Moselle

Énergie

Comment Cattenom espère assurer 20 ans d’exploitation de plus

Par Jonathan Nenich, le 09 avril 2019

L'unité de production numéro deux de la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, vient de passer avec succès les contrôles approfondis engendrés par l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Cette procédure, la visite décennale, est un passage obligatoire avant de savoir si le site va pouvoir prolonger de 20 ans sa durée d'exploitation. Les unités trois et quatre connaîtront ces visites en 2021 et 2023.

Les quatre réacteurs de la centrale de Cattenom.
La centrale nucléaire de Cattenom permet d'assouvir 65% des besoins en consommation d'électricité du Grand Est. — Photo : Ioanna Schimizzi

Conçue pour 40 ans, la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) pourrait prolonger sa durée d’exploitation de 20 ans. Pour ce faire, il faut en passer par un « grand carénage », un vaste programme industriel de remise aux normes. « Nous visons les 60 ans d’exploitation mais, pour cela, nous devons intégrer tous les changements nécessaires tous les 10 ans. Seule l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut nous donner le feu vert à la fin des visites », explique Thierry Rosso, directeur de la centrale.

Déterminantes pour la poursuite de l’exploitation de chacun des quatre réacteurs, les visites décennales font office de passage obligatoire. En 2016, l’unité de production numéro un a vécu avec succès cette troisième visite, depuis son ouverture voilà 30 ans. Même chose pour l’unité de production numéro deux, dont la visite s’est étalée entre mai et octobre 2018. L’objectif ? Contrôler, moderniser et rehausser le niveau de sûreté des installations. Cette dernière visite a donné lieu à 150 modifications apportées et 3 000 intervenants mobilisés. Les unités de production trois et quatre seront inspectées de la sorte en 2021 et 2023. En 2018, l’ASN a par ailleurs effectué 24 inspections de la centrale, dont huit inopinées.

« Nous visons les 60 ans d’exploitation, mais pour cela nous devons intégrer tous les changements nécessaires tous les 10 ans. »

158 millions d’euros ont été investis pour faire face aux modifications de maintenance, dont plus de 30 millions d’euros confiés aux entreprises locales et régionales.

De nouveaux arrêts pour maintenance en 2019

La centrale nucléaire de Cattenom, qui emploie 1 349 salariés EDF, 795 prestataires permanents et qui a produit 8 % de l’énergie nucléaire française en 2018, va connaître de nouveaux arrêts, liés à la maintenance des unités un, trois et quatre, en 2019.

Depuis le 19 janvier, l’unité de production quatre fait l’objet d’une visite partielle : un tiers du combustible de la centrale devrait être remplacé, tout comme les cannes chauffantes du pressuriseur… Au total, une trentaine de modifications sont prévues.

Des prestataires extérieurs pour assurer la maintenance

En France, les 58 réacteurs nucléaires constituent 71,8 % de la production électrique française. Un taux qui fait de l’Hexagone la deuxième puissance électronucléaire mondiale, derrière les États-Unis.

Afin d’assurer la maintenance des sites, EDF, chargée de l’exploitation des centrales, fait appel à des entreprises extérieures. En 2016, 27 000 salariés extérieurs ont été mobilisés aux côtés des salariés EDF. Une visite décennale pouvant nécessiter l’intervention de 1 500 salariés dans des métiers spécifiques et rares. Ainsi, EDF mise sur des constructeurs et entreprises qui travaillent aussi pour d’autres industriels et qui ont la capacité de déployer beaucoup de monde en peu de temps. Un bilan annuel est réalisé par EDF auprès de chaque prestataire, afin de décider du maintien, d’une suspension temporaire ou du retrait définitif de son habilitation à travailler au sein du parc nucléaire français.

Les quatre réacteurs de la centrale de Cattenom.
La centrale nucléaire de Cattenom permet d'assouvir 65% des besoins en consommation d'électricité du Grand Est. — Photo : Ioanna Schimizzi