Moselle

Agroalimentaire

Le limonadier mosellan Lorina en quête de nouvelles bulles de croissance

Par Lucas Valdenaire, le 01 juillet 2021

S’affirmant comme étant la marque numéro un des limonades en France, l’entreprise mosellane Lorina multiplie les projets pour renforcer sa croissance à deux chiffres. Nouveaux formats, nouveaux produits et nouvelles distributions : la PME lorraine voit de plus en plus grand.

Christine Gibert, directrice générale de Lorina, travaille à la production de bouteilles en plastique 100% recyclé d'ici à 2025.
Christine Gibert, directrice générale de Lorina, travaille à la production de bouteilles en plastique 100% recyclé d'ici à 2025. — Photo : Lorina

Les contenants diffèrent mais les bulles restent. Le producteur de limonade Lorina basé à Munster en Moselle (CA non communiqué ; 100 salariés), vient d’entamer sa petite révolution du packaging. En effet, celui qui vend chaque année des millions de bouteilles en verre, le plus souvent familiales, est en train de prendre le virage de la consommation "on the go", autrement dit l’achat sur le pouce qui se joue généralement pendant les déplacements. Comprenez les petits formats présents dans les distributeurs automatiques, les boulangeries ou encore les stations essences. "Nous considérons que cette consommation nomade est un énorme vecteur de développement pour notre marque, assure la directrice générale de Lorina Christine Gibert. Et nous avons décidé de lancer nos limonades sur ce marché. Nous sommes les premiers à le faire."

Une croissance à deux chiffres

C’est pourquoi, depuis le début d’année 2021, de nouvelles canettes en aluminium et des packs de six petites bouteilles en verre commencent à sortir des lignes mosellanes. "Ce sont de nouveaux contenants plus légers à transporter, poursuit la gérante lorraine. Ils sont adaptés à d’autres occasions d’achat et donc à de nouveaux clients. C’est la raison d’être de ces nouveaux packagings. Nous démultiplions les petits formats pour atteindre de nouveaux consommateurs."

Deuxième axe de développement : la restauration hors foyer. Une autre révolution pour cette entreprise qui passe avant tout par les géants de la grande distribution comme Franprix, Carrefour, Métro ou encore Auchan. "Jusqu’alors, nous n’étions pas très présents sur les tables des cafés et des restaurants, reconnaît Christine Gibert. Maintenant que les réouvertures d’établissements sont enclenchées, nous y travaillons activement. Nous commençons à passer des accords avec des distributeurs et nous avons bon espoir de renforcer cette stratégie dès l’an prochain."

"Le mois dernier, nous étions à 42 % de part de marché. En fait, nous n’avons jamais vendu autant de bouteilles en France."

Sans oublier ce qui fournit à la PME lorraine toute son énergie : l’innovation. D’ailleurs, de nouvelles gammes de produits sont annoncées. "Auparavant, nous surfions plutôt sur des parfums Mojito, thé ou encore citron-menthe, détaille la directrice générale. Aujourd’hui, nous pouvons proposer un tonic à la gentiane avec peu de sucre. Même chose avec un cola sans additif chimique et coloré au coquelicot. Nous amenons une autre proposition de valeur sur des sodas artisanaux pour nous différencier des grandes marques traditionnelles avec des ingrédients naturels voire bio."

Autant de leviers à activer pour soutenir une croissance à deux chiffres qui se confirme, année après année. Fondée en 1895 par la famille Geyer, la fabrique dispose encore aujourd’hui d’un certificat d’artisan limonadier. Présentée par Christine Gibert comme un "fleuron du patrimoine gustatif français", Lorina a été rachetée en 1997 par l’actuel président de la société française organisatrice de courses de Trot, Jean-Pierre Barjon, avant de tomber à l’été 2018 dans le panier du groupe danois Royal Unibrew et son milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. "Suite à ce rachat, nous avons pu préserver notre empreinte industrielle et recréer une solide équipe commerciale qui visite 7 000 points de ventes au quotidien dans toute la France (le siège historique et industriel de l’entreprise est à Munster en Moselle mais le siège administratif, financier et commercial est à Paris Montparnasse, NDLR). Nous avons également relancé la communication autour de la marque. D’ailleurs, une nouvelle campagne de publicité arrivera prochainement à la télévision."

Un nouvel entrepôt

De quoi poursuivre en 2021, la très bonne tendance de 2020 : "Nous avons bien traversé la crise et nous allons faire une très belle année 2021, se réjouit la dirigeante lorraine. Le mois dernier, nous étions à 42 % de part de marché. En fait, nous n’avons jamais vendu autant de bouteilles en France." Et la dynamique lorraine ne se limite pas à l’Hexagone puisque les ventes s’accélèrent aussi à l’export, notamment aux États-Unis et en Asie. Pour encaisser cette volumétrie supplémentaire, le site de Munster s’est doté, début 2021, d’un nouvel entrepôt. Prochain grand chantier : celui de l’écoresponsabilité. En effet, Lorina espère produire des bouteilles en plastique 100 % recyclé d’ici 2025 dans l’ensemble de ses formats PET. Les phases de test sont lancées pour diminuer les consommations d’énergie, réduire les emballages, améliorer le traitement des déchets et l’évacuation des eaux. "C’est devenu notre priorité, prévient Christine Gibert. En plus de la démultiplication des lignes, nous voulons mettre un coup d’accélérateur dans notre agenda RSE et rendre le site de Munster le plus vertueux possible."

Christine Gibert, directrice générale de Lorina, travaille à la production de bouteilles en plastique 100% recyclé d'ici à 2025.
Christine Gibert, directrice générale de Lorina, travaille à la production de bouteilles en plastique 100% recyclé d'ici à 2025. — Photo : Lorina

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