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Après une année 2021 record, la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne avance avec "prudence"

Par Jean-François Michel, le 17 mai 2022

Conscients d’évoluer dans un contexte économique très perturbé, les dirigeants de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne ont décidé de passer une provision de 50 millions d’euros pour "préparer les années qui viennent".

Thierry Cahn, le président du conseil d'administration de la BPALC, et Dominique Garnier, son directeur général.
Thierry Cahn, le président du conseil d'administration de la BPALC, et Dominique Garnier, son directeur général. — Photo : BPALC

Pour dégager les "meilleurs résultats de l’histoire de la banque" en 2021, le directeur général de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC), Dominique Garnier, a notamment soigné la "performance relationnelle" de son établissement, grâce à "un engagement fort" de la part des 2 600 salariés de la banque. "Nous mesurons le niveau de satisfaction de nos clients avec le Net Promoter Score", précise Dominique Garnier. Sur cet indicateur, la BPALC ressort première du réseau des Banques Populaires sur les professionnels, troisième sur les particuliers et troisième sur la clientèle entreprise. "C’est important pour le combat commercial", insiste Dominique Garnier.

Un résultat net stable en 2022

Une stratégie qui semble porter ses fruits, puisque la BPALC a atteint sur l’exercice 2021 un produit net bancaire de 599 millions d’euros en 2021 (565 millions d'euros en 2020), et un résultat net de 122 millions d’euros selon les normes comptables IFRS et 79 millions d’euros selon les normes françaises. "Ce résultat est stable, puisqu’identique à celui de l’année précédente, mais nous aurions pu atteindre les 150 millions d’euros", assure le directeur général de la BPALC.

Les dirigeants de la banque ont en effet choisi de passer deux provisions dans les résultats, pour un total de 64 millions d’euros. Propriétaire à 100 % de la BCP Luxembourg, la BPALC a injecté 14 millions d’euros dans des frais de migration informatique. "Une somme qui a entraîné une croissance des frais généraux, pour atteindre une augmentation de 4,9 %", précise Dominique Garnier. Ensuite, le directeur général et ses équipes ont décidé de provisionner 50 millions d’euros au titre de "précaution pour les années qui viennent", indique Dominique Garnier. Une formule élégante pour préparer les sociétaires de la banque : l’exercice 2022 ne devrait pas être aussi florissant que 2021.

Vers une normalisation de la sinistralité des entreprises

Encore marquée par la crise du Covid, l’année 2021 a pourtant vu croître l’encours de crédit total de la BPALC de 8 %, pour atteindre 27 milliards d’euros. "La dynamique d’investissement a été solide", insiste Dominique Garnier, qui dévoile par exemple des crédits d’équipements en hausse de 11 %, pour atteindre 7,4 milliards d’euros quand, dans le même temps, les encours des PGE ont fondu de 13 %, pour atteindre 1,357 milliard d’euros. "Grâce à ces dispositifs permettant de sécuriser les plans d’affaires, les entreprises ont retrouvé une certaine aisance financière", assure le directeur général de la BPALC, qui observe déjà quelques indices de retournement de tendances en 2022.

Si Dominique Garnier semble ne pas croire au scénario de "la vague de défaillances", le banquier note tout de même que les "entrées en contentieux sont revenues au même niveau qu’en 2019" : "Dans les mois qui viennent, j’estime que nous allons assister à une normalisation" sur le plan de la sinistralité des entreprises, anticipe le directeur général. Autre indice, si Dominique Garnier se refuse à dire que les "trésoreries se tendent", il note cependant que les "ressources à vue diminuent", symptôme d’une croissance qui ralentit.

Enfin, si le banquier ne craint pas les hausses des taux qui semblent désormais engagées, il précise que le "refinancement sera plus cher", pour sa banque comme pour toutes les institutions financières. Un renchérissement du crédit qui pourrait ne pas être le principal obstacle à l’investissement. "La problématique ne va pas être de financer des machines outils, mais bien de les obtenir", analyse Thierry Cahn, le président du conseil d'administration de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, en évoquant le blocage du port de Shanghai. Rassurant, les deux dirigeants ont estimé que ce pilotage "au millimètre", dans un contexte compliqué, tenait de la "gestion courante d’une banque".

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