
C’est en pleine période de vendanges que le plus petit des vignobles français dévoile sa nouvelle marque collective pour exister sur la carte des vins de France. En effet, les trois appellations lorraines, à savoir l’AOC Côtes de Toul, l’IGP Côtés de Meuse et l’AOC Moselle, se sont mises d’accord pour développer leurs marchés autour de la bannière "Vins de Lorraine".
Entre Alsace, Bourgogne et Champagne, pas facile de porter de la voix individuellement quand la filière lorraine ne pèse, en cumulant les trois appellations, que 250 hectares cultivés et quelque 125 salariés. Une paille face aux plus de 15 000 hectares des voisins alsaciens par exemple. "Nous devons assumer de proposer un vin rare, de qualité, qu’il faut mériter", dévoile ainsi Norbert Molozay, président de l’AOC Moselle, et vigneron de métier.
Financées par le fonds européen "Leader" et accompagnées par l’association "Terroirs Grand Est", qui soutient les filières agricoles de la région dans la promotion de leurs produits, les trois appellations espèrent ainsi toucher une cible de professionnels qui sont "les premiers prescripteurs par la présentation et la dégustation", poursuit le président. La nouvelle marque se dévoile autour d’une identité graphique et d’une signature : "côtes à côtes", éléments pensés par l’agence nancéienne Billiotte & Co.
Une distribution majoritairement locale
Pour l’heure, plus de 70 % de la commercialisation des "vins de Lorraine" a lieu en local. L’idée est bien, d’une part, d’étendre le terrain de jeu des 50 viticulteurs engagés dans la démarche, en réalisant des opérations de promotion communes, mais aussi d’attirer de futurs exploitants sur le terroir lorrain. "En Côtes de Toul, l’appellation s’étend sur 600 hectares, dont 120 de plantés. On ne plantera pas 500 hectares avec 20 vignerons, on a de la place pour de nouveaux arrivants", plaide Stéphane Vosgien, président de l’AOC Côtes de Toul.
1,2 million de bouteilles sont écoulées chaque année, dont le prix oscille entre 8 et 12 €,
Pour l’heure, c’est environ 1,2 million de bouteilles qui sont écoulées chaque année, dont le prix oscille entre 8 et 12 €, soit un marché estimé autour de la dizaine de millions d’euros. Avec cette nouvelle marque commune, les viticulteurs lorrains n’ambitionnent pas de dénaturer ce qui fait leurs caractéristiques, mais bien de faire reconnaître le travail de la filière au niveau national dans un premier temps. Par ailleurs, un nouveau venu est à prévoir dans la galaxie des vins de Lorraine, avec un dépôt récent d’une demande d’IGP pour le vin mousseux lorrain (20 % de la production) sous l’appellation "IGP Lorraine".