Hypercroissance : Quel accélérateur choisir pour votre projet en Auvergne -Rhône-Alpes ?

Par Dossier réalisé par Audrey Henrion, Pierre Tiessen et Stéphanie Gallo, le 05 avril 2016

De nombreux dispositifs d’accélération sont nés récemment en Auvergne - Rhône-Alpes, portés notamment par la vague French Tech. Le Journal des Entreprises en a répertorié une quinzaine.Inventaire non exhaustif des dispositifs régionaux pour vous permettre d’identifier celui qui colle le plus à vos objectifs, à votre état d’esprit et à vos ambitions.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le doyen
Novacité est né en 1987 d’une volonté politique (Courly, département du Rhône, Ecully, Villeurbanne…) d’aider le développement local des entreprises innovantes. L’accompagnement Novacité représente un coût de 15.000 €/an par entreprise, financés par Lyon Métropole et la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. Les critères de sélection sont très stricts avec deux jurys différents qui passent au crible la solidité du projet. Un jury institutionnel avec pitch de 15 mn puis questions/réponses pendant 20 minutes. Passée cette étape, le(s) candidat(s) devront convaincre un jury de dirigeants, encore plus exigeants.

Le plus incarné
Boost-in-Lyon est portée par une vraie personnalité, Carole Granade, qui attire les porteurs de projets convaincus qu’"ensemble on va plus loin. " C’est le leitmotiv de cette diplômée de l’École polytechnique féminine et de HEC Entrepreneurs. Installée à Lyon depuis 2011, elle revient de quinze ans à San Francisco dont neuf comme directrice de la Chambre de commerce franco-américaine de San Francisco. C’est par l’accompagnement et le conseil de centaines de start-ups au cours de ces quinze années qu’elle a acquis une expertise en développement d’entreprises innovantes.


Le plus international
Avec une filiale à San Francisco et une autre à New York, des start-up accélérées à Genève, San Francisco ou encore en Russie, Business Design Innovation, accélérateur privé annécien, se veut très international. Sur les 70 start-ups accélérées, 25 seulement sont issues du tissu local. «Nos experts peuvent se déplacer dans l’entreprise mais beaucoup d’échanges se font via skype ou d’autres moyens numériques», explique son fondateur, Sylvain Montreuil.
Pas d’hébergement donc dans cette structure. «Les entreprises que nous accompagnons sont assez grandes pour se loger toutes seules… La plus grosse doit avoir une quarantaine de salariés ». « Nous accompagnons nos start-up sur deux axes: le marketing de l’offre car une techno seule ne suffit pas et la structuration du financement ».  Créé en 2011, BDI a déjà permis de lever près de 10M€. De nouvelles levées de fonds, importantes, sont en cours notamment pour la société CAST by Genii par exemple.  3 M€ ont également été levés en financement participatif. «Le crowdfunding permet de valider le marché et de convaincre les investisseurs finaux ». Le credo de BDI: « De l’idée au premier million de dollars de business ».

Le plus éthique
Depuis deux ans, Annecy accueille un nouvel accélérateur privé, Story Starter.  Piloté par Maxime Bourbon, il se veut exigeant sur l’éthique des entreprises qu’il accélère. «Nous avons une charte que les porteurs de projets doivent s’engager à respecter. Avec des principes tels que la prise en compte de l’intérêt du client, l’engagement dans le développement durable, la promesse de ne pas travailler sur des sujets touchant à la pornographie par exemple ou de veiller au respect de ses salariés et sous-traitants…», expose Maxime Bourbon.
Story Starter accompagne des start-up positionnées sur le digital, en early stage, dès l’idée: un an autour de la création, deux ans sur le développement. Six leviers d’accélération sont mis en œuvre: coworking, aide juridique et administrative, conseils stratégiques, département de test de marché, levées de fonds.


Le plus militant
Mathieu Genty, l’homme qui se cache derrière l’accélérateur grenoblois Le Phare, se pose dit-il en militant.
«Nous devons aider nos entreprises prometteusesdu territoire», insiste-t-il. «Voilà pourquoi nos services d’accélération sont entièrement gratuits; les coûts sont supportés par notre espace " co-work " auquel le Phare est adossé». Avec une trentaine de start-ups accélérées depuis 3 ans, la structure se cherche néanmoins un modèle économique stable. Ses fondateurs veulent créer un fonds d’investissement, «à taille humaine», précise Mathieu Genty, doté de 500k€ à 1M€, avec un système de prise de participation minoritaire.


Le dernier né
Il s’agit du Bivouac à Clermont-Ferrand, un accélérateur public/privé, fruit d’une association entre Clermont Communauté, la Région, Michelin, Caisse d’Épargne et de Prévoyance Auvergne et Limousin, La Montagne, Limagrain, Crédit Agricole Centre France, Orange, EDF, Engie et le Cluster Auvergne TIC. Lancé le 1er décembre dernier, il sera le fer de lance de la candidature imminente de Clermont-Ferrand au label French Tech.
Il envisage d’accélérer une quinzaine de start-ups cette année, centrées sur la prévention santé et le confort de vie, les systèmes agricoles durables, les espaces de vie durables, la traçabilité physique et numérique (confiance numérique), les systèmes intelligents et performants (usine du futur), la mobilité et la transition énergétique. «Notre atout majeur; l’implication de nos partenaires au quotidien dans l’accompagnement des start-ups (mise à disposition de jours d’expertise, mentoring, accès à leurs réseaux et à la connaissance de leur marché», affirme Benoît Membré, directeur du Bivouac.


Le plus design
Sauf surprise, c’est à Saint-Étienne que devrait voir le jour le prochain accélérateur d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Baptisé In3 (prononcez Incube, avec l’accent anglais), il s’agit néanmoins bel et bien d’un accélérateur. Dispositif qui avait été annoncé dans le cadre de la candidature French Tech.  Avec un lancement programmé pour mai/juin prochain, In3 est porté par Saint-Étienne Métropole et le cluster Numélink en partenariat avec la Caisse d’Épargne Loire Drôme Ardèche et le Crédit Agricole Loire Haute-Loire dont la participation n’est pas encore confirmée.
Pendant 9 mois, ce nouvel accélérateur proposera à des start-ups de moins d’un an, positionnées sur les acteurs du numérique, de la santé et du manufacturing, un mentoring par des industriels, un financement d’une partie de l’étude de faisabilité et du temps nécessaire à la réalisation d’un prototype. Spécificité stéphanoise liée au label Design Tech de la ville, l’attention sera portée également à un accompagnement par un designer. 

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises