Meurthe-et-Moselle

Industrie

GNT investit 1,4 million d'euros et se renforce dans l'agroalimentaire et la pharmacie

Par Lucas Valdenaire, le 09 juillet 2021

Nouveaux bâtiments, nouveaux matériels et nouvelles équipes : l’entreprise de maintenance industrielle et de travaux neufs GNT, basée à Champigneulles (Meurthe-et-Moselle), investit 1,4 million d’euros sur quatre ans. Le plan de relance soutient l’initiative à hauteur de 400 000 euros.

Le président de GNT Damien Grimon prévoit d’investir 1,4 million d’euros sur deux ans avec 18 créations d’emplois à la clé.
Le président de GNT Damien Grimon prévoit d’investir 1,4 million d’euros sur deux ans avec 18 créations d’emplois à la clé. — Photo : Lucas Valdenaire

Une poignée de semaines après avoir racheté les dernières parts qui lui manquaient pour détenir l’intégralité de son entreprise, le président de GNT Damien Grimon a reçu le préfet de Meurthe-et-Moselle dans ses locaux de Champigneulles près de Nancy. Motif de sa visite : saluer l’un des nouveaux lauréats du plan de relance industriel. Acteur de la maintenance et des travaux neufs en mécanique, chaudronnerie et tuyauterie, GNT (300 salariés sur sept sites en Meurthe-et-Moselle, dans le Bas-Rhin et dans les Vosges) a reçu le soutien de France Relance à hauteur de 400 000 euros sur un investissement atteignant 1,4 million d’euros sur deux ans.

"Ce projet aurait été moins ambitieux si nous n’avions pas été aidés, confie Damien Grimon. Pendant le confinement, j’ai vu l’entreprise passer de 300 salariés et 100 intérimaires à 60 personnes au planning. Je peux vous dire que ça fait peur et surtout ça fait réfléchir. Nous n’avions pas d’horizon et les secteurs où nous étions très implantés comme la sidérurgie promettaient le pire. La question de l’investissement s’est posée : fallait-il y aller ou pas ? Finalement, nous l’avons fait pour rester diversifiés et non dépendants d’un seul secteur, lui-même sur le déclin. En fait, c’est la crise qui a accéléré notre besoin d’investir."

800 000 euros de nouveaux matériels

Pour moderniser sa capacité industrielle et développer les compétences de ses équipes, la direction a décidé de répartir l’enveloppe en trois grands projets : 400 000 euros pour la création d’un bureau d’études et l’extension de son bâtiment à Vittel (Vosges), 200 000 euros pour la formation, l’intégration d’apprentis et la création de 18 emplois et enfin 800 000 euros pour l’acquisition de nouveaux matériels (endoscopes, scies, dresseuses ou encore unités de soudage et de passivation). Présent dans l’industrie traditionnelle et l’énergie, la société lorraine souhaite également se renforcer dans deux autres "secteurs d’avenir" : l’agroalimentaire et la pharmacie.

"L’idée est de tout faire ici pour sécuriser notre client dans la durée."

D’ailleurs, cet investissement est dédié, en partie, à l’un des principaux clients de GNT : l’industriel pharmaceutique Novasep installé à cinq kilomètres de là. "Aujourd’hui, Novasep a le choix de confier la fabrication de ses appareils à une entreprise comme nous qui n’est pas loin et qui peut donc accueillir régulièrement ses équipes d’ingénieurs et de contrôles, mais à la condition que nous soyons complètement opérationnels. Or, une partie de cette fabrication est sous-traitée. Cela crée de la distance, des délais, des coûts et un manque de flexibilité. Désormais, l’idée est de tout faire ici pour sécuriser notre client sur le long terme. Cela veut dire des contrats figés dans la durée et du chiffre récurrent attendu sur le bassin."

Damien Grimon, lauréat du plan de relance, a reçu la visite du préfet de Meurthe-et-Moselle (à gauche) le 2 juillet 2021.
Damien Grimon, lauréat du plan de relance, a reçu la visite du préfet de Meurthe-et-Moselle (à gauche) le 2 juillet 2021. - Photo : Lucas Valdenaire

L’occasion, aussi, de fidéliser d’autres gros clients locaux comme Saint-Gobain à Pont-à-Mousson, Delipapier (Sofidel) à Frouard, Raflatac à Pompey, Vicat à Xeuilley, Kimberly à Toul, Solvay à Dombasle ou encore Seqens à Laneuveville. "On a ouvert une fois leurs portes, maintenant on n’en repart plus", sourit le natif d’Épinal. Il faut dire que la Lorraine représente aujourd’hui 70 % de son chiffre d’affaires. Le reste étant assuré par l’activité dédiée au chauffage urbain sur l’ensemble du territoire français mais aussi via sa filiale suisse. Sans oublier le million d’euros réalisé à l’export grâce à Nestlé et Novasep. Le tout, en croissance continue depuis plusieurs années.

"Il fallait investir et surtout, ne pas attendre la fin de crise pour le faire."

Exception faite en 2020 quand le chiffre d’affaires est retombé à 39,5 millions d’euros, soit deux millions de moins qu’en 2019. "Nous avons perdu un peu plus d’un an de chiffre avec le Covid mais nous avons rebondi rapidement avec l’agroalimentaire et la pharmacie, tant en recrutements qu’en achat de matériels, calcule Damien Grimon. Au final, nous allons combler en décembre prochain le chiffre que nous espérions atteindre en juin 2020, soit 45 millions d’euros."

Économies d’eau et manque d’inox

Dans son projet d’investissement, la société meurthe-et-mosellane désormais trentenaire, met un point d’honneur à produire "proprement". "Dans nos opérations manuelles de traitement et de passivation, nous consommions beaucoup d’eau, explique le dirigeant. Avec notre nouvelle installation attendue fin 2021, ici à Champignelles, 95 % de cette eau sera recyclée." Seule ombre au tableau : la pénurie actuelle de matières premières. "Pour nous qui achetons, entre autres, beaucoup d’inox, les prix ont augmenté de 50 % en six mois, déplore le Spinalien. Et les délais se sont allongés de façon totalement incertaine. Parfois, nous passons commande sans aucun délai de livraison. C’est du jamais vu. Nous avons dû arrêter certaines productions, faute de pièces. Mais nous gérons. Et tout le monde le comprend, car le problème est général."

Pas de quoi inquiéter Damien Grimon sur le long terme. "Nous avons toujours de quoi faire sur l’ensemble de nos segments. Effectivement, la concurrence est forte mais tout le monde n’a pas une offre aussi importante que la nôtre désormais. Il fallait investir et surtout, ne pas attendre la fin de crise pour le faire."

Le président de GNT Damien Grimon prévoit d’investir 1,4 million d’euros sur deux ans avec 18 créations d’emplois à la clé.
Le président de GNT Damien Grimon prévoit d’investir 1,4 million d’euros sur deux ans avec 18 créations d’emplois à la clé. — Photo : Lucas Valdenaire

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