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Le fabricant de vélos électriques Moustache Bikes va changer de braquet

Par Jean-François Michel, le 06 mars 2019

Le fabricant de vélos électriques Moustache Bikes va s'appuyer sur la société de capital-investissement LBO France pour poursuivre sa trajectoire de croissance. L'objectif est affiché : vendre 100 000 vélos par an en 2022.

Depuis 2013, Moustache Bikes a multiplié son chiffre d’affaires par 10, pour atteindre plus de 50 millions d'euros en 2018.
Depuis 2013, Moustache Bikes a multiplié son chiffre d’affaires par dix, pour le porter à plus de 50 millions d'euros en 2018. — Photo : © Moustache Bikes

« Les objectifs ont été atteints plus tôt que prévu. Maintenant, l’enjeu est de pouvoir continuer à se développer, notamment à l’international. » Les objectifs évoqués par Grégory Sand, cofondateur et directeur général de Moustache Bikes, société qui conçoit, assemble et distribue des vélos à assistance électrique, sont ceux fixés en 2015, lors de l’entrée au capital de l’entreprise vosgienne du fonds d’investissement Initiative & Finance.

70 % de croissance annuelle

Avec près de 30 000 vélos vendus l’année dernière à travers un réseau de 530 revendeurs, répartis dans 18 pays, Moustache Bikes revendique une place de leader français sur le « segment premium » du vélo électrique en France : « Si on lisse nos chiffres sur les sept années d’existence de l’entreprise, nous sommes à 70 % de croissance par an », détaille Grégory Sand. Rien ne semble pouvoir arrêter la société Moustache Bike : avec près de 90 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 50 millions d’euros, la société vosgienne, créée en 2011, réalise près de 45 % de son activité à l’export.

« Nous avons été particulièrement satisfaits d’avoir pu accompagner les dirigeants fondateurs de Moustache Bikes dans cette phase de développement et de structuration qui a vu l’entreprise quadrupler son chiffre d’affaires en moins de quatre ans », a déclaré Matthieu Douchet, directeur associé chez Initiative & Finance, actionnaire jusqu'alors à 55% et qui a aujourd’hui cédé ses parts.

Les marchés européens décollent

La suite va s’écrire avec un nouveau fonds, LBO France. « Nous avons pris huit mois pour étudier les différentes propositions », détaille Grégory Sand  « Nous n'avons pas fait un choix personnel mais purement professionnel, dans l’intérêt de l’entreprise. » LBO France prend une participation à hauteur de 60 % dans Moustache Bikes, le reste du capital étant détenu par les fondateurs de la société, Grégory Sand et Emmanuel Antonot. Avec 4 milliards d’euros de capitaux sous gestion, LBO France est outillé pour emmener Moustache Bikes vers de nouveaux sommets : 100 000 vélos commercialisés par an, à horizon 2022-2023.

« Certains marchés sont plus mûrs que d’autres, comme l’Allemagne, mais au final, tous suivent la même courbe ascendante. »

« Dès 2019, nous serons à 40 000 vélos vendus, pour un chiffre d’affaires qui devrait atteindre les 70 millions d’euros », révèle Grégory Sand. « Si le vélo électrique représente actuellement 11 % des vélos vendus en France, il tend à s’imposer comme un nouveau moyen de transport urbain, ainsi qu’un nouveau loisir porteur », estime Vincent Briançon, associé Mid Cap chez LBO France.

Tous les pays européens connaissent actuellement un décollage des ventes des vélos à assistance électrique : « Certains marchés sont plus mûrs que d’autres, comme l’Allemagne, qui doit avoir entre quatre et cinq ans d’avance sur la France. A contrario, le Royaume-Uni, par exemple, a quatre ou cinq ans de retard sur la France. Au final, on constate que tous les marchés suivent la même courbe ascendante, mais avec des décalages de phase », détaille Grégory Sand.

Le choix du premium

Si la France pèse toujours un peu plus de 50 % de l’activité de Moustache Bikes, Grégory Sand se refuse de fixer des objectifs pour l’international : « On avance, en fonction de la stratégie globale de l’entreprise. On pose des jalons en Allemagne, en Suisse, au Royaume Uni... ». Partout, Moustache Bikes pousse ses pions sans renoncer à son ADN. « Nous sommes un pure player de l’électrique et nous ne savons pas faire de compromis sur la qualité. » Comprendre : pas question d’attaquer les segments d’entrée ou de moyenne gamme, d’autant que, d’après Grégory Sand, le marché du vélo électrique a une tendance naturelle à se « premiumiser ».

« Les gens qui font une première acquisition sur l’entrée de gamme changent leurs habitudes et utilisent beaucoup leur vélo, en laissant par exemple leur deuxième voiture au garage. Ensuite, ils ne viennent pas chez nous par hasard : ils recherchent un produit de qualité qui pourra répondre à leurs nouveaux besoins en mobilité. » Les vélos Moustache démarrent à 2 200 € pour aller jusqu’à plus de 8 000 € l’unité, avec une gamme qui couvre les besoins « en mobilité, en loisirs et bientôt en utilitaire, notamment pour les familles », souligne Grégory Sand, qui évoque l’arrivée pour la « saison  2020 » d’un vélo Moustache sur le segment des « vélos cargos », ces vélos capables d’emporter deux enfants et un panier de courses.

Auparavant coincée dans un bâtiment de 3 500 m2 peu adapté, Moustache Bikes vient de s’installer dans la zone Inova 3000, à Thaon-les-Vosges, dans un bâtiment de 10 000 m2, dont elle occupe 6 500 m2. Un déménagement à « plusieurs millions d’euros », qui permettra d’accompagner la croissance de l’entreprise.

Depuis 2013, Moustache Bikes a multiplié son chiffre d’affaires par 10, pour atteindre plus de 50 millions d'euros en 2018.
Depuis 2013, Moustache Bikes a multiplié son chiffre d’affaires par dix, pour le porter à plus de 50 millions d'euros en 2018. — Photo : © Moustache Bikes