Nancy

Métallurgie

Fives Nordon allie réalité virtuelle et formation pour recruter soudeurs et tuyauteurs

Par Lucas Valdenaire, le 04 octobre 2021

Pour pallier ses besoins de main-d’œuvre actuels, anticiper les départs à la retraite et préparer la montée en puissance de nouvelles activités industrielles et nucléaires, le groupe nancéien Fives Nordon vient de créer sa propre formation en alternance et lance ses "Jeudis de la tuyauterie". Au menu : entretiens physiques et tests de soudure virtuels pour attirer de nouveaux publics.

Les essais de soudure en réalité augmentée sont effectués sur un poste entièrement numérisé mis à disposition par le pôle formation de l’UIMM Lorraine.
Les essais de soudure en réalité augmentée sont effectués sur un poste entièrement numérisé mis à disposition par le pôle formation de l’UIMM Lorraine. — Photo : Lucas Valdenaire

Pas de flamme, pas de fumée, mais un casque en réalité augmentée et un poste à souder entièrement numérisé. Le matériel, mis à disposition par le pôle formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Lorraine, permet à Fives Nordon (CA : 100 M€ ; effectif : 900 dont 200 au siège nancéien) de mettre à l’essai ses futurs collaborateurs. Le géant de la tuyauterie embauche chaque année une centaine de personnes mais depuis septembre 2020, une campagne spécifique est lancée. Pour faire face aux besoins de main-d’œuvre liés au fort développement de ses activités industrielles et nucléaires, Fives Nordon recherche désormais une centaine de talents supplémentaires. "Nous devrons plus que doubler nos effectifs de soudeurs et de tuyauteurs d’ici 2030, calcule le responsable recrutements Sébastien Genreau. Et nous sommes aujourd’hui dans un étau puisque de nombreux départs à la retraite sont annoncés. Si nous n’anticipons pas dès maintenant nous ne pourrons plus assurer notre niveau d’activité. Et de l’activité, nous en aurons encore plus dans les prochaines années."

Sébastien Genreau, responsable recrutement chez Fives Nordon, estime qu’il va devoir doubler ses effectifs de soudeurs et de tuyauteurs d’ici 2030.
Sébastien Genreau, responsable recrutement chez Fives Nordon, estime qu’il va devoir doubler ses effectifs de soudeurs et de tuyauteurs d’ici 2030. - Photo : Lucas Valdenaire

Problème : les vocations manquent, la pénurie est criante. "Si nous attendons des personnels disponibles et formés sur le marché de l’emploi, nous risquons d’attendre très longtemps." L’entreprise plus que centenaire (Fives Nordon est née en 1904) a donc choisi de créer son propre cursus en partenariat avec le pôle formation de l’UIMM Lorraine à Maxéville, Pôle emploi et l’Opérateur de compétences industriel Opco 2i. "Notre volonté est d’aller chercher ceux qui sont prêts à se reconvertir et ceux qui n’avaient jamais eu l’envie ou l’idée de faire ces métiers. Des métiers qui ont été très peu valorisés et qui ont toujours mauvaise presse. À tort."

CQPM et CDI à la clé

Concrètement, dix soudeurs et dix tuyauteurs débuteront leur formation le 25 octobre prochain dans le cadre d’une Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI) de 400 heures. Suivront 12 mois de contrat de professionnalisation en alternance. Un Certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) et un CDI à la clé. Les vingt professionnels seront ensuite accueillis dans l’une des neuf agences françaises de la société. Encore faut-il trouver les candidats pour intégrer cette nouvelle formation sur-mesure. C’est pourquoi Fives Nordon a imaginé ses "Jeudis de la tuyauterie" : cinq rencontres organisées début octobre à Yvetot (Seine-Maritime), Mios (Gironde) et Nancy (dont une dernière ce jeudi 14 octobre). Au menu : présentation des métiers de l’entreprise, entretiens et séances de soudure en réalité augmentée. "Cet équipement nouvelle génération a de quoi plaire aux plus jeunes", assure Sébastien Genreau qui compte également sur les réseaux sociaux et les maisons de l’emploi pour attirer le plus grand monde. "La machine permet aussi d’analyser la dextérité et la concentration des candidats, abonde le responsable communication de l’UIMM Lorraine Philippe Dutartre. Et comme c’est un simulateur, il dédramatise le métier de soudeur pour tenter de capter un autre public notamment féminin." D’ailleurs, l’objectif est fixé : compter 50 % de femmes au sein de la formation. "En termes de sécurité et de conditions de travail, nos métiers ont évolué dans le bon sens, conclut le responsable recrutement. À nous de le prouver aux candidats et aux candidates."

Les essais de soudure en réalité augmentée sont effectués sur un poste entièrement numérisé mis à disposition par le pôle formation de l’UIMM Lorraine.
Les essais de soudure en réalité augmentée sont effectués sur un poste entièrement numérisé mis à disposition par le pôle formation de l’UIMM Lorraine. — Photo : Lucas Valdenaire

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