Moselle

Chimie

TotalEnergies investit 11,7 millions d’euros en Moselle dans la production de polypropylène

Par Jean-François Michel, le 05 décembre 2022

Disposant déjà de deux lignes de production de polypropylène sur la plateforme de Carling, en Moselle, le groupe TotalEnergies veut répondre à la demande des constructeurs automobiles en investissant dans une nouvelle ligne hybride, capable d’intégrer des matières recyclées.

La nouvelle ligne de production de polypropylène recyclé de TotalEnergies en Moselle va venir s’intégrer à proximité des deux autres déjà en production, et doit démarrer au troisième trimestre 2024.
La nouvelle ligne de production de polypropylène recyclé de TotalEnergies en Moselle va venir s’intégrer à proximité des deux autres déjà en production, et doit démarrer au troisième trimestre 2024. — Photo : TotalEnergies

Au troisième trimestre 2024, le géant pétrolier français TotalEnergies (179 Md€ de CA en 2021, 13,5 Md€ de bénéfice net) va démarrer en Moselle, sur la plateforme chimique de Carling, une troisième ligne de production de polypropylène pour le marché de l’automobile. Un investissement de 11,7 millions d’euros, qui devra permettre d’ajouter 15 000 tonnes de capacité, en complément des 30 000 tonnes déjà produites sur deux lignes. "Il faut aller vite, parce que la demande des clients est là", assure Corinne Loigerot, directrice de la plateforme de Carling pour TotalEnergies, qui a déjà signé les bons de commande pour les nouveaux équipements. "Il faudra être en mesure de répondre en 2024."

Concrètement, les polymères produits se présentent sous la forme de petites billes avec lesquelles les clients de TotalEnergies fabriquent des pièces en plastique, appelée "compound", destinées à former des éléments de carrosserie comme des pare-chocs mais aussi des pièces pour l’intérieur des véhicules, comme le tableau de bord.

Des plastiques plus légers pour compenser le poids des batteries

"L’intérêt de ces pièces pour les constructeurs automobiles, c’est l’allègement qu’elles procurent", souligne Corinne Loigerot. Le développement des véhicules électriques, alourdis par leurs batteries, a renforcé l’intérêt des constructeurs pour ces "compounds", permettant d’imposer un régime minceur à certains composants du véhicule. Les demandes exprimées par les constructeurs automobiles d’avoir accès à des pièces fabriquées à partir de matières recyclées nous ont guidés dans cet investissement", souligne la directrice. Si les deux lignes actuelles fabriquent des polymères vierges, sans matière recyclée, la troisième ligne sera "hybride", c’est-à-dire capable d’intégrer jusqu’à 100 % de matières recyclées pour produire.

"La stratégie de TotalEnergies est de s’inscrire dans une économie circulaire", appuie Corinne Loigerot. "En 2030, à l’échelle du groupe, 30 % de nos polymères, soit un million de tonnes, seront produits soit à base de matière biosourcée, soit à base de produits recyclés." À Carling, les équipes de TotalEnergies se sont appuyées sur l’expérience d’une filiale du groupe, le normand Synova, racheté en 2019, qui produit déjà des matières pour l’industrie automobile totalement recyclées. La nouvelle ligne sera capable d’intégrer des plastiques "post-consommation", donc triés pour en refaire de la matière neuve, soit des "pièces issues des activités automobiles qui sont récupérées et que nous réintroduisons dans nos productions", souligne Corinne Loigerot.

Premier investissement depuis la transformation

Pour la directrice de la plateforme de Carling chez TotalEnergies, ce premier investissement lancé depuis la transformation du site "acte le fait que la transformation est réussie et que nous continuons à nous développer." En 2015, suite à l’arrêt du dernier vapocraqueur du site, le groupe TotalEnergies avait décidé de faire basculer la plateforme de Carling de la chimie de base vers la chimie à plus forte valeur ajoutée, en injectant un total de 180 millions d’euros jusqu’en 2017. "Les équipes ont réussi à démontrer qu’elles savaient s’adapter pour réussir cette transformation", se félicite Corinne Loigerot, qui emploie 380 personnes sur la plateforme de Carling et décidera au cours de la seconde partie de l’année 2023 du nombre de recrutements nécessaires pour accompagner l’arrivée de cette troisième ligne dédiée aux "compounds" automobiles.

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