Nancy

Industrie

La famille Chapusot ravive la flamme d’Hampiaux

Par Philippe Bohlinger, le 15 septembre 2020

Arrivée en pleine pandémie de Covid-19 à la tête du fabricant de matériel de soudage au gaz Hampiaux, Alexandrine Charonnat affiche déjà ses ambitions : doubler le chiffre d’affaires en 5 ans, en misant notamment sur l’export.

Les nouveaux propriétaires envisagent d’installer l’entreprise dans de nouveaux locaux, afin de rationaliser les flux.
Les nouveaux propriétaires envisagent d’installer l’entreprise dans de nouveaux locaux, afin de rationaliser les flux. — Photo : © Philippe Bohlinger

La famille Chapusot s’apprête à donner un nouvel élan à un fleuron du savoir-faire industriel nancéien, le fabricant de matériel de soudage au gaz Hampiaux. Thierry Chapusot, président du directoire de la coopérative de pharmaciens Welcoop à Nancy (1 800 collaborateurs, 320 M€ de chiffre d’affaires), a bouclé juste avant le confinement la reprise de cette PME. Sa fille, Alexandrine Charonnat, a pris la succession de l’ancienne dirigeante, Dominique Hampiaux. « Nous sommes une famille d’entrepreneurs. Mon père, ingénieur de formation, a rapidement identifié le potentiel de cette société, dernier fabricant en France de chalumeaux et de détendeurs pour le soudage au gaz ». Les 33 salariés de cette saga industrielle démarrée en 1946 par la famille Hampiaux, conçoivent et fabriquent leurs produits à partir de barres de laiton et de cuivre, ne sous-traitant partiellement que la partie « assemblage ». Ils les commercialisent dans les secteurs de la métallurgie-sidérurgie, du chauffage-ventilation-climatisation et des chantiers navals sous la marque « Le Lorrain ».

Contrairement au soudage à l’arc, le soudage au gaz ne nécessite pas d’alimentation électrique. Et « lorsqu’il s’agit de travailler l’acier, le soudage au gaz est incontournable », éclaire la dirigeante. Les plus importants chalumeaux sont utilisés notamment pour la découpe de grosses pièces d’acier dans la déconstruction de sites industriels. Les plus petits sont par exemple employés dans les ateliers de joaillerie.

Alexandrine Charonnat n’a pas vécu une transmission sereine. Arrivée en pleine pandémie de Covid-19, l’ancienne directrice du programme e-santé de Pharmagest Interactive, filiale de Welcoop, a pris les rênes de l’entreprise sur un mode « gestion de crise ». Cette situation a cependant fonctionné comme un accélérateur de son intégration, analyse-t-elle.

Export, diversification et digital

L’heure est maintenant au pilotage des ambitions affichées par les nouveaux actionnaires. Trois principaux leviers vont être actionnés en vue de doubler d’ici cinq ans le chiffre d’affaires de 7 millions d’euros en 2019. La famille Chapusot souhaite tout d’abord augmenter la part des ventes à l’export qui représentent environ un tiers du chiffre d’affaires. Elle cible pour cela les marchés allemands et nord-américains « des pays stables sur le plan géopolitique, une condition indispensable pour sécuriser la croissance de l’entreprise dans la durée ».

La diversification est également un point clé selon le credo d’Alexandrine Charonnat : « Partout où il y a du gaz conditionné, on a besoin de détendeur ! ». À côté de ses marchés traditionnels, Hampiaux pourrait donc se positionner sur le secteur du médical, bien connu de la famille Chapusot, ou encore de l’agroalimentaire.

Enfin, l’entreprise cible la digitalisation, pas pour céder à une quelconque mode, mais parce que « de moins en moins d’ouvriers sont formés à l’utilisation des chalumeaux au gaz. Des applications de gestion d’outils permettraient d’améliorer la sécurité des personnes, mais aussi de piloter la consommation de gaz ». Pour Hampiaux, la réalisation de ces projets passera forcément à moyen terme par la case déménagement, une étape nécessaire à la rationalisation de ses opérations d’usinage, de dégraissage, de finition et de contrôle.

Les nouveaux propriétaires envisagent d’installer l’entreprise dans de nouveaux locaux, afin de rationaliser les flux.
Les nouveaux propriétaires envisagent d’installer l’entreprise dans de nouveaux locaux, afin de rationaliser les flux. — Photo : © Philippe Bohlinger

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