Levée de fonds

Dimotrans : Le transporteur du Rhône veut prendre son envol

Par Gilles Cayuela, le 04 septembre 2015

Doublement du chiffre d'affaires, retour à une rentabilité comprise entre 3 et 5%... Telle est l'ambition du nouveau plan stratégique à cinq ans de Dimotrans. Explications.
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Après les années " Birdie ", marquées par une croissance fulgurante de son chiffre d'affaires (de 90 millions d'euros en 2010 à 215 millions d'euros en 2014), le transporteur et logisticien de Pusignan vient de lancer son nouveau plan stratégique 2015-2020 baptisé " Evolo ". L'objectif ? Prendre son envol pour atteindre 500 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020. « Ce n'est pas un chiffre pris au hasard ! On a travaillé avec un cabinet de conseil en stratégie qui a analysé notre situation et celle du marché. Les petites entreprises entre 5 et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires sont généralement des PME locales qui ont un avantage de proximité de service et une rentabilité élevée. Vous avez ensuite des entreprises entre 100 et 300 millions d'euros qui sont de grosses PME mais qui voient leur rentabilité baisser. Les très grandes entreprises, celles qui réalisent plus de 400 et 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, retrouvent un niveau de rentabilité beaucoup plus intéressant. En ce qui nous concerne, nous étions en tant que PME dans une rentabilité assez intéressante, on se retrouve aujourd'hui avec une rentabilité non satisfaisante de 2 % », explique Salvatore Alaimo, P-dg de Dimotrans.




30 millions d'euros pour des croissances externes à l'international

Pour atteindre cette taille critique et retrouver un niveau de rentabilité compris entre 3 et 5 %, le groupe de transport du Rhône entend poursuivre sa stratégie de croissances externes à l'international. « Sur le précédent plan, nous sommes passés de 0 à 10 implantations à l'international. Là, pour aller au bout du plan en termes de croissances externes, nous estimons nos besoins à 30 millions d'euros », précise Salvatore Alaimo. Après la Chine (5 bureaux), les Pays de l'Est (Pologne, Roumanie, Hongrie, Bulgarie et Kazakhstan), la Turquie, la Grèce et les États-Unis, Dimotrans pourrait prochainement finaliser une reprise au Maghreb. « Des cibles sont identifiées en Tunisie, au Maroc et en Algérie. On vise une PME qui réalise entre 20 et 30 millions d'euros de chiffre d'affaires », confie le P-dg. Parallèlement à ce dossier bien avancé, Dimotrans s'est mis en tête de poursuivre son développement sur la façade asiatique « en allant pourquoi pas vers le Vietnam, Taïwan, l'Indonésie et Singapour. On laisse l'autonomie à notre filiale chinoise et nos managers sur place pour proposer des cibles », précise Salvatore Alaimo. Conscient que la croissance interne de sa filiale DT America ne suffira pas à prendre de solides positions sur le marché américain, le P-dg a par ailleurs lancé une mission de recherche de cibles sur les États-Unis. Mission qui n'a pour l'instant pas encore abouti.




Vers une introduction en bourse Pour financer ces croissances externes et celles qui suivront, Salvatore Alaimo prévoit une introduction en bourse de Dimotrans sous 24 à 36 mois. « Je ne veux pas utiliser un effet de levier maximum par la dette pour financer ces différentes acquisitions. L'équilibre financier reste un objectif majeur. Après, cela peut passer par un mix d'introduction en bourse et la participation capitalistique d'un partenaire financier. Mais, il ne pourra de toute manière pas y avoir plus de 30 % de flottants », affirme le dirigeant. L'introduction en bourse devrait également permettre à Dimotrans de poursuivre son développement sur des marchés de niche. « Nous réalisons environ 60 % de notre chiffre d'affaires sur le transport généraliste. Mais en termes de rentabilité, on est sur des marchés très compressés. Les niches sont, elles, créatrices de valeur ajoutée plus intéressante parce que l'on y amène de la matière grise ». Dans cette optique, Dimotrans devrait poursuivre son développement dans l'aéronautique (5 % du CA) via des produits comme l'Aircraft On Ground (logistique d'urgence en aéronautique). Le logisticien entend aussi accélérer sa croissance sur les Projets Industriels (transport hors gabarit de type convois exceptionnels) et surtout développer l'e-commerce.

2 millions d'euros pour l'e-commerce

« En général, les e-commerçants sous-traitent le stockage de leurs marchandises à des prestataires spécialisés. Notre rôle à nous, c'est d'avoir la marchandise à disposition, recevoir les commandes clients, préparer les commandes et les expédier. Avec notre palette de services, on peut également s'occuper du transport amont (dédouanement, stockage, etc.) », explique Salavatore Alaimo qui projette de reprendre un transporteur et logisticien spécialisé sur ce marché. « La stratégie démarre, mais à cinq ans, l'e-commerce devrait représenter à minima une trentaine de millions d'euros de chiffre d'affaires », confie le dirigeant. Côté investissement, « entre les chaînes de préparations, les convoyeurs, les stockeurs, nous prévoyons une enveloppe d'environ 2 millions d'euros », conclut Salvatore Alaimo.

Gilles Cayuela

Dimotrans
(Pusignan) Dirigeant : Salvatore Alaimo CA 2014 : 215 millions d'euros 750 salariés www.dimotrans.com

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