Nancy

Santé

Après deux années de recherche, DMCC va déployer son chariot connecté

Par Jean-François Michel, le 15 décembre 2021

Les premiers tests de la solution d’analyse nutritionnelle et du chariot connecté développés par DMCC, menés dans un EHPAD à proximité de Nancy, ont validé le modèle économique imaginé par le dirigeant, Cyril Deronne. Pour accélérer le déploiement, la start-up va boucler une première levée de fonds.

Cyril Deronne a créé DMCC en 2019.
Cyril Deronne a créé DMCC en 2019. — Photo : MKL Photographie

Lors de sa première partie de carrière, dans la restauration collective, Cyril Deronne était interpellé par deux chiffres : d’après les données de la Haute Autorité de santé, 35 % des résidents en maison de retraite, les EHPAD, sont dénutris. "Et les éléments rassemblés par l’Ademe montrent que pour un EHPAD de 80 lits, l e gaspillage alimentaire est compris entre 20 000 et 40 000 euros chaque année", souligne Cyril Deronne, qui a créé DMCC en 2019, à Nancy.

L’entrepreneur veut traiter les deux sujets : surveiller ce que mangent les résidents d’un EHPAD pour éviter la dénutrition, et limiter le gaspillage alimentaire sans pour autant rajouter des contraintes dans des établissements disposant de moyens humains très limités. "C’est là que la technologie va se rendre utile", affirme le dirigeant de DMCC.

Un chariot déployé à Malzéville

Au bout de deux années de recherche et de développement, les quatre personnes qui composent l’équipe de DMCC ont mis au point un chariot connecté, équipé de balances précises à deux grammes près, permettant de mesurer les aliments servis aux résidents, ainsi que d’un dispositif de reconnaissance vocale permettant d’identifier le résident et de lui servir une assiette correspondant à ses besoins nutritionnels. Après le repas, un deuxième chariot va permettre de mesurer précisément ce qui a été consommé. L’ensemble des données collectées, accessibles sous forme de tableaux de bord en ligne, permet au médecin d’un EHPAD de surveiller l’alimentation des résidents mais aussi de commander les denrées alimentaires au plus près des besoins.

"Nous avons voulu intégrer notre technologie au chariot car c’est un équipement qu’on retrouve dans tous les Ehpad", souligne Cyril Deronne. La preuve de concept a été réalisée début 2021, dans un établissement Restonis de Malzéville, une filiale du groupe Adef Résidences. "En trois mois, le gaspillage alimentaire dans cet EHPAD a été réduit de 15 %, précise Cyril Deronne. Le client envisage maintenant de généraliser le dispositif sur ces 60 établissements en France".

Porté par la communauté scientifique, qui se montre très intéressée par les données remontées par les chariots, DMCC arrive à un "carrefour de son développement", constate Cyril Deronne. "L’enjeu, c’est de réussir à répondre à la demande. Nous avons fait beaucoup de R & D pour arriver à un produit abouti, maintenant, il faut gérer les contraintes liées la pénurie mondiale de composants pour déployer notre chariot connecté." Le dirigeant de DMCC veut confier l’assemblage des chariots à l’entreprise adaptée basée à Ludres, APF Entreprises : "Les premiers tests ont été concluants, et je suis prêt à rogner ma marge pour aller au bout cette idée".

Une technologie qui s’autofinance

Jusqu’à présent, Cyril Deronne a rassemblé 250 000 euros, via Initiative Grand Nancy, avec un prêt d’honneur, Réseau entreprendre, la Caisse d’Épargne et la Banque Populaire, ainsi qu’un soutien de Bpifrance. "La région Grand Est vient de nous octroyer une subvention de 150 000 euros, sur un total de 250 000 euros supplémentaires qui vont arriver", précise le dirigeant de DMCC, qui prépare une levée de fonds pour le début de l’année 2022, pour un montant qui pourrait atteindre le million d’euros.

La recherche d’investisseurs devrait être facilitée par le modèle imaginé et validé par Cyril Deronne : "Notre technologie est financée par la réduction du gaspillage alimentaire. Si vous réduisez de 9 % seulement le gaspillage alimentaire d’un EHPAD, l’achat du chariot et le coût mensuel de la data sont autofinancés".

Avec l’argent rassemblé lors du premier tour de table, Cyril Deronne veut recruter une équipe de 5 à 10 personnes, composée "d’ingénieurs et d’une force commerciale qui pourra booster la croissance et le développement", précise Cyril Deronne. "Nous pourrons ensuite aller vers d’autres segments de marché, comme les écoles et les hôpitaux". Dans 5 ans, le dirigeant de DMCC veut "équiper entre 300 et 500 établissements", atteindre les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et vendre en Europe, grâce à un deuxième tour de table.

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