Grand Est

Ressources humaines

L'Apec confirme les difficultés de recrutements de cadres dans le Grand Est

Par Lucas Valdenaire, le 17 décembre 2021

Agents immobiliers, chefs de chantier, cadres techniques de la maintenance, ingénieurs informatiques : les offres d’emploi cadre dans le Grand Est se multiplient sans pour autant trouver preneur. L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) le détaille dans sa dernière publication.

Jacques Triponel est délégué de l’Apec dans le Grand Est. Une région qui compte 245 000 cadres et qui affiche un taux d’encadrement de 18 %, selon les chiffres 2018 de l’Insee.
Jacques Triponel est délégué de l’Apec dans le Grand Est. Une région qui compte 245 000 cadres et qui affiche un taux d’encadrement de 18 %, selon les chiffres 2018 de l’Insee. — Photo : Archive JDE - Adelise Foucault

D’après une étude rendue publique le 15 décembre, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) confirme que les entreprises du Grand Est "connaissent de fortes tensions" liées aux recrutements et ce, dans un contexte de reprise significative de l’activité régionale. Selon l’Apec, le volume des offres d’emploi cadre progresse à un rythme proche de celui observé à l’échelle nationale : +53 % entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021.

“Pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, le volume trimestriel des offres d’emploi cadre a dépassé celui de 2019, année record pour les recrutements", calcule son délégué régional dans le Grand Est Jacques Triponel. Ainsi, sur le seul mois d’octobre 2021, les offres dépassent de 37 % le niveau d’octobre 2019. "Ce rebond concerne l’ensemble des secteurs avec des activités comme l’ingénierie et le commerce de gros particulièrement en verve, poursuit l’association dans son étude.

Aires urbaines et bassins ruraux

Toutefois, certains secteurs, notamment l’industrie et la construction, n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’offres d’avant-crise. Côté profils recherchés, les recruteurs régionaux privilégient les métiers du développement informatique, de la représentation commerciale et promotion des ventes ou encore de l’ingénierie d’affaires". Problème : cette dynamique risque d’amplifier les difficultés de recrutement déjà à l’œuvre et ce, "sur un marché de l’emploi cadre du Grand Est qui n’a jamais cessé d’être en tension", rappelle Jacques Triponel. Les grandes aires urbaines de la région n’y échappent pas, notamment dans les métiers "à forte expertise technique et plus particulièrement dans le champ de l’ingénierie et de l’industrie", précise l’Apec. Des aires urbaines qui subissent de plein fouet l’attractivité des pays limitrophes : "Si cette situation génère de nombreux échanges transfrontaliers et peut constituer un atout pour dynamiser les exportations et séduire des investisseurs étrangers, elle est également source de concurrence entre les entreprises régionales et leurs consœurs étrangères pour attirer et/ou fidéliser leurs compétences cadres." Avec des rémunérations beaucoup plus intéressantes au Luxembourg ou en Suisse, "certains acteurs économiques régionaux n’ont pas la surface financière suffisante pour rivaliser avec les salaires proposés dans le Grand-Duché ou dans les cantons helvètes."

Des recrutements "mal maîtrisés"

Selon une enquête Pôle Emploi publiée en 2021, les agents immobiliers, les ingénieurs du BTP chefs de chantier et conducteurs de travaux, les cadres techniques de la maintenance et de l’environnement ou encore les ingénieurs informatiques font partie des métiers cadres les plus en tensions dans le Grand Est. Les petites entreprises basées dans des bassins ruraux connaissent, elles aussi, des difficultés de recrutement "exacerbées par l’enclavement de leur territoire ou encore un sous-équipement en matière commerciale, médicale, scolaire et culturelle."

Sans compter les processus de recrutement "mal maîtrisés par certaines entreprises", déplore l’Apec : "Elles méconnaissent les canaux de sourcing qu’elles pourraient activer pour trouver des candidatures. Les offres d’emploi qu’elles déposent sur les sites spécialisés manquent de précision, avec souvent un profil de poste et des compétences recherchées qui ne font pas sens. Les candidats ont ainsi du mal à se projeter avec des offres qui ne contextualisent pas le besoin de l’entreprise ou qui ne précisent pas s’il s’agit d’une création de poste ou d’un remplacement, ce qui peut constituer une grande différence pour le cadre candidat. Enfin, bon nombre d’entreprises recruteuses n’ont pas suffisamment structuré leur mode opératoire : les critères de sélection sont flous, le nombre d’entretiens n’a pas été clairement défini. Il en est de même pour les acteurs impliqués dans le processus de décision ou encore les délais de réponse pour l’attribution du poste. Cette somme d’imprécisions peut s’avérer rédhibitoire lors de la finalisation d’un recrutement."

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