Nancy

Santé

Sysark sécurise le prélèvement des doses du vaccin contre le Covid

Par Jean-François Michel, le 01 mars 2021

Spécialisée dans la médecine nucléaire, la start-up nancéienne Sysark a mis au point un dispositif permettant d'extraire précisément les doses du vaccin contre le Covid : une précision qui va permettre de " sécuriser " une sixième voire une septième dose.

Le dispositif Sysvax permet aux soignants de prélever précisément la quantité de vaccin nécessaire.
Le dispositif Sysvax permet aux soignants de prélever précisément la quantité de vaccin nécessaire. — Photo : Jean-François Michel

Appelé "Syvax", le dispositif permettant d’extraire précisément les doses du vaccin contre le Covid, se présente comme un support imprimé en 3D, permettant de caler les seringues utilisées dans les centres de vaccination contre le virus. " Il suffit de tirer le piston jusqu’à une butée pour extraire exactement les 0,3 ml nécessaires ", précise Guénolé Mathias-Laot, le président de la start-up nancéienne Sysark.

Une solution simple, limitant tout risque d’erreur et permettant surtout d’extraire à coup sûr six voire sept doses de vaccin dans les fioles de vaccin contre le Covid-19 produites par Pfizer-BioNtech : une fois décongelé, le vaccin est dilué dans 1,8 ml de solution injectable, donnant au final 2,25 ml dans une fiole. " Nos expérimentations montrent que Syvax permet d’extraire sept doses systématiquement ", précise Guénolé Mathias-Laot. " Mais notre premier objectif est de sécuriser la sixième dose ". Initialement, chaque flacon était prévu pour cinq doses, mais l’Agence européenne du médicament a admis en janvier que la sixième pouvait être extraite.

Prête à produire 1 000 Syvax par semaine

Pour l’instant, dans les centres de vaccination, les soignants prélèvent les 0,3 ml nécessaires en se fiant aux graduations de la seringue : " C’est une source d’erreur ", estime le dirigeant de Sysark, qui prépare avec le CHRU de Nancy une étude clinique pour prouver scientifiquement que les sept doses extraites avec Syvax sont rigoureusement identiques. " L’étude se déroulera courant mars ", précise Guénolé Mathias-Laot, qui assure que sa start-up est prête à produire " 1 000 Syvax par semaine ", quand il en faudrait seulement une centaine pour équiper tous les centres de vaccination de la Métropole du Grand Nancy. Si le dirigeant attend les résultats de l’étude clinique pour évoquer la question du tarif de Syvax, il assure que " le prix restera modique ", l’enjeu n’étant pas " de se faire de l’argent sur le dos du Covid ".

Employant aujourd’hui une dizaine de personnes, Sysark porte une innovation de rupture dans le monde de la médecine nucléaire : un robot de préparation de seringue contenant du produit radioactif. Après un premier tour de table bouclé au début de l’année 2020, pour un montant d’un million d’euros, dont la moitié en dette bancaire et l’autre moitié en capital investissement, l’équipe de Sysark prépare une étude clinique pour montrer que son robot diminue effectivement l’exposition des soignants aux produits radioactifs.

" Notre première idée était d’ailleurs de mettre notre robot au service des centres de vaccination ", dévoile Guénolé Mathias-Laot. Une idée trop complexe et beaucoup trop coûteuse, qui a débouché mi-février sur cette solution développée par le bureau d’études de la start-up, et qui pourrait être déployée très rapidement : " Nous maîtrisons parfaitement les techniques de l’impression 3D, certaines parties de notre robot utilisant cette technique ", détaille le dirigeant de Sysark.

Le dispositif Sysvax permet aux soignants de prélever précisément la quantité de vaccin nécessaire.
Le dispositif Sysvax permet aux soignants de prélever précisément la quantité de vaccin nécessaire. — Photo : Jean-François Michel

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