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Boursorama vise les deux millions de clients en 2020

Par Jean-François Michel, le 29 juin 2018

Lancée à Nancy en 1998, aujourd'hui filiale à 100 % de la Société Générale, Boursorama surfe sur l'engouement des Français pour la banque en ligne.

Une cinquantaine de développeurs travaillent dans les locaux de Boursorama à Nancy. — Photo : © Jean-François Michel

« Aujourd'hui, on peut dire que l'objectif sera atteint. Et même dépassé… » Arrivé en novembre 2017 à la direction générale de Boursorama, Benoît Grisoni se montre très confiant pour atteindre l'objectif fixé par le conseil d'administration de la banque en ligne : 2 millions de clients en 2020. « Nous étions à 1 million en 2017, aujourd'hui nous sommes à 1,5 : la trajectoire est la bonne », assure le directeur général.

Créée en 1998 à Nancy par Patrice Legrand et Stéphane Mathieu, Boursorama était alors un site d'informations boursières agrégeant du contenu. La start-up résiste à l'éclatement de la bulle internet des années 2000 et se fait racheter par Fimatex en 2002. C'est la marque Boursorama qui va rester, et en 2005, la société lance son activité de banque en ligne. En 2015, la Société Générale achève l'acquisition de l'intégralité du capital de l'entreprise.

De nouveaux locaux dans l'immeuble République

Aujourd'hui, la société est installée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où près de 800 collaborateurs sont rassemblés. Mais le site de Nancy, avec une cinquantaine de développeurs, reste une pièce importante dans le dispositif. Installée depuis quelques années dans 400 m2 au cinquième étage de l'immeuble République, Boursorama vient d'aménager de nouveaux locaux, un étage plus bas dans le même immeuble, en gagnant 350 m2 au passage. « Cet open space symbolise pour nous les développements à venir », souligne Benoît Grisoni. « Je préfère investir sur de la matière grise, sur des développeurs qui vont préparer le futur, plutôt que dans un réseau d'agences physiques. »

Le pionnier de la banque en ligne bénéficie actuellement d'un contexte très favorable au recrutement de clients : l'arrivée des néo-banques n'a pas fait fléchir la dynamique de recrutement, car l'agitation médiatique autour du sujet a permis à Boursorama d'engranger de la visibilité à moindres frais. « Oui, les néo-banques nous challengent mais comme nous sommes le leader, au final, on en profite », assure Benoît Grisoni. En réaction, Boursorama a tout de même calibré deux offres, tournées vers les jeunes et oubliant les conditions de ressources, afin de pouvoir avancer d'autres arguments face aux néo-banques.

Le facteur prix pour recruter

Pour conserver son avance sur la concurrence, Benoît Grisoni compte sur les innovations portées par son entreprise mais aussi sur un argument massue : « Enquête après enquête, classement après classement, nous sommes depuis 10 ans la banque la moins chère », assure le directeur général. Si le facteur prix reste décisif pour les clients de Boursorama, la banque en ligne travaille sur « l'autonomie » de ses clients, comme par exemple la possibilité de souscrire un crédit immobilier sans avoir à imprimer une seule feuille de papier. « La production de contenu, diffusé par le biais de notre portail d'information, s'inscrit dans cette perspective », détaille Benoît Grisoni. « Donner des clés à nos clients pour les aider à gérer leur argent. » Fin mars 2018, l'encours total de la banque s'élevait à 25 milliards d'euros, dont 6,2 milliards de crédits.

Une cinquantaine de développeurs travaillent dans les locaux de Boursorama à Nancy. — Photo : © Jean-François Michel