Moselle

Métallurgie

À Hayange, Saarstahl Rail dans une situation économique "tendue" en raison des coûts de l'énergie

Par Lucas Valdenaire, le 20 janvier 2022

Dans un courrier adressé à la ministre de l’Industrie, le sénateur de la Moselle Jean-Marc Todeschini partage les inquiétudes des salariés du fabricant de rails Saarstahl Rail, à Hayange. Selon eux, la production a baissé de 70 % en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Saarstahl ne confirme pas, mais reconnaît une situation économique "tendue".

Selon les propos des syndicats rapportés par le sénateur de la Moselle Jean-Marc Todeschini, les coûts de production chez Saarstahl Rail à Hayange "ont bondi de près de 30 %"
Selon les propos des syndicats rapportés par le sénateur de la Moselle Jean-Marc Todeschini, les coûts de production chez Saarstahl Rail à Hayange "ont bondi de près de 30 %" — Photo : Jean-François Michel

Dans une lettre datée du 12 janvier, le sénateur de la Moselle Jean-Marc Todeschini s’inquiète de la situation économique du fabricant de rails Saarstahl Rail à Hayange, anciennement Liberty Rail. L’ex-ministre assure avoir été sollicité par les représentants du personnel et les représentants syndicaux pour "faire part des très grandes difficultés que la flambée des coûts de l’énergie entraîne pour la compétitivité du site dont les coûts de production ont bondi de près de 30 %."

Au cœur de la problématique : "un accord tripartite signé en 2019 à la demande du gouvernement" qui oblige Saarstahl Rail à se fournir en blooms (demi-produits) auprès de Saarstahl Ascoval à Saint-Saulve. Or, toujours selon les propos des syndicats rapportés par le sénateur, l’aciérie électrique du Nord a été contrainte d’augmenter le coût de ses blooms de 20 à 30 %. Ne pouvant déroger à cet accord, le fabricant de rails mosellan ne peut donc pas se fournir à moindre coût auprès d’autres usines du groupe.

"450 emplois sont en jeu"

Conséquence : Saarstahl Rail à Hayange a réduit sa production de 70 %. Et toujours selon les propos du sénateur, "cette situation entraîne dès à présent des prises de congés obligatoires, du chômage partiel et risque de mettre en grande difficulté les deux sites." Face à ce constat, Jean-Marc Todeschini en appelle à la mobilisation de la ministre de l’Industrie et rappelle que "plus de 450 emplois sont en jeu dans la vallée de la Fensch".

Le parlementaire n'est pas le seul à monter au créneau puisque le président de la Région Grand Jean Rottner et son vice-président à l'économie Boris Ravignon déplorent dans un communiqué du 21 janvier une "situation préoccupante" : "Alors que le groupe a fait le choix stratégique de privilégier une production moins carbonée, le renchérissement des prix de l'électricité interroge profondément sur notre capacité à nous engager résolument dans une décarbonation de l'économie. Force est de constater que le bouclier tarifaire et fiscal pour l'électricité et le gaz naturel se révèle insuffisant. La France a un déficit d'anticipation sur l'évolution de son mix énergétique que cette situation souligne concrètement." Les deux élus appellent donc les ministres de l'Économie et de l'Industrie "à prendre toutes les mesures nécessaires à la sauvegarde de l'activité et à l'approvisionnement en France de l'usine Saarstahl de Hayange."

"Pas de décision finale"

De son côté, le groupe allemand Saarstahl, propriétaire depuis le 4 août 2021 des sites de Saint-Saulve (CA : 200 M€, 270 salariés) et Hayange (CA : 275 M€, 450 salariés), n’a pas souhaité confirmer cette baisse de la production mosellane. "Tant que nous sommes en discussion avec des comités d'entreprise, nous ne pouvons pas donner plus d’informations. Pour l’instant, aucune décision finale n’a été prise", a déclaré son responsable communication le 18 janvier au Journal des Entreprises. Et de préciser : "L’augmentation constante des coûts de l’énergie en Allemagne et en France représente une charge économique importante pour toutes les entreprises et les secteurs gros consommateurs d’électricité. En raison de ces charges permanentes, les entreprises doivent repenser leur position sur le marché et s’adapter à la situation. La direction est actuellement en contact étroit avec les représentants des salariés et de la politique afin de trouver des solutions à la situation économique tendue en raison des coûts énergétiques élevés."

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