Metz

Numérique

Florian Henn : « Ma chaîne YouTube Mamytwink est devenue une entreprise »

Par Jonathan Nenich, le 04 décembre 2018

Plus d’un français sur 100 les connaît. Et vous ? La chaîne YouTube Mamytwink, créée par Florian Henn et ses deux associés François Calvier et Julien Aubrée culmine à plus de 900 000 abonnés ! Un succès qui a permis à ces trois jeunes entrepreneurs régulièrement reconnus dans la rue de monter leur entreprise. Florian Henn revient sur l’entrepreneuriat autour de YouTube et les coulisses de la plateforme en vogue depuis des années.

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Florian Henn (à droite de l'image) passe plusieurs heures à monter chacune des vidéos destinées à sa chaîne YouTube Mamytwink qui compte plus de 900 000 abonnés. — Photo : Jonathan Nenich

Comment est née la chaîne Mamytwink, suivie par plus 900 000 abonnés ?

F. H. : A la base Mamytwink c’est une chaîne YouTube née en 2008 sur laquelle nous évoquions les mêmes sujets que sur notre site internet, à savoir de l’actualité et des conseils sur les jeux vidéo de l’éditeur Blizzard. J’ai fait grandir l’activité au fil de mes études en informatiques pendant lesquelles j’ai rencontré mes associés Julien Aubrée et François Calvier. En 2014, nous nous sommes installés dans nos locaux à Bliiida. Janvier 2016 marque le tournant : Mamytwink devient une SAS et se lance dans une nouvelle série de vidéos axée sur les explorations nocturnes. Des visites de lieux historiques abandonnés dans plusieurs villes. Avec 400 000 vues contre 50 000 d’habitude le succès de la première vidéo de ce qui devait être un « hors-série », est au rendez-vous. La chaîne, pour toucher une audience plus large, passe donc du jeu vidéo à l’histoire et à l’aventure fin 2017. En 2009, nous avions quelques centaines d’abonnés. En 2014, 30 000, en 2016, 90 000. Aujourd’hui Mamytwink compte 928 208 abonnés et la SAS emploie quatre salariés.

Quel est le modèle économique d’une entreprise dont l’activité est exclusivement liée à YouTube ?

F. H. : Le succès de Mamytwink a permis de monter notre structure. YouTube est une plateforme de passionnés, il ne faut pas la voir comme un moyen de devenir riche. Nous avons su saisir l’opportunité mais il a fallu six ans avant de pouvoir en vivre.

« Janvier 2016 marque le tournant : Mamytwink devient une SAS »

Nous nous versons 1 450 € nets par mois et disposons de revenus complémentaires grâce au livre que nous avons publié sur nos explorations. L’entreprise parvient à vivre et grandit, nous allons embaucher une cinquième personne pour la production de vidéos et en fin d’année nous aurons un local de 140 mètres carrés, à Bliiida. Mamytwink s’appuie sur des publicités entre les vidéos qui rapportent 1 € toutes les 1 000 vues. Nous faisons deux millions de vues par mois, ce qui correspond à 2 000 € de chiffre d’affaires publicitaires. Mais certaines vidéos coûtent des milliers d’euros. Nous nous appuyons surtout sur nos partenariats avec Decathlon, Paramount, Dalkia, l’Office de tourisme de Jordanie, du Canada, la région, le département, la ville de Metz… Ils font appel à nous pour mettre en avant des produits ou lieux. Ces partenariats nous permettent de réaliser entre 10 et 15 000 € de chiffre d’affaires par mois. Certaines vidéos sont à perte mais permettent de réaliser des opérations commerciales.

La plateforme YouTube revêt-elle un intérêt pour les entreprises ?

F. H. : Pour réussir sur YouTube, il faut avoir une histoire à raconter et en être passionné. Ensuite il faut de la régularité et parvenir à adapter ses films à la plateforme qui n’est pas très formelle. YouTube constitue un vecteur de visibilité immense. Un homme qui a une entreprise spécialisée dans la destruction de nids de frelons a fait une chaîne YouTube où il se filme en train de travailler. Ses vidéos font des centaines de milliers de vues. Pour une entreprise, YouTube permet de fédérer une communauté, de donner des rendez-vous pour la prochaine vidéo et d’échanger via des commentaires. Nous en tout cas, nous avons fait de YouTube notre activité professionnelle et à terme nous aimerions augmenter nos rémunérations tout en gardant de la trésorerie dans l’entreprise.

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Florian Henn (à droite de l'image) passe plusieurs heures à monter chacune des vidéos destinées à sa chaîne YouTube Mamytwink qui compte plus de 900 000 abonnés. — Photo : Jonathan Nenich

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