Moselle

Industrie

Semin mise sur une gamme d’enduits naturels pour réduire son empreinte environnementale

Par Jean-François Michel, le 18 juillet 2022

Le groupe mosellan Semin vient de mettre sur le marché une gamme d’enduits pour le bâtiment sans résine synthétique, un composé issu du pétrole dont l’équipe de R & D de l’industriel a réussi à se débarrasser au profit d’ingrédients naturels.

Après un exercice 2020 bouclé sur un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros, le groupe Semin a terminé 2021 en forte croissance, à 221 millions d’euros.
Après un exercice 2020 bouclé sur un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros, le groupe Semin a terminé 2021 en forte croissance, à 221 millions d’euros. — Photo : SEMIN

Il aura fallu trois ans de travail à l’équipe de R & D du fabricant d’enduits pour le bâtiment Semin, basé à Kédange-sur-Canner (Moselle), pour venir à bout d’un cahier de charges a priori simple : "Remplacer les résines synthétiques, issues du pétrole, présentes dans tous les enduits du marché, par des matières premières issues de végétaux", résume Caroline Semin, la directrice générale du groupe (850 salariés, 221 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021).

Baptisée "99", cette nouvelle gamme de produits est commercialisée depuis la mi-juillet par le groupe Semin. "Nous utilisions déjà certains ingrédients naturels pour nos enduits mais, avec cette nouvelle gamme, nous avons réalisé une grande avancée", estime la dirigeante. Amidon de pomme de terre, écorce de blé, maïs... plus de 99 % des produits qui entrent dans la composition des nouveaux enduits "sont des déchets alimentaires réutilisés et revalorisés", souligne Caroline Semin. Le pourcent restant étant de l’éther de cellulose, une matière transformée chimiquement.

Nouveaux produits biosourcés ou écosourcés

Chaque année, l’industriel mosellan investit entre 3 et 4 millions d’euros dans la recherche et le développement de nouveaux produits. Mi-2023, l’équipe de R & D de Semin emménagera dans un nouvel espace dédié au sein du siège social agrandi. Un chantier doté d'une enveloppe totale de 4 millions d’euros, qui devra permettre à la dizaine de collaborateurs R & D de répondre à la stratégie du groupe : "Notre ligne conductrice est claire, nos nouveaux produits doivent être soit biosourcés, soit écosourcés", précise Caroline Semin.

Pour la directrice générale, il ne s’agit pas de faire plaisir à la frange de sa clientèle la plus engagée dans la transition écologique : "Nous n'allons pas remplacer du jour au lendemain tous les volumes, c’est certain. Mais l’objectif fixé, c’est que ces nouveaux enduits représentent à horizon trois ans 20 % en chiffre d’affaires de ce qu’on fait aujourd’hui au global sur cette typologie d’enduits".

Une ambition forte, pour laquelle Semin va accompagner ses clients, distributeurs et négociants en matériaux : "Il y a un vrai travail d’accompagnement pour rassurer nos clients et leur montrer qu’avec ces enduits, on ne change pas les habitudes, qu’ils ne perdent pas de temps, ne perdent pas en confort. Par contre, ça leur permet d’agir pour accélérer la transition écologique de notre secteur d’activité", détaille Caroline Semin.

Réduire "l’impact transport" en produisant sur place

Positionnée à un prix supérieur d’environ 10 % par rapport à une gamme classique, la gamme 99 de Semin doit "démocratiser" ces nouveaux produits sur le marché. "L'objectif n'est pas seulement de faire de l’innovation en développant une gamme qui soit invendable", tranche la directrice générale. "Ces 10 % de surcoût sont aujourd’hui acceptables."

Le bilan carbone de Semin, en cours d'élaboration depuis quelques mois, devra permettre de comprendre comment agir pour réduire l’empreinte environnementale du groupe. Mais Caroline Semin sait par avance que le transport représente une large part des émissions de l’entreprise. Le groupe produit en effet sur trois sites en France et réalise 40 % de ses ventes à l’international. "Dans certains pays où nous exportons et où nous nous sommes bien développés, l'objectif est de monter des petites unités de production pour réduire l’impact transport", détaille la dirigeante. La Pologne sera le premier pays à bénéficier de cette stratégie : pour un investissement compris "entre 3 et 5 millions d’euros", le groupe Semin va lancer une usine, début 2024, pour répondre aux besoins du marché local.

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