Grand Est

Logistique

CFNR Transport dispose de 30 mois pour préparer l'avenir des ports lorrains

Par Jean-François Michel, le 16 juin 2021

Filiale du groupe de services logistiques allemand Rhenus, CFNR Transport vient de décrocher la concession temporaire des neuf ports lorrains le long de la Moselle. Une période de 30 mois qui doit permettre de préparer la concession définitive.

La mise en place d’une écotaxe à l’échelle de la Région Grand Est pourrait favoriser le trafic sur la Moselle.
La mise en place d’une écotaxe à l’échelle de la Région Grand Est pourrait favoriser le trafic sur la Moselle. — Photo : © VNF

"La question, c’est comment être pertinent en 30 mois." Aucun triomphalisme chez le directeur général de CFNR Transport, Jean-Marc Thomas : sa société vient de décrocher la concession des neuf ports lorrains le long de la Moselle pour 30 mois, avec une extension possible à 36 mois. Cette décision, prise par le SMO, le Syndicat mixte des ports lorrains, structure constituée de la Région Grand Est et de Voies navigables de France, ne met pas un point définitif à une procédure lancée en 2019, et visant à "dynamiser" les ports lorrains grâce à un projet de développement "ambitieux et partagé" : au contraire, la période va être "très chargée", concède Jean-Marc Thomas.

CFNR Transport, société pesant 50 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 200 salariés, filiale du groupe de services logistiques allemand Rhenus, un géant employant 33 500 personnes pour un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros, était opposée à un groupement associant la CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle, la société Arcelor Mittal France et la société Novatrans, et à un autre groupement, avec la société Eurogranulats, la société EGlog, le Groupe InVivo et le Groupe Mauffrey. "Je pense que notre groupe peut apporter quelque chose à la région, nous l’avons démontré", estime Jean-Marc Thomas. "Nous avons correctement géré la concession temporaire des ports de Moselle. Et le groupe Rhenus exploite Nancy-Frouard depuis 1973, à travers sa filiale Nancyport : il me semble que les choses se passent bien."

Quatre axes stratégiques et très peu de temps

Le directeur général sait qu’il opère dans un secteur économique où les décisions se prennent sur le temps long. Il dévoile un plan d’action en quatre axes, sans effet d’annonce : monter la gestion administrative unifiée du foncier sur l’ensemble des ports du Sud et du Nord de la Lorraine, accompagner le SMO dans un programme d’investissements de 7,4 millions d’euros, reprendre les actions de promotion des ports lorrains. "Enfin, nous ne pourrons pas faire l’économie de la réflexion avec les chargeurs pour l’avenir, autour de la question du report modal et du multimodal en général, dans le contexte des enjeux liés à l’empreinte carbone", affirme Jean-Marc Thomas.

Une stratégie opérationnelle volontairement resserrée, le temps jouant contre le nouveau concessionnaire : "Il va falloir être performant… Il y a des ports sur la Sarre, au Luxembourg, et les ports de Liège et Namur ne sont pas très loin. Cela oblige à avoir un niveau de service et une politique tarifaire qui répondent bien aux attentes des industriels, qui, à tout moment, peuvent arbitrer soit vers d’autres ports, éventuellement même des ports du Rhin, soit vers d’autres modes de transport, comme la route ou le ferroviaire."

Concernant la première tranche d’investissement de 7,5 millions d’euros portée par le SMO, qui sera lancée pendant les 30 mois de la concession, le directeur général de CFNR Transport évoque des "améliorations de l’existant, des prolongations des embranchements ferroviaires", ainsi que "la création d’un bâtiment sur le port de Nancy-Frouard", et insiste : "L’enveloppe sera répartie de façon équilibrée entre le sud lorrain, Metz et l’ensemble thionvillois" et ces investissements auront pour objectif de "porter leurs fruits très rapidement en contribuant à l’amélioration de l’attractivité des trois pôles".

L’autorité concédante réfléchit encore

L’avenir et le projet des ports lorrains pour 2024 et au-delà, Jean-Marc Thomas ne préfère pas l’évoquer : "Nous sommes des exploitants, des gestionnaires, nous ne prenons pas part aux décisions qui relèvent de l’autorité concédante". Les services des Voies Navigables de France et ceux de la Région préparent encore la future "demande" pour piloter les ports unifiés le long de la Moselle, et rien ne semble encore arrêté à ce jour.

Si le projet initial porté par le SMO, visant à mettre en place une Semop, une société d’économie mixte à opération unique, s’est brisé sur des joutes politiques sur fond de rivalité entre Metz et Nancy, au profit d’une concession, les tractations ont laissé des traces. CFNR Transport était en effet impliquée dans le groupement mené par la CCI de Meurthe-et-Moselle : "CFNR Transport ne s’est pas dissociée dans un cadre conflictuel du groupement. Mais la demande n’était plus du tout la même : on est passé d’un projet de 30 ans avec 27 millions d’euros d’investissement, à une gestion temporaire, sans investissement, et en mode de concession direct et exploitation directe. Juridiquement, ça n’avait plus rien à voir. Il nous a semblé que pour le montage juridique, il était plus simple pour le SMO d’avoir un opérateur qui ne soit pas sous la forme d’un groupement", détaille Jean-Marc Thomas.

La mise en place d’une écotaxe à l’échelle de la Région Grand Est pourrait favoriser le trafic sur la Moselle.
La mise en place d’une écotaxe à l’échelle de la Région Grand Est pourrait favoriser le trafic sur la Moselle. — Photo : © VNF

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