Moselle

Santé

Interview Laboratoires Lehning : « Nous sommes peu impactés par le débat sur l'homéopathie »

Entretien avec Stéphane Lehning, directeur des laboratoires Lehning

Propos recueillis par Jonathan Nenich - 17 septembre 2018

Stéphane Lehning, directeur des laboratoires mosellans Lehning (55 M€ de CA 2017, 320 salariés), revient sur le débat autour de l’efficacité et du remboursement de l’homéopathie ainsi que sur la diversification de l'entreprise vers les compléments alimentaires.

Stéphane Lehning, directeur des laboratoires Lehning, relativise l'impact des débats autour de l'homéopathie sur son activité.
Stéphane Lehning, directeur des laboratoires Lehning, relativise l'impact des débats autour de l'homéopathie sur son activité. — Photo : Jonathan Nenich

Le Journal des Entreprises : L’homéopathie fait l'objet de débats dans la communauté scientifique et au gouvernement, notamment quant à son efficacité et à son remboursement. A quel point cela affecte-t-il votre activité ?

Stéphane Lehning : Il existe plusieurs dimensions d’homéopathie. Celle à très haute dilution, découverte par Samuel Hahnemann, pour laquelle il existe effectivement des difficultés à expliquer le lien entre la guérison et les principes actifs. Et les moyennes et basses dilutions.

Mon grand-père, René Lehning, a développé ses formules sur la base des basses dilutions. Les principes actifs sont en dose pondérale. Si vous mettez le nez au-dessus de nos produits, vous pouvez sentir la force des principes actifs. Le débat porté sur l’homéopathie concerne celle de haute dilution, ce qui inquiète plutôt les Laboratoires Boiron. Nous sommes peu impactés. Nous travaillons aussi sur de l’homéopathie à haute dilution avec la filiale parisienne Rocal, mais elle représente moins de 10 % de notre chiffre d’affaires et 50 % de l’activité de Rocal n’est déjà pas remboursée.

Vous avez diversifié votre activité et vous êtes installé au Brésil. Quelle est votre stratégie internationale ?

S. L. : Le développement international est primordial et de nouveaux marchés, comme l'Amérique du Nord et du Sud, ont des croissances très importantes dans notre domaine. Nous voulons en profiter et il faut s’y prendre de suite : pour obtenir une autorisation de mise sur le marché en médicaments, il faut compter entre cinq et sept ans. Et pour un complément alimentaire, entre six et 18 mois.

Notre filiale au Brésil nous permet de rayonner sur le continent et de bénéficier des qualités des végétaux amazoniens. Nous cherchons aussi à faire de la croissance externe, en rachetant de nouvelles entreprises, afin d’être présents en Europe et en Afrique du Nord. Notre but est de poursuivre notre industrialisation et développer le complément alimentaire pour être actif sur d’autres types de marchés. Cela nécessite des outils de production flexibles, car les process sont complexes.

La nouvelle extension de vos bâtiments sur le site de Sainte-Barbe (Moselle) rentre-t-elle aussi dans cette stratégie de diversification ?

S. L. : Ce nouveau bâtiment doit nous permettre de renforcer notre savoir-faire historique : fabriquer du médicament en quantités importantes, en respectant les normes pharmaceutiques draconiennes, et pouvoir actionner d’autres statuts de médicaments, autour des compléments alimentaires labellisés agriculture biologique.

Ce bâtiment, dont la construction a débuté en 2015, est le résultat d’un investissement de 8,2 millions d’euros pour améliorer les unités de production des Laboratoires Lehning : les moderniser et ajouter 2 800 m2 pour augmenter nos capacités de stockage, regrouper des activités, rationaliser les flux. Nous l’avons aussi équipé à hauteur de 2,6 millions d’euros, avec l’achat d’un nouveau broyeur de plantes, de machines de conditionnement et d’une machine de fabrication de comprimés.

Stéphane Lehning, directeur des laboratoires Lehning, relativise l'impact des débats autour de l'homéopathie sur son activité.
Stéphane Lehning, directeur des laboratoires Lehning, relativise l'impact des débats autour de l'homéopathie sur son activité. — Photo : Jonathan Nenich

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