quels sont vos objectifs en matière de croissance externe ?

J.E. : Si l’on ne grossit pas plus vite, on pourrait se mettre en danger, car nous travaillons avec de grands groupes pharmaceutiques comme Novartis, Sanofi, GSK qui ont plusieurs fournisseurs et qui ont aujourd’hui tendance à regrouper leurs achats. Nous avons donc la volonté d’atteindre une taille critique de 100 millions d'euors de CA d’ici 5 ans, en réalisant une à deux acquisitions par année.

Stiplastics avait déjà beaucoup investi au cours des dernières années dans ses locaux : d’autres investissements sont-ils prévus sur ce volet ?

J.E. : Au total, nous avons investi environ 15 millions d'euros en cinq ans : une nouvelle usine de 10 000m2 (8,5M€) a été construite en trois tranches à Saint-Marcellin, et nous avons investi 1,5M€ en équipements et en machines chaque année. Nous continuerons à investir en moyens et en machines sur le même rythme, en plus d’entamer une croissance externe.

Propos recueillis par Marie Lyan

"Pour continuer à développer la société, il nous fallait des actionnaires plus robustes et experts de notre secteur d’activité" décrypte Jérôme Empereur, PDG de Stiplastics. — Photo : Stiplastics

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