Moselle

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Interview « L'usine de panneaux photovoltaïques de REC va bouleverser notre paysage économique »

Entretien avec Roland Roth, président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences

Propos recueillis par Lucas Valdenaire - 11 décembre 2020

Ce 10 décembre, lors de la présentation officielle de son projet d’usine de panneaux photovoltaïques à Hambach, le groupe norvégien REC a annoncé qu’il trancherait mi-mars. Plus d’un milliard d’euros d’investissements et 2 500 créations d’emplois sont évoqués à l’horizon 2025. Une immense opportunité à ne surtout pas rater pour la Communauté d’agglomération Sarreguemines Confluences (CASC) et son président Roland Roth.

Roland Roth est président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences
« L’usine REC serait une excellente nouvelle pour la Moselle-Est et au-delà », lance Roland Roth, président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences (CASC). — Photo : Sébastien Herrmann

Que représenterait l’implantation de l'usine de panneaux photovoltaïques du norvégien REC à Hambach pour le territoire ?

Roland Roth : Si le projet se concrétise, REC doublera le nombre d’emplois sur la zone d’activité de l’Europole II. Nous en comptons près de 2 500 et le développement de l’usine nous permettra d’arriver à 5 000, dès 2025. Ce serait une excellente nouvelle pour le traitement du chômage ainsi que pour le rayonnement de la Moselle-Est et au-delà. Cette usine nous amènerait également de la diversité dans notre activité économique, chose que nous cherchions depuis longtemps, car aujourd’hui, l’économie du territoire repose à 70 % sur l’industrie automobile. Ce projet a de quoi bouleverser le paysage économique et amènera un dynamisme complémentaire. Nous en avons grandement besoin, surtout dans le climat actuel. C’est pour tout cela que nous suivrons avec attention le résultat de la concertation publique. Et cette décision finale de REC qui tombera à la mi-mars, nous l’attendons avec impatience. En attendant, nous sommes enclins à nous ranger du côté de l’investisseur pour l’accompagner dans la réalisation de ce projet. Un gros travail a déjà été réalisé à ce jour et nous sommes prêts à continuer en ce sens.

La Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences a-t-elle déjà investi de l’argent dans ce projet ?

Roland Roth : Oui, nous avons mené des opérations de terrassement sur la parcelle destinée à accueillir REC. Cela nous a coûté entre 6 et 7 millions d’euros. Pour le reste, tout est branché. Il ne nous reste que quelques travaux de voirie. Et nous nous engageons à les faire. Tout cela fait partie d’un programme d’aménagement classique de zone d’activité. Bien sûr, la parcelle en question peut aussi recevoir une autre unité de fabrication. Quoi qu’il en soit, c’est un investissement et nous comptons évidemment sur les futures retombées fiscales. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt d’accueillir une telle usine.

Vous en espérez combien ?

Roland Roth : Je n’ai pas le chiffre exact mais à titre de comparaison, l’unité de fabrication de la SMART située juste à côté rapporte 6 millions d’euros chaque année à la collectivité. Ce qui est une très belle recette pour nous.

Les habitants du territoire vont-ils être associés à ce projet d’usine REC ?

Roland Roth : Évidemment. D’abord, avec le lancement de la concertation publique qui démarre ce 14 décembre. La Communauté d’agglomération est convaincue qu’elle se passera bien malgré les difficultés liées aux conditions sanitaires. Il est important que la population prenne connaissance du projet et s’exprime sur le sujet. Ensuite, les habitants seront directement concernés par les recrutements annoncés. Nous pouvons nous prévaloir d’une population qui a un réel esprit d’industrie. Et ce n’est pas un détail : beaucoup sont bilingues car la frontière allemande n’est pas loin. C’est un avantage très intéressant. Enfin, nous avons près de 1 100 étudiants dans notre centre universitaire et nous pourrions, avec la Région Grand Est, leur proposer des apprentissages adaptés aux besoins du futur centre de Recherche et Développement. Ce dernier sera créé directement sur place.

Roland Roth est président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences
« L’usine REC serait une excellente nouvelle pour la Moselle-Est et au-delà », lance Roland Roth, président de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences (CASC). — Photo : Sébastien Herrmann

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