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Énergie

Comment 45-8 Energy a pu lever 1,3 million d'euros en pleine crise sanitaire

Par Jonathan Nenich, le 29 juin 2020

Appliquant les recettes de l’exploration pétrolière à des gaz industriels, 45-8 Energy est parvenu à lever 1,3 million d’euros en plein confinement. La crise sanitaire a un effet généré un regain d'intérêt pour la solution proposée par la start-up messine.

Nicolas Pélissier, dirigeant de la start-up 45-8 Energy.
45-8 Energy a déménagé dans ses nouveaux locaux qui donnent sur l'Avenue Foch début 2020. — Photo : © Jonathan Nenich

En plein confinement, la start-up messine 45-8 Energy a levé 1,3 million d’euros. Nicolas Pélissier, le dirigeant, a même réuni plus de fonds qu’escompté. « Nous comptions ne lever qu’un million d’euros. Quelques investisseurs se sont rétractés mais nous avons dépassé nos objectifs. Le tour de table était dans les tuyaux avant la crise mais les décisions décisives ont été entérinées pendant », expose le dirigeant qui a travaillé 12 ans pour le groupe Total avant de créer en 2017 45-8 Energy. En fait, la crise sanitaire a exacerbé l’attrait de la start-up qui applique les recettes de l’exploration pétrolière à deux gaz industriels, l’hélium et l’hydrogène natif, et qui cherche à exploiter des sites en surface et des gisements profonds. 14 investisseurs privés et publics ont participé au tour de table et Nicolas Pélissier reste l'actionnaire majoritaire de son projet.

Comment 45-8 Energy a convaincu

Considéré comme une ressource stratégique par le gouvernement français, l’hélium est de plus en plus recherché. Utilisé dans les airbags, la fibre optique, les IRM médicales, la ressource s’est montrée primordiale dans les soins apportés aux patients touchés par le coronavirus. « Couplé à l’oxygène, l’hélium est salvateur pour des pathologies respiratoires aiguës puisqu’il permet d’atteindre les alvéoles terminales », indique le chef d’entreprise.

L’hélium arrive en Europe d’Amérique, de Russie, d’Australie à grands frais énergétique. Ce qui pourrait ne plus correspondre au monde qui s’ouvre désormais : « La crise a exacerbé la pertinence de notre modèle puisque nous produisons et valorisons notre hélium, nous réduisons par 10 l’impact carbone… Et nous sécurisons une ressource stratégique. »

« Nous visions un million d’euros pour notre levée de fonds. Avec la crise, quelques investisseurs se sont rétractés mais nous avons dépassé nos espérances. »

La ressource pourrait également servir à un marché qui gagne du terrain : celui des dirigeables (qui sont gonflés à l’hélium). Une première usine de fabrication de ballons va voir le jour en Nouvelle Aquitaine, via la société Flying Whales. Utilisés pour transporter du fret, les dirigeables peuvent acheminer 60 tonnes de charges utiles pour 1/50e du coût en carburant d’un hélicoptère. Le tout à 200 km/h. « Nous nous positionnons sur le marché de l’hélium gazeux, très pertinent en Europe. Les dirigeables, par exemple, sont le symbole de l’avenir », précise Nicolas Pélissier.

Et, si les investisseurs croient tant en 45-8 Energy, c’est aussi parce que la start-up pourrait bénéficier d’une grande marge de manœuvre. « La crise du pétrole induite par celle sanitaire a tué dans l’œuf de nombreux projets. L'hélium devenant moins recherché par les compagnies pétrolières. Cela nous laisse plus de place, moins de concurrence », explique le dirigeant.

Entreprise européenne

La levée de fonds doit permettre à la start-up de se donner de l’air pour les deux années à venir. Ainsi, Nicolas Pélissier, qui a démarré son projet chez lui, dans un bureau de 12 mètres carrés, et qui vient de déménager de chez Synergie pour prendre ses propres locaux de 265 mètres carrés, espère renforcer son équipe. « Nous aimerions être une quinzaine fin 2021 (45-8 Energy emploie 7 personnes actuellement), avec un responsable dans notre succursale à Lyon. »

Réalisant son chiffre d’affaires (gardé secret) avec des activités de consulting , la start-up a bouclé ses deux derniers bilans à l’équilibre. Elle compte utiliser l’enveloppe de la levée de fonds pour financer la mise en production en hélium sur un de terrain de 251 km² situé dans la Nièvre. L’exploitation par 45-8 Energy de ce dernier est encore soumise à l’octroi d’un permis que la start-up a bon espoir de décrocher d’ici la fin de l’année.

45-8 Energy cherche à obtenir, par ailleurs, des permis d’exploitation pour trois autres terrains de grandes dimensions : un en France, l’autre en Allemagne, le dernier en Autriche.

Nicolas Pélissier, dirigeant de la start-up 45-8 Energy.
45-8 Energy a déménagé dans ses nouveaux locaux qui donnent sur l'Avenue Foch début 2020. — Photo : © Jonathan Nenich

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