Moselle

Automobile

Les sites mosellans de PSA accélèrent leur stratégie d'électrification des moteurs

Par Jonathan Nenich, le 30 juin 2020

En phase de transition énergétique pour l’ensemble de sa gamme de véhicules, le groupe PSA pourrait voir sa stratégie d’électrification de sa gamme encore accélérée par la crise sanitaire mondiale. Les sites mosellans du groupe, qui produisent des boîtes de vitesses et des moteurs électriques pourraient devenir des bastions stratégiques du constructeur.

Marc Bauden, directeur du pôle industriel de Trémery/Metz du groupe PSA ave Bruno Lemaire, ministre de l'Économie et des Finances.
Marc Bauden et le ministre de l'Économie et des Finances se réjouissent du fait que les sites mosellans soient en capacité de produire toutes les motorisations de la marque. — Photo : © Groupe PSA

Déjà amorcée avant la crise sanitaire, la transition énergétique voulue par le constructeur automobile PSA s’accélère. « Nous nous lançons corps et âme dans l’électrique. La crise sanitaire a été compensée par des aides des gouvernements pour influencer favorablement le marché des véhicules à faible empreinte CO2. L’électrique est plus que jamais un enjeu », affirme Marc Bauden, directeur du pôle industriel PSA Metz (qui fabrique des boîtes de vitesse) et Trémery (qui produit des moteurs).

Les usines mosellanes pourraient se trouver au cœur des enjeux. En 2019, le groupe a investi 10,5 millions d’euros dans une ligne de production de moteurs E-GMP (pour Groupe MotoPropulseur Électrifié) à Trémery, capable de produire 120 000 moteurs à l’année. L’enveloppe intégrait des travaux prévus en 2021 pour accélérer la ligne en l’allongeant de 50 % et passer le capacitaire de 120 000 à 180 000. C’est finalement plus tôt que la transformation va s’opérer.

De 120 000 à 900 000 moteurs électriques par an

« Nous augmentons nos capacités de production sur les lignes de moteurs électriques E-GMP. L’outil industriel est taillé pour 120 000 moteurs par an, nous allons le porter à 180 000 cette année. Et à 900 000 en 2022 », se réjouit Marc Bauden. L’activité de production du moteur électrique a déjà retrouvé son niveau d’avant crise, avec quatre équipes de 40 personnes qui se relaient et une cinquième qui viendra compléter les forces existantes dès le 6 juillet.

« Entre mi-mars et mi-mai, le marché automobile s’est effondré, avec 90 % de volumes en moins. Il n’est donc pas étonnant d’avoir une vague d’achat des consommateurs. »

Si les moteurs thermiques essence affichent une activité réduite par rapport aux prévisions d’avant crise, la production de moteurs diesel nouvelle génération reste soutenue : « Ils rejettent peu de CO2, ce qui les rend compatibles avec les nouvelles normes européennes », lance Marc Bauden. 47 millions de moteurs thermiques sont sortis de Trémery, faisant de cette motorisation l’activité principale du site.

Une activité en baisse de 30 %

À l’arrêt total entre le 17 mars et le 11 mai, à l’image des autres sites du groupe, les usines de Metz et de Trémery ont connu une situation inédite. « Dès le 18 mars nous avons élaboré des dizaines de scénarios de reprise avec des protocoles sanitaires élaborés », affirme le dirigeant. Une stratégie d’anticipation qui a permis aux deux sites de retrouver une vitesse de croisière raisonnable sitôt le déconfinement décrété. Dès la fin de la semaine du 11 mai, 900 personnes étaient déjà revenues, sur la base du volontariat. Puis le retour au travail s’est effectué progressivement (le constructeur en emploie 4 500 en temps normal). Les sites mosellans du constructeur ont aujourd’hui retrouvé 80 % de l’activité prévue dans le budget de début d’année et devraient atteindre 90 % en juillet. « Avant la crise, nous étions à 110 % », tient quand même à tempérer Marc Bauden.

Le dirigeant sait aussi que la filière automobile connaît un phénomène de rattrapage à l’échelle européenne : « Entre mi-mars et mi-mai, le marché automobile s’est effondré, avec 90 % de volumes en moins. Il n’est donc pas étonnant d’avoir une vague d’achats des consommateurs. Mais il faut être prudent car les ventes en septembre sont impossibles à prédire. »

Des polémiques balayées

Ces derniers jours, le groupe a connu une polémique avec l’emploi d’ouvriers polonais dans ses usines françaises, à la place d’intérimaires nationaux. Sur le site de Metz, ils sont d’ailleurs 50 ouvriers arrivés d’une usine polonaise à produire des boîtes de vitesses. « Pour nos deux usines mosellanes, ce n’est pas un sujet. Tout le monde voit ces employés comme des aides qui ont permis de maintenir un niveau de production soutenu. Nous avons aussi récupéré 20 employés de Mulhouse, et 10 d’Hordain (près de Valenciennes). Nous raisonnons en bon père de famille et non par nationalité des employés. Nous avons récupéré des employés d’usines en situation de sous-activité pour les mettre au service de celles en suractivité. À Metz, nous produisons les boîtes de vitesses de type ML. Notre client principal est une usine italienne qui est sortie du confinement avant nous. Il y a donc une forte demande depuis plusieurs semaines », justifie Marc Bauden. D’ailleurs, les sites mosellans seraient sur le point d’acquérir 90 intérimaires pour maintenir le cap de production.

Quant à la fusion entre PSA et le groupe Fiat-Chrysler, Marc Bauden a repris les paroles prodiguées par son président Carlos Tavares du 25 juin lors de l’assemblée générale des actionnaires de PSA : « La fusion avance, conformément aux plans. Cette crise a mis en exergue la nécessité de travailler ensemble », indique-t-il sobrement.

Marc Bauden, directeur du pôle industriel de Trémery/Metz du groupe PSA ave Bruno Lemaire, ministre de l'Économie et des Finances.
Marc Bauden et le ministre de l'Économie et des Finances se réjouissent du fait que les sites mosellans soient en capacité de produire toutes les motorisations de la marque. — Photo : © Groupe PSA

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