Vosges

Industrie

Cunin reprend Weisrock, le spécialiste vosgien du lamellé-collé

Par Philippe Bohlinger, le 02 septembre 2020

Fabricant de charpentes en bois lamellé-collé, la PME vosgienne Weisrock peut croire à un rebond fort de son activité, sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, le groupe Jules Cunin.

Usine du fabricant de charpentes bois Weisrock à Saulcy-sur-Meurthe (Vosges)
Le groupe Jules Cunin, nouvel actionnaire de la PME vosgienne Weisrock, entend renouer avec l’esprit d’innovation de ce fleuron de la construction bois. — Photo : © Philippe Bohlinger

Vingt ans après sa sortie du giron familial, la "Rolls" vosgienne des charpentes et bois lamellé-collé Weisrock espère retrouver son lustre passé sous la houlette d’un nouveau propriétaire. Le groupe Jules Cunin, basé à Contrexéville (Vosges), a en effet repris le 1er avril ce spécialiste des poutres de longue portée et ses 60 salariés à la barre du tribunal de commerce d’Épinal.

Depuis novembre 2018, date du placement en redressement judiciaire de l’entreprise de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges), la situation s’était considérablement tendue sur le plan financier. L’activité de découpe et de collage de lamelles de bois parallèles implique en effet un besoin en fonds de roulement conséquent. Il permet de financer les importants stocks de résineux nécessaires à la production.

Une perte de vitesse vis-à-vis des concurrents étrangers

Le groupe Jules Cunin juge que son envergure lui permettra de relancer son homologue fondé il y a presque un demi-siècle. Le repreneur, qui compte 280 personnes, réalise 38 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les lots techniques du bâtiment : plomberie, ventilation-climatisation, électricité industrielle, couverture-étanchéité.

Sous-investissement, positionnement sur des produits trop standardisés... Cunin estime qu’il hérite d’une situation dégradée par l’allemand Haas, repreneur de Weisrock en 2000. En perte de vitesse vis-à-vis de ses concurrents étrangers, la société cédée en 2017 à son directeur général Pierre-Adolf Peduzzi n’est pas parvenue à redresser la barre. « Il a fait ce qu’il a pu mais la société n’avait pas les reins assez solides, en termes de trésorerie, pour assurer sa pérennité », commente Laurent Morlot, le nouveau président de la société renommée Weisrock Vosges.

Tripler l’activité sous trois ans

Le nouvel actionnaire a une idée précise du cap à fixer. Il a commencé par intégrer au pôle « couverture étanchéité » de Jules Cunin l’activité de pose de Weisrock, qui représentait la moitié du chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. « Nous entendons recentrer Weisrock sur son cœur de métier, la conception et la fabrication industrielle de poutres de longue portée, avec l’objectif de tripler l’activité d’ici trois ans », livre Serge Cunin, président de Cunin.

Weisrock Vosges compte parallèlement doubler ses capacités en séchage des bois, pour ses propres besoins mais aussi ceux des scieurs locaux ne bénéficiant pas de leurs propres installations. Cunin envisage également une extension des ateliers en vue d’optimiser les flux, ainsi qu’un préau de stockage de bois, afin de doubler la capacité immédiatement disponible.

Enfin, Laurent Morlot veut renouer avec l’esprit d’innovation de Claude Weisrock, le dernier dirigeant familial, à l’origine de la réputation internationale de l’entreprise. Il envisage d'utiliser davantage une matière première locale, le sapin des Vosges, dans le process de fabrication, en remplacement de l'épicéa, plus facile à travailler mais moins répandu sur le territoire.

Les enjeux de la construction durable qu’entend favoriser le gouvernement seront-ils susceptibles d’appuyer ce nouveau projet industriel ? « Les procédés développés avec vingt ans d’avance par Claude Weisrock reviennent au premier plan avec l’avènement de la réglementation environnementale 2020 », veut croire Serge Cunin.

Usine du fabricant de charpentes bois Weisrock à Saulcy-sur-Meurthe (Vosges)
Le groupe Jules Cunin, nouvel actionnaire de la PME vosgienne Weisrock, entend renouer avec l’esprit d’innovation de ce fleuron de la construction bois. — Photo : © Philippe Bohlinger

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