Transmission

Tribune  La valeur future de votre entreprise se construit aujourd'hui

Par Jean-Maurice Nesme, directeur associé chez Exco Nexiom, le 09 mai 2022

Vous n’êtes pas pressé(e) de vendre votre PME mais vous devrez l’envisager dans quatre à cinq ans ? Alors il est déjà temps de vous poser certaines questions. Car bien connaître son entreprise et réfléchir à sa stratégie de développement conditionnent la réussite d’une opération de cession.

Jean-Maurice Nesme, directeur associé chez Exco Nexiom.
Jean-Maurice Nesme, directeur associé chez Exco Nexiom. — Photo : DR

Vous pensez connaître parfaitement votre PME mais vous n’avez jamais pris la peine de formaliser ses indicateurs clés de performance - vos "KPI" ou Key Performance Indicators. Or, si vous avez l’intention de céder votre entreprise à court ou moyen terme, il est important de le faire pour deux raisons :

• Parce qu’ils définissent les leviers d’amélioration qui doivent sous-tendre vos choix de gestion et d’organisation.

• Parce qu’ils seront analysés par votre futur repreneur qui les comparera aux standards de votre secteur d’activité.

Vous devez aussi analyser l’évolution de vos indicateurs de gestion (taux de marge, Ebitda, trésorerie…) sur les moyen et long termes. Une érosion régulière, sans être problématique aujourd’hui, pourrait en effet pénaliser sensiblement la valeur de votre entreprise dans quelques années, au moment de la transmettre. Étudier les causes de cette érosion vous fera très souvent passer du questionnement sur votre gestion à une réflexion sur votre organisation, voire votre stratégie. De nombreux mois ou années pourront alors s’avérer indispensables pour mettre en œuvre des préconisations pertinentes.

Une réflexion stratégique

Outre l’anticipation de tous les aspects juridiques, fiscaux et patrimoniaux qui doivent accompagner la transmission d’entreprise le plus en amont possible, raisonner en termes de stratégie suppose de s’interroger sur la place que vous visez pour votre entreprise sur ses marchés futurs, compte tenu de ses forces et faiblesses, des opportunités et risques de marché. Il peut être ainsi préférable de céder tout ou partie de vos activités si vous anticipez la nécessité de faire des investissements importants non compatibles avec vos échéances personnelles de cession.

Une ligne de produits non rentable et non stratégique devra par exemple être stoppée car une perte annuelle structurelle de 100 000 euros sur une ligne peut représenter une valeur de cession d’entreprise réduite de 500 à 1 000 000 euros dans quelques années.

Enfin, vous pouvez dès à présent commencer à rédiger un "vendor mémorandum" ou info mémo : l’histoire et la carte d’identité de votre entreprise, vues sous l’angle de ses ressources, outils de production, débouchés, savoir-faire… Autant de points qui sont pris en compte dans une première approche par un acquéreur et qui seront à actualiser régulièrement jusqu’à ce vous avez décidé formellement de vendre.

Dès lors, la valeur de votre entreprise ne devra rien au hasard ni à l’idée que vous vous en faites. Elle pourra même se renchérir avec de la réflexion, de la méthode et du temps.

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