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Auchan Semécourt : Six millions d'euros de chiffre d'affaires de perte pour l'hypermarché

Par I.S., le 02 juin 2017

Auchan Semécourt a été fermé durant deux semaines, suite à un incident technique sur sa structure survenu le 21 avril. Hypermarché et galeries marchandes ont rouvert le 6 mai. Bilan : au total neuf millions d'euros de chiffre d'affaires perdus.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Voir son magasin vide de clients, avec les rayons remplis, des chariots laissés dans les allées, comme à l'abandon suite à une catastrophe, c'est vraiment très particulier. » Éric Hassan, directeur de l'hypermarché Auchan Semécourt, près de Metz, revient sur la fermeture qu'a subi son magasin mais également la galerie marchande qui compte 72 boutiques. « Le 21 avril, nous avons vu qu'il y avait du béton parterre, il s'agissait en fait d'une solive (pièce de charpente placée horizontalement, ndlr) qui avait bougé et qui s'était déchaussée, ce n'est pas prévisible. Nous avons immédiatement installé un périmètre de sécurité, appelé les pompiers, et évacué tout l'hypermarché et la galerie marchande, par crainte d'un effondrement. Nous contactons dans le même temps des entreprises afin d'évaluer les travaux nécessaires. À ce moment-là, nous ne savons pas combien de temps nous devrons rester fermés. » Demathieu Bard Construction est finalement retenu pour réaliser les travaux de sécurisation. Une douzaine de grosses tours métalliques et une vingtaine de petites ont été installées sous chaque poutre.

« Garder son calme et faire les choses sans se précipiter »

Auchan Semécourt réalise chaque année un chiffre d'affaires de 120 millions d'euros (hors essence). « Soit environ 2,5 millions d'euros de CA par semaine. Cette fermeture entraîne donc une perte d'environ 6 millions d'euros de CA, et 9 millions d'euros en comptant la galerie marchande. » Les salariés de l'hypermarché, qui représentent un effectif de 450 personnes (environ 800 au total avec la galerie marchande), « ont été, les trois premiers jours de la fermeture, payés à 100 % sans venir travailler. Vu la durée prévue des travaux, nous avons réuni les IRP (instances représentatives du personnel) pour voir les possibilités pour les salariés. Nous aurions pu imposer un chômage technique, la loi nous y autorisait, mais nous ne l'avons pas fait. Nous avons proposé aux salariés de cagnotter les heures non effectuées en restant chez eux, et de les mettre dans un compteur, certains ont préféré prendre leurs récupérations, d'autres leurs congés, une quarantaine a accepté d'aller travailler dans les magasins Auchan de Woippy ou Mont-Saint-Martin. » La CFDT, représentante du personnel au sein du SAV du magasin, a annoncé mi-mai saisir la justice en référé afin que « les heures de travail non effectuées par le personnel du SAV soient payées et non à récupérer. » Au final, Auchan Semécourt a été fermé durant deux semaines, « le but n'était pas de réouvrir le plus rapidement possible, certes il y a une perte de chiffre d'affaires, que nous ne récupérerons jamais, mais sur la durée de vie du magasin, qui a près de 30 ans, en tant que tel, ce n'est pas important. Notre priorité c'était la sécurité des salariés et des clients, qu'elle soit au maximum pour la réouverture. Il n'y a pas eu de blessés, c'est le plus important », appuie Éric Hassan. « Il fallait garder son calme et faire les choses sans se précipiter. »

22 tonnes de marchandises données aux associations

« Nous avons dû également gérer le réapprovisionnement, remettre le magasin en état. 90 % des rayons étaient vides, soit 45 tonnes de marchandises. Nous avons donné 22 tonnes aux associations comme Emmaüs ou le Secours populaire. Mais nous avons dû jeter 23 tonnes de marchandises, notamment tout le frais. » Auchan Semécourt a réouvert le 6 mai, après avoir obtenu le feu vert de la commission départementale de sécurité. Éric Hassan étant également directeur unique de sécurité du centre commercial, « j'ai donné aussi le " go " aux magasins de la galerie marchande. » Une campagne de communication a été lancée pour informer les clients. « Nous avons misé sur différents médias, comme la radio, la PQR, nous avons également envoyé des SMS et des mails à nos clients. Nous avons mis en place des bons de réduction. Nous évaluerons durant le mois de juin si cette fermeture a fait baisser notre fréquentation. Le mois de mai est toujours particulier avec les ponts et les jours fériés, nous ne pouvons donc pas encore faire un état des lieux pour le moment », confie Éric Hassan.

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