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Textile

L'entreprise textile Inrest Fiber placée en redressement judiciaire

Par Lucas Valdenaire, le 23 juillet 2021

Faisant face à des difficultés financières récurrentes, le fabricant de fibres textiles Inrest Fiber de Saulxures-sur-Moselotte (Vosges) a été placé en redressement judiciaire. Les 32 salariés de l’usine ont déjà connu deux rachats et deux liquidations judiciaires en moins de huit ans.

L’usine Inrest Fiber (ex-Carora Fibres), qui recycle le plastique en fibres de polyester à destination des fabricants de couettes et d’oreillers dans les Vosges, compte aujourd’hui 32 salariés.
L’usine Inrest Fiber (ex-Carora Fibres), qui recycle le plastique en fibres de polyester à destination des fabricants de couettes et d’oreillers dans les Vosges, compte aujourd’hui 32 salariés. — Photo : Capture d'écran Google Maps

Quinze mois après son rachat, l’entreprise textile Inrest Fiber, installée à Saulxures-sur-Moselotte (Vosges), se retrouve placée en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois. Le tribunal de commerce d’Épinal a rendu sa décision le vendredi 23 juillet et a nommé un administrateur judiciaire : le cabinet nancéien KSG.

Une énième épreuve judiciaire pour les 32 salariés de l’usine de la Médelle qui recyclent le plastique en fibres de polyester à destination des fabricants de couettes et d’oreillers. Ils ont connu deux rachats et deux liquidations judiciaires en moins de huit ans : Fibers en mars 2015 et Carora Fibres en mars 2020. Depuis, c’est le Yéménite Khaled Alqadmi qui tient les rênes de la nouvelle entreprise Inrest Fibers. Problème : le propriétaire réside au Maroc et n’a jamais pu se rendre dans les Vosges. "Depuis qu’il a racheté l’entreprise, l’ambassade française à Rabat refuse de lui octroyer un visa en raison de la crise sanitaire", explique le responsable administratif et financier de la société, Fares Ben Mlik.

Une production à l’arrêt

Surtout, les employés dénoncent depuis plusieurs années de mauvaises conditions de travail et des retards de salaires. C’était notamment le cas en mai. "Il a finalement été versé, assure Fares Ben Mlik. Et celui de juin l’a été dans les temps."

Enfin, depuis la mi-mai, la production est à l’arrêt et les salariés ne peuvent plus travailler sur ordre de la Direction régionale des entreprises (Direccte). Cette dernière a demandé à l’entreprise d’engager au plus vite des travaux de mise en conformité du réseau électrique. Selon le responsable administratif et financier, le chantier réclamé est bientôt terminé et la production devrait pouvoir reprendre après les congés, le 23 août.

"Ce qui est gênant, c’est ce passage à vide, confie-t-il. Aujourd’hui, les salariés doutent et c’est notre devoir de les rassurer. Après, cela dépend de leur état d’esprit pour continuer à produire. Cela dépend aussi de la volonté du propriétaire à injecter de l’argent. Car nous avons besoin de fonds pour repartir correctement."

Une productivité en progression

À ce sujet, l’investisseur yéménite se montre encore très discret. "Ce qu’il veut avant tout, c’est venir sur place pour constater la situation de ses propres yeux, rapporte Fares Ben Mlik. Mais après tout ce qu’il a investi dans l’entreprise, je ne pense pas qu’il la laissera tomber."

Même s’il n’avance pas de chiffres, le cadre d’Inrest Fiber tient à rappeler que le propriétaire a déjà abondé le compte de l’entreprise mais aussi investi dans des pièces de rechange et du nouveau matériel : "Quand il a racheté la société, nous ne tournions qu’avec quatre têtes de production. Aujourd’hui, nous en sommes à huit sur les seize que compte le site. Notre niveau de productivité a progressé". Suffisant pour éviter la liquidation ? Une audience intermédiaire est prévue au tribunal de commerce d’Épinal le 14 septembre.

L’usine Inrest Fiber (ex-Carora Fibres), qui recycle le plastique en fibres de polyester à destination des fabricants de couettes et d’oreillers dans les Vosges, compte aujourd’hui 32 salariés.
L’usine Inrest Fiber (ex-Carora Fibres), qui recycle le plastique en fibres de polyester à destination des fabricants de couettes et d’oreillers dans les Vosges, compte aujourd’hui 32 salariés. — Photo : Capture d'écran Google Maps

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