Moselle

Logistique

Pour livrer les pièces du Grenadier Ineos, Seifert recrute 180 personnes

Par Lucas Valdenaire, le 05 mai 2022

Lauréat de l’appel d’offres lancé par Ineos pour la livraison des pièces du futur Grenadier à Hambach (Moselle), le logisticien Seifert Automotive Logistics France se lance dans une phase de recrutements sans précédent : 120 postes de caristes et d’opérateurs de manutention sont ouverts, en plus des 60 déjà pourvus.

Seifert Automotive Logistics France a décroché le marché de livraison des pièces du Grenadier Ineos à Hambach en juillet 2021.
Seifert Automotive Logistics France a décroché le marché de livraison des pièces du Grenadier Ineos à Hambach en juillet 2021. — Photo : Seifert Automotive Logistics France

C’est une énorme machine à recruter qui vient de se mettre en route sur le site de l’Europole 2 à Hambach (Moselle). La société Seifert Automotive Logistics France (CA 2021 : 12 M€, 100 salariés), spécialisée dans la logistique industrielle, le transport et le stockage de marchandises, est actuellement à la recherche de 120 caristes et opérateurs de manutention. En plus des 60 déjà recrutés sur les six derniers mois. Pour y parvenir, le logisticien compte sur sa propre agence d’intérim SPS (Seifert Personal Service) créée en 2018 avant d’être mise en sommeil pendant la crise sanitaire pour finalement retrouver un très haut niveau d’activité en ce début d’année 2022. "Je vous avoue qu’en ce moment, ce n’est vraiment pas simple de trouver des caristes dans la région, reconnaît le président Luc Wanner. Mais nous mettons les moyens, notamment au niveau des rémunérations, pour attirer le plus de monde possible." Ainsi, Seifert propose à ses nouveaux intérimaires un salaire de 1 500 euros net. "C’est quand même 200 euros au-dessus du SMIC et dans la fourchette haute de ce qui est actuellement proposé dans le secteur," tient à souligner le chef d’entreprise qui n’a pas oublié de faire appel aux services de Pôle Emploi et son dispositif d’Action de formation préalable au recrutement (AFPR). Ce dernier permet de financer la formation de demandeurs d’emploi sans qualification, un certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) à la clé en moins de quatre semaines. Dernier atout dans sa manche, Luc Wanner peut assurer à ses recrues une perspective de titularisation. "Après plusieurs mois et si tout se passe bien, l’intérim se transformera en CDI", assure-t-il.

Rude concurrence

Défi supplémentaire : le président mosellan souhaiterait boucler ces 180 recrutements avant le mois de juillet prochain. Pourquoi ? Car le constructeur automobile Ineos Automotive n'attend pas. Installé depuis 2020 à deux kilomètres de là, il prévoit de lancer sa production de 4x4 Grenadier en série dès cet été. Et pour acheminer les pièces nécessaires, la filiale de Jim Ratcliffe (patron d’Ineos) a finalement choisi Seifert, son voisin direct. "La nouvelle est tombée en juillet 2021, sourit Luc Wanner. Nous étions une dizaine à répondre à l’appel d’offres et la concurrence a été rude. Mais au final, ce qui a fait pencher la balance, c’est notre connaissance parfaite du site puisque nous sommes déjà mobilisés pour la fabrication de la Smart et ce, jusqu’en 2024. Et puis, nous disposons quand même d’un bâtiment flambant neuf de 42 000 m² situé juste à côté." Un chantier livré en deux phases (janvier 2020 et janvier 2021) pour un investissement total approchant les 30 millions d’euros. Des arguments de poids qui ont fini par convaincre le géant anglais à la fin d’intenses négociations. C’est donc officiel : Seifert Automotive Logistics France se voit confier la livraison des pièces du Grenadier en bord de chaîne. Près de 30 000 m² de l’usine Ineos lui sont d’ailleurs réservés pour y accueillir une centaine de recrues.

Un contrat salvateur

"Nous pouvons désormais entrevoir de belles perspectives de croissance", souffle Luc Wanner. Il faut dire qu’en trois ans, l’entreprise a enchaîné les coups durs : de la baisse de volumes liés à l’électrification de la Smart (passant de 500 à 150 véhicules par jour) en 2019 à la vente de l’usine voisine en 2020, le tout sur fond de crise sanitaire. "Nous sommes passés d’un extrême à l’autre, raconte le président. Et l’incertitude a duré près de six mois jusqu’en juillet 2021 et le résultat de l’appel d’offres". Le brouillard désormais dissipé, Seifert Automotive Logistics France peut maintenant tracer sa route. Le logisticien mosellan espère dépasser les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et même les 25 millions d’euros en 2023. Avec, là encore, de nouveaux recrutements à prévoir. "Comme Ineos souhaite passer sur deux postes dès le printemps prochain, il nous faudra partir à la recherche de 180 personnes supplémentaires", anticipe déjà Luc Wanner.

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