Meurthe-et-Moselle

Imprimerie

L'imprimerie Digit'Offset investit 5 millions d'euros pour gagner en productivité et souplesse

Par Lucas Valdenaire, le 28 décembre 2021

Malgré le contexte sanitaire et les difficultés du secteur liées à la montée en puissance du numérique, l’imprimerie lorraine Digit’Offset met cinq millions d’euros sur la table : trois dans un nouveau bâtiment près de Lesménils et deux dans de nouvelles machines dernier cri.

Alain Gravier (président) et son fils Simon Gravier (directeur général) ont investi leurs nouveaux locaux de Bouxières-sous-Froidmont début juillet 2021.
Alain Gravier (président) et son fils Simon Gravier (directeur général) ont investi leurs nouveaux locaux de Bouxières-sous-Froidmont début juillet 2021. — Photo : Thierry Colin

Cela fait six mois, quasiment jour pour jour, qu’Alain Gravier a déballé ses cartons. Le cofondateur et président de l’imprimerie Digit’Offset a quitté ses anciens locaux de Marly (Moselle) pour emménager le 1er juillet 2021 dans un bâtiment neuf de 3 000 m² à Bouxières-sous-Froidmont (Meurthe-et-Moselle), près de Lesménils entre Nancy et Metz. Coût du déménagement : 3 millions d’euros. "Nous avions deux structures à Marly, rappelle Alain Gravier. En termes d’organisation, ce n’était pas optimal. Nous avons donc décidé de repartir d’une feuille blanche pour construire un nouveau bâtiment conçu en fonction de nos besoins. Cela fait partie de notre plan de réorganisation lancé il y a deux ans." Une stratégie visant notamment à se rapprocher de sa deuxième entreprise rachetée en 2015 : Imprimerie Moderne, à Pont-à-Mousson.

Transmettre d’ici cinq ans

Il s’agit aussi de préparer la transmission des deux sociétés à son fils Simon Gravier, actuel directeur général. Celle-ci devrait intervenir dans les cinq ans avec, pourquoi pas, un ultime regroupement des deux établissements et de leurs 50 salariés : "Mon idée est de laisser à mon fils et à l’ensemble des équipes un outil optimisé et cohérent." C’est pourquoi le président a glissé dans ses cartons de déménagement de nouvelles machines, dont une presse offset dernier cri à 1,5 million d’euros. "Malgré la période Covid, nous n’avons jamais remis ces investissements en question. C’est quand ça va mal qu’il faut appuyer fort. L’objectif est d’être prêts quand ça repart."

Au total, Alain Gravier a investi près de 5 millions d’euros pour construire et équiper ses locaux de Bouxières-sous-Froidmont, soit la moitié de son chiffre d’affaires annuel. "Avec ce nouveau bâtiment, on se repositionne vers le sud de la Lorraine, confie le dirigeant. De quoi rayonner sur toute la région, des Vosges au Luxembourg." Sans oublier la région parisienne qui représente près de 40 % de l’activité de l’entreprise. "Nos nouveaux équipements nous permettent d’être plus rapides et plus souples, notamment sur les petites et moyennes séries pour nos clients franciliens".

Pénurie de papier

Le portefeuille clients de Digit’Offset s’étend de l’industriel à l’établissement bancaire en passant par les petits commerces, les PME, les hôpitaux et les agences de communication pour leurs livres, affiches et autres catalogues. La société lorraine, référencée comme imprimeur chez Saint-Gobain et à l’Université de Lorraine, veut aussi recruter deux à trois personnes supplémentaires en 2022. "Il ne suffit pas d’avoir les machines les plus performantes du monde si derrière, on n’a pas les hommes pour les faire tourner", souligne Alain Gravier.

Mais pour tourner, ces machines ont aussi besoin de papier. Une denrée qui se fait de plus en plus rare. "Nous passons un temps fou à trouver la matière première, confie le dirigeant. Depuis septembre, les prix ont flambé de 40 à 50 % et sur certains produits, ils ont doublé. Heureusement, nous avons anticipé et étoffé notre stock." Des précautions nécessaires pour ne pas entraver une croissance encore dynamique (+15 % en 2021). Et ce, malgré le contexte sanitaire et les difficultés structurelles du secteur liées à l’avènement du numérique. "Déménager une imprimerie et investir dans du matériel dernière génération en 2021, cela veut dire qu’on croit encore en notre métier, conclut le chef d’entreprise. J’en suis certain, dans 5 ou 10 ans, il restera toujours quelques imprimeurs. Notre objectif est d’en faire partie."

Alain Gravier (président) et son fils Simon Gravier (directeur général) ont investi leurs nouveaux locaux de Bouxières-sous-Froidmont début juillet 2021.
Alain Gravier (président) et son fils Simon Gravier (directeur général) ont investi leurs nouveaux locaux de Bouxières-sous-Froidmont début juillet 2021. — Photo : Thierry Colin

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